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Fernando Pessoa

Le grand poète portugais du XXe siècle (1888-1935). Certains vont jusqu’à le classer parmi les plus grands écrivains de tous les temps. Il écrivait en anglais ou en portugais, mais n’a quasiment rien signé de son nom (sauf des articles dans les journaux) et a très peu publié de son vivant.

En portugais « pessoa » signifie « personne ». L’écrivain n’a pratiquement jamais publié sous son nom, mais sous une multitude de pseudonymes qu’il appelait ses « hétéronymes » tant chacun correspondait à une personnalité différente.

Fernando Pessoa est né a Lisbonne en 1888. Son père est employé à la secrétairerie d’État et critique musical, il meurt 1893 de la tuberculose. Sa mère se remarie avec le Consul du Portugal à Durban. En Fernando Pessoa s’embarque avec sa famille pour l’Afrique du Sud, il commence à apprendre l’anglais. Il est l’un des meilleurs élève de la Durban High School, puis fréquente l’université du Cap et commence à écrire en anglais. Il écrira des poèmes dans cette langue jusqu’en 1921.

« Après son retour définitif d’Afrique du Sud en 1905, à l'âge de 17 ans, Pessoa n’a plus jamais voyagé. Il n’a pratiquement plus quitté Lisbonne; et l’on peut même dire qu’il a passé tout le reste de sa vie, c’est-à-dire trente ans, dans un espace assez restreint pour qu’on puisse le parcourir à pied. Entre la place São Carlos, où il est né, et l’hôpital Saint-Louis des Français, où il est mort, il y a à peine un kilomètre. Entre la ville basse (la Baixa), où il travaillait, et le Campo de Ourique, où il a résidé de 1920 à sa mort, il y a environ trois kilomètres. Dans cette bande étroite de tissu urbain, le long du fleuve, il n’a guère cessé de déambuler, du château São Jorge et de la place du Figuier, à l’est, au port d’Alcantara, à l’ouest. Les deux lieux à mon sens les plus chargés de poésie, les plus magiques, sont ceux où l’on peut encore aujourd’hui le retrouver dans les cafés qu’il fréquentait ; la place du Commerce, appelée autrefois Terreiro de Paço (esplanade du Palais), où la ville s’ouvre sur le Tage, et où la table du poète, au café Martinho da Arcada, est restée telle quelle; et le Chiado, à la jointure entre la ville basse et le quartier haut, le Bairro Alto ; là, à la terrasse de la Brasileira, le café qu’il aimait, la statue du poète, grandeur nature, est aujourd’hui assise, pour l’éternité, et n’importe quel consommateur peut s’attabler avec lui pour ce pèlerinage qui ne ressemble à aucun autre. » (Bobert Bréchon, extrait de Paysage de Fernando Pessoa, L’Archipel)

Grâce à l’héritage de sa grand-mère, il ouvre en 1907 un atelier de typographie qui sera vite un désastre financier. L’année suivante, il entre au journal Comércio en tant que « correspondant étranger » et travaille comme traducteur indépendant pour différentes entreprises d’import-export, ce qui sera jusqu’à sa mort sa principale source de revenu. En 1915, il crée la revue Orpheu qui marque sa véritable position dans le monde littéraire. Sa liberté de ton choque aussi bien la critique que le public. La revue ne comptera que deux numéros. En 1917, il publie Ultimatum, inspiré du Manifeste futuriste de l’italien Marinetti. En 1921, Fernando Pessoa lance avec quelques amis la maison d’édition librairie Olisipo qui publiera quelque uns de ses poèmes en anglais. À partir de 1922, il collabore assidûment à la revue littéraire Contemporânea, puis à la revue Athena qu’il a contribué à fonder en 1924…

De 1920 à sa mort en 1925, il recueille sa mère veuve et invalide, rentrée au Portugal. À partir de 1925, il vit avec sa sœur Henriqueta et son beau-frère le colonel Caetano Dias. Fernando Pessoa a, pendant quelques années, une histoire d’amour avec une certaine Ophélia à laquelle il ne donnera pas de suite.

« Pendant trente ans, de son adolescence à sa mort, il ne quitte pas sa ville de Lisbonne, où il mène l'existence obscure d'un employé de bureau. Mais le 8 mars 1914, le poète de vingt-cinq ans, introverti, idéaliste, anxieux, voit surgir en lui son double antithétique, le maître "païen" Alberto Caeiro, suivi de deux disciples : Ricardo Reis, stoïcien épicurien, et Álvaro de Campos, qui se dit "sensationniste". Un modeste gratte-papier, Bernardo Soares, dans une prose somptueuse, tient le journal de son "intranquillité", tandis que Fernando Pessoa lui-même, utilisant le portugais ou l'anglais, explore toutes sortes d'autres voies, de l'érotisme à l'ésotérisme, du lyrique critique au nationalisme mystique. Pessoa, incompris de son vivant, entassait ses manuscrits dans une malle où l'on n'a pas cessé de puiser, depuis sa mort en 1935, les fragments d'une œuvre informe, inachevée, mais d'une incomparable beauté. » (Christian Bourgois)

« Alberto Caeiro à peine né, je m’employai aussitôt (…) à lui trouver des disciples. J’arrachai Ricardo Reis, encore latent, à son faux paganisme. Je lui trouvais un nom et l’ajustai à lui-même, car à ce moment je le voyais déjà. Et voici que soudain, par une dérivation complètement opposée à celle dont était né Ricardo reis, apparut impétueusement un nouvel individu. D’un seul trait, à la machine à écrire, sans pause ni rature, jaillit l’Ode triomphale d’Alvaro de Campos – l’ode avec son titre et l’homme avec le nom qu’il porte. » (Fernando Pessoa)

En 1934, Fernando Pessoa remporte le prix Antero de Quental pour Message, sorte d’épopée d’un patriotisme universaliste (son unique livre publié de son vivant). L’année suivante, il refuse d’assister à la cérémonie de remise des prix Antero de Quental, présidée par Salazar. En octobre 1935, en guise de protestation contre la censure, il décide de ne plus rien publier au Portugal. Il meurt le 2 décembre, pauvre et méconnu du grand public .

En 1968, seulement, on commence l’inventaire de la malle où il entreposait ses écrits. On découvre plus de 27 000 manuscrits signés par soixante-douze auteurs différents. Par le jeu de ses hétéronymes, mystérieux doubles littéraires, Pessoa entendait être toute la littérature portugaise à lui seul.

« Pessoa, comme d’ailleurs Frantz Kafka, souffre à posteriori d’une réputation d’homme solitaire et triste, voué aux tourments métaphysiques d’une existance placée sous le signe du désespoir. C’est trop vite confondre l’homme et l’œuvre, même si le désir de disparaître la plupart du temps derrière les travestis de ses personnages (Pessoa étant devenu l’un d’eux) est évident. Il fréquente un cercle d’amis dans les cafés, publie des billets et des articulets dans les journaux et les revues lisboètes, se mêle d’édition et rêve d’être le chef de file d’un mouvement d’avant-garde, l’intersectionnisme. » (extrait d’un article de Gérard-Georges Lemaire, Le Magazine littéraire, mars 2000) Parmi ses amis les plus proches : les écrivains Mário de Sá Carneiro, José de Almada-Neigreiros, Luís de Montalvor...

Finalement reconnu comme l'un des grands écrivains portugais, il repose depuis 1985 au fameux monastère des Hiéronymites, sur les bords du Tage, auprès des cénotaphes de Vasco de Gama et de Camões.

Il est traduit un peu partout dans le monde, son œuvre est sujet de nombreuses thèses universitaires. En France, les éditions La Différence et Christian Bourgois ont entamé la publication de ses œuvres complètes, interrompue à la suite des changements de législation dus à la « Directive européenne relative à la durée de protection des œuvres littéraires et artistiques ». Ces publications reprendront en 2005 quand son œuvre sera tombée définitivement dans le domaine public.

« Il y a dix ans, deux éditeurs français entreprenaient chacun une édition des œuvres de Pessoa. La première, due à Eduardo Prado Coelho et Robert Bréchon, compte neuf volumes (Bourgois, 1988-1992). Selon un plan didactique, elle donne aux lecteurs français une vision, certes partielle et partiale, mais cohérente de Pessoa. La seconde, plus ambitieuse, dirigée par Joaquim Vital, se voulait exhaustive et visait au plus grand respect possible de la volonté du poète. Trois volumes parurent sur les vingt prévus (La Différence, 1988-1989). « La Pléiade », actuellement en chantier sous la direction de Patrick Quillier, apportera, n'en doutons pas, sa propre solution. Sans nuire, l'abondance des biens ne favorise pas la clarté. » (extrait d’un article de Patrick Kéchichian, Le Monde, 4 Juillet 1998)

Sur la Toile

Association Française des Amis de Fernando Pessoa 26, rue censier - 75005 Paris Le site de l'Association des amis de Pessoa (fr.)

Pessoa, sa vie, son œuvre par Inês Oseki, la République des lettres

Fernando Pessoa par Michel Polac : " Il y a une fêlure en lui " Interrogé sur la littérature portugaise, Michel Polac, avec la franchise qu'on lui connaît, nous livre au débotté ses impressions de lecteur et toute son admiration pour Fernando Pessoa.

Fernando Pessoa et ses hétéronymes (par Alain Bosquet, Le Magazine littéraire n° 147, avril 1979)

Sa-Carneiro
Pessoa : les exigences de l'amitié
(par Urbano Tavares Rodrigues, Le Magazine littéraire n° 291, septembre 1991)

La maison Pessoa : un espace culturel de la Mairie de Lisbonne créé en hommage au poète et conçu comme Maison de la poésie. Elle est située Rua da Rocha, 16, dans le quartier de Campo de Ourique dans l'immeuble occupé par Fernando Pessoa en 1935 au premier étage.

La défense de Pessoa par Bernard Flouret

Bibliographie complète (port.)

L’Université Fernando Pessoa propose notamment une biographie du poète (port.)

Un site très complet su Pessoa (port.)

Figures de l'ambiguïté dans la poésie de F. Pessoa, N. Parra et J.L. Borges. Thèse de doctorat de Maria Oddó, Département de littérature comparée, Faculté des arts et des sciences, Université de Montréal, 1998

Dans BiblioMonde :

des anthologies

Fernando Pessoa, Le théâtre de l'être : textes rassemblés, traduits et mis en situation

Je ne suis personne : Une anthologie rassemblée par Robert Bréchon

Le Gardeur de troupeau, autres poèmes d'Alberto Caeiro et poésies d'Alvaro de Campos

Fernando Pessoa

Des livres en prose

Son œuvre la plus célèbre : Le livre de l’intranquilité

Chronique de la vie qui passe

Le Banquier anarchiste

Message


œuvres d’hétéronymes

Une édition complète des écrits signés Alvarao de Campos voir : Poésies et proses de Alvaro de Campos (La Différence)

Une sélection des écrits signés Alvarao de Campos voir : Poèmes d'Alvaro de Campos (Christian Bourgois)

Une petite anthologie limitée aux œuvres les plus célèbres : Le Gardeur de troupeau, autres poèmes d'Alberto Caeiro et poésies d'Alvaro de Campos

La totalité des textes écrit sous le nom d’Alberto Caeiro : Poèmes de Alberto Caeiro
(La Différence)

En complément : Notes en souvenir de mon maître Caeiro(Fischbacher)


Quelques œuvres poétiques célèbres

Ode maritime (Fata Morgana)

Le Bureau de tabac

L’œuvre poétique complète : Oeuvre poétique (La Pléiade, Gallimard)


œuvres diverses ou compilations


Cancioneiro

Le Chemin du serpent


Le Violon enchanté : les écrit anglais (vers et prose) de Pessoa


Antinoüs


Faust

Lisbonne

Fragments d'un voyage immobile : Un inconnu de lui même, Fernando Pessoa, anthologie dirigée par Rémy Hourcade

Je ne suis personne : Une anthologie rassemblée par Robert Bréchon


Ultimatum (édition bilingue)


Fernando Pessoa, Le théâtre de l'être : textes rassemblés, traduits et mis en situation


L’Heure du diable


Pessoa en personne : lettres et documents



Erostratus

Quatrains complets : au goût populaire

Lettres à la fiancée

L'Éducation du stoïcien

Opium à bord

Sur les hétéronymes

Cinq Dialogues sur la tyrannie

Pessoa en personne, Lettres et documents

Oeuvres dramatiques

Le Privilège des chemins

Le Marin


Des livres sur l’auteur

Étrange étranger, une biographie de Fernando Pessoa, par Robert Bréchon

Fernando Pessoa, le voyageur immobile

Pessoa, unité, diversité, obliquité : les actes d’un colloque


L'innombrable, Un tombeau pour Fernando Pessoa (sous-titre) par Robert Brechon

Fernando Pessoa, notre roi de Bavière par Eduardo Lourenço

Pessoa, l’étranger absolu

Fernando Pessoa par Philippe Bidaine et Jean Philippe Reverdot

Le Spleen du poète, . Autour de Fernando Pessoa. Ouvrage collectif publié sous la direction d'Inês Oseki-Dépré

Une malle pleine de gens par Antonio Tabucchi

La nostalgie du possible Sur Pessoa par Antonio Tabucchi

Vies de Fernando Pessoa : une biographie assez classique

Des fictions

Les trois derniers jours de Fernando Pessoa par Antonio Tabucchi

L'année de la mort de Ricardo Reis par José Saramago





- Livre de l'intranquillité (Le)
- Chronique de la vie qui passe
- Banquier anarchiste (Le)
- Pessoa : œuvres poétiques
- Ode maritime
- Gardeur de troupeau (Le)
- Poésies et proses de Alvaro de Campos
- Poèmes d'Alvaro de Campos
- Bureau de tabac et autres poèmes
- Poèmes de Alberto Caeiro
- Notes en souvenir de mon maître Caeiro
- Message
- Antinoüs
- Cancioneiro
- Chemin du serpent (Le)
- Violon enchanté (Le)
- Faust
- Lisbonne
- Fragments d'un voyage immobile
- Je ne suis personne
- Ultimatum
- Erostratus
- Quatrains complets : au goût populaire
- Lettres à la fiancée
- Fernando Pessoa, le théâtre de l'être
- Heure du diable (L')
- Marin (Le)
- Éducation du stoïcien (L')
- Opium à bord
- Sur les hétéronymes
- Fernando Pessoa
- Pessoa en personne : lettres et documents
- Cinq Dialogues sur la tyrannie
- Privilège des chemins (Le)

 
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