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Gilles Veinstein

Historien spécialiste de l'Empire ottoman

Né à Paris, en 1945, Gilles Veinstein a étudié à l'École normale supérieure, à la Sorbonne et à l'Inalco. Chercheur, il a travaillé à l'EHESS où une chaire d'histoire turque et ottomane a été créée pour lui en 1988. Il dirige le Centre d'histoire du domaine turc de cette institution ainsi que l'équipe études turques et ottomanes du CNRS. Depuis 1999, il est titulaire de la chaire d'histoire turque au Collège de France. Ses recherches portent sur l'histoire de l'Empire ottoman (XVe - XVIIIe siècle). Cette nomination a déclenché une polémique et une campagne de presse soulevant la question du négationnisme. En 1995, dans un article de la revue Histoire, Gilles Veinstein refusait de voir le massacre des Arméniens de 1915 et 1916 comme un génocide.

Parmi ses publications

Insularités ottomanes (Maisonneuve-Larose, 2004), ouvrage collectif dirigé par Nicolas Vatin et Gilles Veinstein

Salonique, 1850-1918. La « ville des Juifs » et le réveil des Balkans (Autrement, 1992) : un ouvrage collectif dirigé par l'auteur.

Bektachiyya. études sur l'ordre mystique des Bektachis et les groupes relevant de Hadji Bektach (Isis, 1995), ouvrage écrit avec Alexandre Popovic.

Mehmed efendi. Le Paradis des Infidèles (Maspero, 1981) : Un ambassageur ottoman en France sous la Régence.

L'Empire ottoman et les Pays roumains, 1544-1545 (Éditions de l'EHESS-Harvard Ukrainian Research Institute, 1987) écrit avec M. Berindei.

Sur la Toile

La bibliographie complète de l'auteur (livres et article).

Le site de la chaire d'Histoire turque et ottomane du collège de France  : propose résumé des cours précédents et bibliographie.

Les étapes de sa carrière

L'affaire Gilles Veinstein un dossier présenté par une association turque.

Un candidat du Collège de France
soupçonné de négationnisme
par Pierre Augudo, L'Humanité, 28 novembre 1998. [une réponse à cet article).

Confusionisme au collège de France par Catherine Coquio.

Sur le négationnisme imaginaire de Gilles Veinstein par Pierre Vidal-Naquet, Le Monde, 3 février 1999.

« Qu'a donc fait M. Veinstein ? Il est intervenu pour appeler à un examen dans son contexte historique de la tragédie qui a frappé les Arméniens de l'Empire ottoman au printemps 1915. Il est intervenu à ce sujet une fois et une seule, mais ce fut apparemment beaucoup trop, et assez pour que ses détracteurs parlent au pluriel "des écrits" de M. Veinstein, comme s'il n'avait fait que cela. En avril 1995, sur deux pages de la revue l'Histoire, dans un dossier consacré tout entier aux événements de 1915, il a en effet accepté de présenter le point de vue d'un "ottomanisant", sachant que son article serait suivi d'une contribution d'Yves Ternon réaffirmant avec énergie qu'il y a bien eu, en 1915, crime de génocide sur le peuple arménien, commis sur ordre du Comité Union et Progrès alors au pouvoir à Istanbul.

Cela suffit-il à faire de M. Veinstein le négateur du génocide arménien ? La cause ne devrait pas avoir à être plaidée : il suffit de lire sa contribution pour voir qu'elle contient ni négation du drame ni remise en cause de son ampleur. Or, il est l'objet d'une violente campagne de dénigrement, fondée fort peu sur ce qu'il a dit et surtout sur les intentions qu'on lui prête : ne le voilà-t-il pas suspecté d'être "arrosé de subventions" par le gouvernement turc, par madame Coquio, qui a toutefois l'honnêteté d'avertir qu'"aucune pièce n'atteste que les turcologues français jouissent de ces faveurs" ? Accusé d'avoir dirigé un livre sur les Ottomans et la Mort où il n'est pas question du sort des Arméniens ? On me pardonnera de penser qu'il aurait été totalement déplacé de traiter d'événements dont le détail est insoutenable à côté des rituels funéraires des sultans et de la "mort"-extase des mystiques. Mais peu importe : voilà les propos de M. Veinstein assimilés à ceux de Bernard Lewis, beaucoup moins nuancés. Que Bernard Lewis ait été condamné n'implique pas que Gilles Veinstein soit condamnable, et du reste Madeleine Rebérioux, présidente d'honneur de la Ligue des droits de l'homme, s'était élevée contre cette condamnation d'un historien par un tribunal (l'Histoire, octobre 1995, p. 98). » (extrait d'un article de Pierre Chuvin, Libération, 6 janvier 1999).


- Istanbul
- Empire ottoman et les pays roumains, 1544-1545 (L')
- Salonique, 1850-1918
- Sérail ébranlé (Le)
- Insularités ottomanes

 
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