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Harry Martinson

Écrivain suédois (1904-1978), le grand rénovateur de la poésie suédoise au XXe siècle, le plus original des écrivains dit « prolétaires ».

Né en 1904 à Jämshög, dans la province suédoise méridionale de Blekinge, dans une famille de petits commerçants, Harry Edmund Martinson a été abandonné à l'âge de six ans par sa mère devenue veuve. Celle-ci émigre seule en Amérique en 1912. Il connaît la pauvreté et l'exploitation avant de fuir, lui aussi, la Suède. Il s’embarque en 1920 comme matelot et travaille sur une vingtaine de navires qui le conduisent en Amérique du Sud et aux Indes.

« Il navigue alors sur toutes les mers du globe, "non en dilettante, en touriste ou en simple curieux, mais en prolétaire qui joue sa vie, ses forces et tout son être aux surprises du travail et de l'aventure", explique Lucien Maury dans sa préface au Chemin de Klockrike. Harry Martinson va exercer durant dix ans tous les métiers réservés aux pauvres : "mousse, chauffeur, soutier et gâte-sauce à bord de dix-huit navires", il est aussi, à terre, "poseur de rails, ouvrier de plantation, vendeur de journaux, etc." Comme il le raconte dans la courte biographie qu'il envoie à Bonniers, le futur éditeur de son premier recueil de poèmes Spökskepp (Vaisseau fantôme, 1929) » (extrait d’un texte de Samuel Autexier)

Atteint par la tuberculose, il rentre en Suède en 1927 et commence à écrire de la poésie. En 1929, il épouse Moa rencontré à la rédaction du journal anarchiste Brand (Stockholm). Il travaille plus plusieurs journaux et commence à publier.

En 1934, il fait un voyage en URSS, mais n’adhère pas du tout au « réalisme socialiste » promu par Gorki. Harry Martinson s’oppose au culte du concret qu’il dénonce comme stérilisant. Divorçant d’avec Moa (devenue romancière) qui lui reproche notamment son manque d'engagement politique, il épouse Ingrid Lindcrantz en 1942.

La poésie de Martinson est caractérisée par les innovations linguistiques, la précision de l'observation, et un emploi brillant des métaphores. La tonalité lyrique, même suréaliste, marque également ses romans où il met en scène des vagabonds et marginaux.

La publication de romans autobiographiques en 1935 (Même les orties fleurussent) et 1936 (Il faut partir) l’ont rendu populaire en Suède. Harry Martinson appartient à la génération des « écrivains prolétariens » qui ont renouvelé la littérature suédoise. En 1948, son recueil Le Chemin de Klockrike, marque un véritable renouvellement de la poésie suédoise. En 1949, il le premier écrivain issu du peuple à être admis à l’Académie suédoise. En 1954 il est reçu un docteur honoris causa de l'université de Göteborg. Ces reconnaissances officielles n’empêchent pas un sentiment d’isolement dû aux critiques des jeunes générations qui dénoncent son absence d’engagement politique. Cette amertume le pousse même à faire une tentative de suicide dont il sort grièvement blessé.

Harry Martinson reçoit en 1974 le prix Nobel de littérature pour une œuvre dont l'invention formelle se soumet à une exigence de justice sociale jamais démentie. Il partage ce prix avec Eyvind Johnson, autre écrivain dit « prolétarien ». Il meurt dans sa maison de Gnesta le 11 février 1978.


Sur la Toile

Un site consacré à l’écrivain (sued.)


- Même les orties fleurissent
- Il faut partir
- Société des vagabonds (La)
- Aniara

 
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