BiblioMonde

Jean Gottmann

Géographe, connu pour son étude sur la Megalopolis du nord-est des États-Unis

Né à Karkhov (Ukraine) en 1915, neveu de rabins tant du côté paternel que du côté maternel, Jean Gottmann perd ses parents en 1917. Il fuit la Russie avec le reste de sa famille en 1921 pour s'installer à Paris où il fait des études de géographie à la Sorbonne. il rédige une thèse sur l'irrigation en Palestine et collabore aux Annales de Géographie. Jean Gottmann est l’assistant de Albert Demangeon, son directeur de recherche à la Sorbonne, lui-même ancien élève de Paul Vidal de la Blache.

En 1940, l'invasion nazie le fait s'exiler à New York, d’où, ensuite, il rejoignit la France Libre, en participant à l’effort de guerre en tant que conseiller des gouvernements américain et français, puis à l’effort de paix aux Nations Unies. À cette époque, il est aussi membre de l’Institute of Advanced Study de Princeton. Il poursuit ses travaux sur la région Boston/Washington et invente le terme de « mégalopolis ». Il enseigne aussi à Science Po (Paris) et à l’EHESS, mais c'est à l'université d'Oxford (Royaume-Uni) qu'il fait l'essentiel de sa carrière. il devient le directeur de la School of Geography d’Oxford. (1968 à 1983). Il y reste enseignant jusqu'à la fin de sa vie, en 1994.

Jean Gottmann est l'auteur de nombreux ouvrage, comme L'Amerique (1949), écrit pour les Français et A geography of Europe (1950) écrit pour les Americains. En 1952, il publie La politique des États et leur géographie. Son œuvre majeure reste Megalopolis. The urbanized northeastern Seabord of United States (1961). Un autre ouvrage, publié en 1955, a marqué la géographie mondiale, La Virginie au milieu du siècle.

« En 1961, Gottmann publie l’ouvrage qui devait affirmer sa réputation internationale, Megalopolis, qui étudie la structure urbaine, universitaire et bancaire du nord-est des États-Unis, berceau de la toute-puissance américaine. D’une plus grande portée encore, la Politique des États et la géographie va témoigner d’une des pensées les plus originales de la géographie moderne, en démontrant que la vie des peuples est, en grande partie, fonction de la configuration de l’espace qu’ils occupent. La guerre israélo-palestinienne, la tragédie algérienne, la guerre en Bosnie, apportent la preuve éloquente de la justesse de cette adéquation. Ce fut, forcément, l’exception que constitue dans l’université française l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) qui, en la personne de son président Fernand Braudel, fit appel à Jean Gottmann. » (Le Monde diplomatique, juin 1994)


À lire :

Revue  La Géographie , n° spécial de janvier 2007, et le n° Hors-Série 1523 bis : l’orbite de la géographie de Jean Gottmann.


- La politique des États et leur géographie

 
© BiblioMonde.com