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Luis Sepúlveda

Écrivain chilien vivant en Espagne. Son premier roman Le Vieux qui lisait des romans d'amour traduit en 35 langues lui a valu une renommée mondiale.

Il est né le 4 octobre 1949 à Ovalle, dans le nord du Chili. Il milite très jeune au sein des Jeunesses communiste. Étudiant, il est emprisonné en 1979 sous le régime de Pinochet.

« Des deux ans et demi d'incarcération qui suivirent, il garde une douleur que vient adoucir le souvenir de « la grande solidarité » dont faisaient preuve les prisonniers. « J'ai beaucoup appris à Temuco, la prison où l'on enfermait les opposants politiques. Il y avait là-bas près de trois cents professeurs d'université, incarcérés eux aussi, qui nous faisaient partager leur savoir.

Libéré contre huit ans d'exil en Suède, grâce à l'intervention d'Amnesty International, le jeune homme descend de l'avion à Buenos Aires et entreprend de sillonner le continent. Ce voyage clandestin, jamais vraiment interrompu par la suite, le détache un peu de la « vision unidimensionnelle de l'histoire » professée par l'extrême gauche d'alors. Pas assez, cependant, pour le dégoûter de la lutte, dans un coin du monde où fleurissent les dictatures. Il s'en va donc au Nicaragua, prêter main-forte aux sandinistes dans les rangs de la brigade Simon-Bolivar, mais en revient « déçu qu'une belle révolution ait fini en enfer à cause des infirmités de toujours : le dogmatisme, l'uniformisation et le manque de générosité créative ».(extrait d'un article de Raphaelle Rerolle, Le Monde, 2 janvier 1998).

Il séjourne dans divers pays d'Amérique du Sud (Équateur, Pérou, Colombie, Nicaragua). En 1978, il passe un an chez les Indiens Shuars dans le cadre d'un programme de recherche de l'UNESCO.

Il part ensuite pour Europe et s'installe en 1982 à Hambourg où il passe 14 ans.« Les raisons pour lesquelles Luis Sepulveda, né en 1949, est venu se fixer à Hambourg sont plutôt diverses. Parmi elles un goût prononcé pour les romantiques allemands, l'envie de lire Marx et Engels dans le texte, un long séjour en prison qui lui a laissé des loisirs pour apprendre les langues étrangères, ou tout simplement le fait que c'est la section allemande d'Amnesty International qui a réussi à le faire sortir des geôles de Pinochet. Sans elle, il y serait encore puisque, après le putsch de 1973, Sepulveda a été condamné à vingt-huit ans de prison, peine commuée au bout de deux ans et demi en huit ans d'exil. Sepulveda passe d'abord quelques années en Equateur où il fonde, à Quito, une troupe de théâtre dans le cadre de l'Alliance française, puis au Nicaragua où il s'engage dans la brigade internationale Simon Bolivar, avant de venir s'établir en Europe. » (extrait d'un article de Gérard Meudal, Libération,1er mars1993)

En 1996, il s'installe dans les Asturies (au nord de l'Espagne) à Gijón à cause de la « tradition de lutte politique instaurée par les mineurs, du sens de la fraternité qui y règne ». Il a fondé et il anime le Salon du livre ibéro-américain de Gijón destiné à promouvoir la rencontre entre les auteurs, les éditeurs et les libraires latino-américains et leurs homologues européens.

Au talent d'écrivain s'ajoutent ses engagements politiques contre les séquelles laissées en Amérique du Sud par les dictatures militaires, en faveur de l'écologie militante, des peuples premiers. Il milite aussi contre le racisme et la xénophobie en Europe. Il écrit des chroniques régulières dans El País en Espagne et dans divers journaux italiens.

Parmi ses œuvres

Le Vieux qui lisait des romans d’amour (Métailié, 1992; Le Seuil, 1995) : Roman écologique évoquant la vie des Indiens Shuars dans la forêt amazonienne de l'Équateur, entre l'Équateur et le Pérou. Ce premier roman de l'auteur est dédié à Chico Mendez, dont Sepúlveda a partagé la lutte.

Le Monde du bout du monde (Métailié, 1993; Le Seuil, 1995) : Une sorte de polar écologiste où l'on voit un journaliste chilien de Hambourg revenir dans son pays pour enquêter sur le mystérieux naufrage d'un baleinier industriel japonais dans la région de la Terre de Feu.

Un Nom de torero (Métailié, 1994; Le Seuil, 1996) : Un polar austral mettant aux prises d'anciens agents secrets allemand et une compagnie d'assurance pour un trésor qui serait caché en Patagonie.

Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler (Métailié-Le Seuil, 1996) : Une mouette empoisonnée par une nappe de pétrole, confie juste avant de mourir son œuf à un chat. Elle a toutefois le temps de lui faire promettre d'en prendre soin jusqu'à son éclosion et d'apprendre à voler au nouveau-né... Un livre pour enfants écrit par l'écrivain chilien en exil à Hambourg.

Le Neveu d'Amérique (Métailié , 1996; Le Seuil, 1998) : Un récit autobiographique romancé. L'auteur raconte comment, suite à une promesse faite enfant à son grand-père de retrouver la famille éparpillée et de revenir un jour sur la terre de ses ancêtres en Andalousie, il parcourra l'Amérique du Sud pendant plusieurs années, rencontrant des personnes aux destins singuliers avant d'atteindre son but.

Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre (Métailié, 1997; Le Seuil, 1999) : Un recueil de 27 nouvelles relatant chacune un destin singulier, souvent désenchanté.

Journal d'un tueur sentimental (Métailié, 1998) : Parodie d'un roman noir, six journées de la vie d'un tueur, de la Turquie au Mexique, à la poursuite d'une cible fuyante. L'histoire sentimentale d'un tueur professionnel perturbé par la rencontre d'un Française.

Yacaré suivi de Hot Line (Métailié, 1999) : Deux nouvelles policières.

Les Roses d'Atacama (Métailié , 2001) :Une sorte de carnet de voyage où l'auteur fait les croquis de ses rencontres : 34 portraits se succèdent, autant de destinées singulières, en particulier ceux qui « se sont fait baiser, ceux qui perdent sans qu'on leur ait demandé s'ils voulaient perdre » (recueil de nouvelles).

 Les pires contes des frères Grim  (Métaillé, 2005) : Un roman burlesque où deux professeurs tentent de reconstituer, à travers une correspondance assidue et faussement érudite, les aventures des « jumeaux légendaires », Abel et Caïn Grim dans l'Amérique de la première moitié du XXe siècle


Sur la Toile

Deux Chili, deux langages, par Luis Sepulveda (fr.) article paru dans El Pais et traduit pour Le Monde (18 fevrier 1999) par François Maspero.

Son témoignage pour Amnesty international qui l'a soutenu quand il était prisonier.

-> Luis Sepulveda


- Vieux qui lisait des romans d'amour (Le)
- Monde du bout du monde (Le)
- Nom de torero (Un)
- Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler
- Neveu d'Amérique (Le)
- Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre et autres histoires
- Yacaré/Hot line
- Roses d'Atacama (Les)
- Folie de Pinochet (la)
- Journal d'un tueur sentimental
- Sale histoire (Une)
- Les pires contes des frères Grim

 
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