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Marie Dorigny

Photojournaliste

Née à Grenoble, Marie Dorigny a fait des études de lettres et débutée en 1982 comme journaliste au Dauphiné libéré. En 1989, elle devient photographe de presse et fait ses premières armes lors de la révolution roumaine, en décembre de cette année-là.

« Les deux premières années, j’ai commencé avec le tout-venant. La révolution roumaine, la guerre du Golfe, j’étais avec les Kurdes en Iraq à ce moment là. J’étais en Inde au moment de l’assassinat de Rajiv Gandhi. Mais ca me frustrait pas mal. Parce qu’il faut travailler très vite, transmettre très vite. On ne voit pas ses images. Elles sont éditées et diffusées par des gens alors que l’on est toujours dans le pays en train de travailler donc on perd totalement le contrôle sur ce qui se passe en post-production.

J’avais l’impression d’effleurer les problèmes et de ne pas avoir le temps de rester dans les pays pour rencontrer vraiment les gens. J’ai rapidement eu l’envie de faire du magazine.

En 1992, j’ai eu la chance de travailler avec Capa qui faisait un documentaire pour les Nations-Unies sur l’exploitation des enfants dans le monde. C’était un projet Capa/BIT (Bureau International du Travail). Des amis à Capa m’on dit que je devrais faire la couverture photo de ce documentaire. C’est un projet que j’ai mené pendant deux ans. Et que je continue de façon épisodique depuis cette date. Ca a commencé avec le travail des enfants puis j’ai enchaîné avec un projet personnel sur la famille et le sida dans 5 ou 6 pays. Cela fait pas mal de temps que je travaille sur les problèmes de trafic d’êtres humains. En fait tout ce qui concerne les droits de l’homme, et surtout de la femme. Tout ce qui est exploitation des êtres humains en général. » (extrait d’un entretient avec l’auteur pour le site internet Kitetoa)



Deux ans plus tard, en 1991, elle découvre le Cachemire à l'occasion d'un reportage pour L'Express en compagnie de Marc Epstein. Elle y retourne à plusieurs reprises, pour différents journaux, français ou étrangers. Marie Dorigny dénonce au travers de ses photos les trafics d'êtres humains et notamment le travail des enfants dans le monde. Elle est notamment l’auteure d’une photo où l’on voit un enfant de Lahore (Pakistan) cousant des ballon pour la marque Nike.

« Au niveau professionnel, on a beau être content d’avoir fait ces photos , on se pose la question la question de leur utilité. " Vais-je modifier quoi que ce soit avec ces photos ? ". Moi, je continue à y croire. Je pense que mon travail est tout petit, mais qu’il y a plein de gens qui font le même et que l’on peut peut-être arriver à bouger des choses tout doucement, à nous tous. Il n’y a qu’à voir ce qui se passe actuellement avec le mouvement anti-mondialisation. Ce n’est pas né d’hier. Ce sont des années et des années de militantisme sur toute la planète qui d’un seul coup convergent et qui trouvent actuellement un écho. Ce qui s’est passé avec Bové, je trouve ça très intéressant.

Je me dis qu’il faut réfléchir sur du très très long terme en se disant que l’on met des petites pierres, que c’est un parcours que l’on met en place tout doucement. Mais c’est vrai que parfois je suis très impatiente. Et quand je me dis que ces photos d’enfants, je les ai faites il y a pratiquement dix ans et que la situation est toujours la même pour la plupart d’entre eux, ça a un côté très frustrant. On peut avoir envie de capituler. » (même source)

Ses reportages sur le travail des enfants, les filières de l'immigration clandestine, les formes contemporaines de l'esclavage ou la vie des femmes de banlieue ont été publiés dons la plupart des journaux et magazines français ou étrangers : Libération, Le Monde, L'Express, Le Nouvel Observateur, Elle, Géo, La Vie, Life Magazine, The Time, The Independent ou Der Spiegel... Son travail pour le magazine Géo, en 1998, sur l'esclavage domestique en France a été exposé par la Fnac.

Marie Dorigny est membre de l’agence SIPA

Quelques photos


- Cachemire, le paradis oublié
- Enfants de l'ombre

 
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