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Miroslav Krleža

Écrivain croate, figure centrale de la littérature croate au XXe siècle (1893-1981).

Né à Zagreb en 1893, Miroslav Krleža critique dès 1919 les illusions romantico-nationales de la tradition littéraire croate. Il s'essaye à toutes les formes de la production littéraire : expérimentations théâtrales expressionnistes, cycle de nouvelles (Mars dieu croate), œuvres poétiques (Les Ballades de Petrisa Kerempouh), romans (Le Retour de Philippe Latinowicz)… Il fonda plusieurs revues littéraires (Plamen, Knjizevna Republika, Danas, Pecat et Republika en 1945).

Miroslav Krleža s'est opposé aux autorités austro-hongroises, puis à la monarchie yougoslave et s'est rapproché du parti communiste sans jamais adhérer aux thèses jdanovistes sur la culture. Après 1945, il a été récupéré par le régime titiste sans pour autant en avoir été un idéologue.

Il est le fondateur de l'Institut de Lexicographie (1950) et de l'Encyclopédie yougoslave. Il est mort à Zagreb en 1981.

Yougoslave, plus que croate, il n’a jamais perdu de vue la réalité balkanique. « Dans mes Entretiens avec Miroslav Krleza, je demandais à notre grand écrivain ce qu'il pensait de l'Europe centrale, et comment il concevait la place qu'il y occupait. Sa réponse fut bien différente de celle de Kundera.
« Le composé qu'est géographiquement et démographiquement parlant l'Europe centrale ne constitue pas pour moi, sur le plan esthétique, un univers à part, à l'instar des composés Amérique centrale, Asie centrale, Afrique centrale, notions qui, je crois, du point de vue littéraire, ne signifient rien. La formule chère à Naumann concernant l'unité de la "Mitteleuropa" fut utilisée tantôt comme prétexte politique (pangermanique ou simplement impérialiste-autrichien, au début de notre siècle), tantôt comme une douce nostalgie du passé, remontant, me semble-t-il, jusqu'aux temps de la dynastie autrichienne installée en Espagne : Die schönen Tage von Aranjuez sind vorbei... mais il reste l'œuvre de Kafka, de Rilke, de Musil, et, passons... »
Krleza restait fidèle aux prises de position de sa jeunesse : c'est le point de vue d'un homme qui a souffert, du temps de l'Autriche-Hongrie, de son appartenance à une nation vassale, la croate ». Predrag Matvejevitch (lire l'article complet)


Parmi ses œuvres

 Mars dieu croate  (traduit en fr. en 1971 - Calmann-lévy, 1994), (titre original : Hrvatski bog Mars, écrit en 1922) : cycle de nouvelles racontant l'histoire d'un paysan croate victime de la machine militaire austro-hongroise.

 Les Ballades de Petritsa Kerempouh  (traduit en fr. en 1971), (titre original : Balade Petrice Kerempuha, écrit en 1936) : œuvre poétique en dialecte Kaïkavien qui évoque le destin tragique de l'homme croate à travers l'histoire.

 Le cycle des Glembay  (1928-1932) : (Glembajevi).

 Le Retour de Philippe Latinowicz  (1932, traduit en fr. en 1971, Calmann-lévy, 1994), (titre original : Povratak Filipa Latinovicza) : son chef-d'œuvre romanesque. Le personnage principal est un peintre introverti, en conflit avec les différents milieux sociaux culturels croates. Ce roman souligne l'antagonisme entre une vision régionaliste étroite et une vision universaliste.

Sur la Toile

Miroslav Krleza de A à Z (croat.)

Sénari de films (fr.)

Lire à propos de l'auteur

 Deux écrivains dans le siècle. André Malraux, Miroslav Krleza et l'Europe littéraire de l'entre-deux-guerres  : thèse de doctorat de Sineva Katunaric-Béné (2001).


- Retour de Philippe Latinovicz (Le)
- Mars, dieu croate

 
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