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Pierre Chuvin

Linguiste et historien (1943-2016), spécialiste de la Grèce antique et de l'Asie centrale contemporaine.

Né en 1943, Pierre Chuvin a fait des études de lettres classiques (agrégation), en particulier de grec. Après l’agrégation de lettres classiques (1966), il entreprends la traduction d'un énorme répertoire de légendes, Les Dionysiaques de Nonnos de Panopolis (IVe-Ve siècle), œuvre profane déconcertante d’une richesse et d’une emphase qui n’exclut pas l’ironie. Ce sera le sujet de sa thèse soutenue en Sorbonne en 1983.

En « 1981, il publiait chez Maspero avec Anne Marie Moulin, sous un titre un peu provocateur et, sans doute, toujours d’actualité, L’Islam au péril des femmes, les lettres de Turquie de lady Montagu. Cette dernière, épouse de l’ambassadeur anglais auprès de la Sublime Porte, femme des Lumières, fut en Europe une active propagandiste de l’inoculation, pratique ottomane. Or Anne Marie Moulin, médecin, historienne de la médecine et philosophe, arabisante, travaillait alors sur l’inoculation de la variole. Elle associa Pierre à son enquête pour sa connaissance du turc. Leurs recherches les conduisirent bientôt vers le monde fascinant des drogmans et médecins, sujets des Ottomans et instruments de leur politique, Grecs et Arméniens, Latins, Juifs, « passeurs » à tout-va. » (extrait d'un article de Valérie Hannin, L'Histoire, janvier 2017)

Pierre Chuvin a aussi étudié à l'Inalco. Il était professeur émérite de langue et littérature grecques antiques à l'université de Paris-X Nanterre. De 1993 à 1998, il a été le premier directeur de l'Institut français d'études sur l'Asie centrale à Tachkent, puis, de 2003 à 2008, le directeur de l'Institut français d'études anatoliennes (IFEA) à Istanbul.

« Pierre Chuvin a vécu d’autres aventures, décisives. Dès 1993, s’absentant de son poste de professeur à Paris-X-Nanterre, il gagne Tachkent, capitale de la toute jeune république d’Ouzbékistan, où il fonde, sous l’égide du ministère des affaires étrangères, l’Institut français d’études sur l’Asie centrale (Ifeac), non pour coiffer le travail des missions archéologiques mais pour couvrir les domaines qui échappent à la discipline, de l’étude, par-delà le double traumatisme de la colonisation et de la soviétisation, des composantes des identités centre-asiatiques (nomadisme, islamisation, contacts des tribus turcophones avec la culture persane, figures emblématiques de paix [Avicenne] comme de guerre [Tamerlan]…).
Il dirige l’établissement en y imprimant sa marque comme sa philosophie jusqu’en 1998. De retour en France, il en repart pour Istanbul, où il succède à Paul Dumont à la direction de l’Institut français d’études anatoliennes (IFEA), premier antiquisant depuis Georges Le Rider à occuper la fonction. » (extrait d'un article de Philippe-Jean Catinchi, Le Monde, 10 janvier 2017)

Il a dirigé Les Arts de l'Asie Centrale (Citadelles & Mazenod, 1999) et est également l'auteur de Samarcande, Boukhara, Khiva (Flammarion, 2001).


- Les Arts d'Asie centrale
- Histoire de l'Asie centrale contemporaine

 
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