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L’aroumain parlé à Metsovo


chapitre de Les Aroumains, un peuple qui s'en va

 

par Stamatis Beis

Les Aroumains sont appelés Valaques (Vlachos) par les Grecs, Tchobans par les Albanais, Tsintsars (ou Tzantzarii) par les Serbes mais généralement Vlassi par les Slaves et Macédo-Roumains par les Roumains. (...) La forme Valaque (Vlah) aurait été adoptée par les Byzantins qui l'aurait diffusée dans les Balkans. Quant aux Aroumains eux-mêmes, ils préfèrent le terme d'Aroumains ou plus précisément Arminesti dans leur langue. Certains linguistes affirment que le a- de Aroumain est un a- privatif signifiant «qui n'est pas roumain». (Jacques Leclerc, L'aménagement linguistique dans le monde)

« On estime qu'il y a environ 35 000 Aroumains en Albanie et plus de 50 000 en Voïvodine. Mais il n'y a pas d'estimation fiable en Grèce, où la politique de séduction de la Roumanie d'avant-guerre et la constitution d'une "Principauté valaque" dans le Pinde pendant la Seconde Guerre mondiale ont laissé une certaine méfiance contre le nationalisme roumain. Le recensement de 1951 donnait 40 000 Aroumains (mais les spécialistes parlaient de 200 000 locuteurs). Le nombre de locuteurs de l'aroumain serait à majorer de 60 000 pour la Macédoine, 40 000 pour la Bulgarie. Dans toutes ces zones, l'aroumain reste exclusivement une langue familiale. Les premiers textes aroumains datent du XVIIIe siècle. Un seul cours d'aroumain est enseigné à l'Université de Salonique. » (Wikipedia)


L'aroumain est encore parlée par environ 250 000 locuteurs au nord de la Grèce, au sud de l'Albanie, à l'est de la Serbie, en Bulgarie et en république de Macédoine. Cependant, la langue aroumaine (ou valaque) n'a pas de norme linguistique suprarégionale, car chacun des groupes d'Aroumains (Grèce, Albanie, Serbie, etc.) parle avec des particularités spécifiques locales.

« La langue aroumaine (…) survit difficilement : la nouvelle génération n’en a souvent qu’une connaissance passive, limitée à la seule compréhension et réservée à la famille.
Pourtant les bouleversements survenus ces dernières années avec la chute du communisme et l’indépendance de l’État macédonien, ont poussé à nouveau les Aroumains sur le devant de la scène internationale. Ainsi, les 8500 Aroumains de Macédoine ont obtenu certains droits : émissions hebdomadaires en aroumain à la télévision de Skopje, ainsi qu’aux radios locales de Bitolia (Bitola), Stipa (Stip) et Crusevo (Krusevo), cours de langue et d’histoire aroumaine dans les écoles. En Albanie, les Aroumains commencent également à bénéficier de certains droits, notamment dans le domaine de l’enseignement. Cependant, en Grèce, là où ils sont les plus nombreux (environ 200 000 personnes parlent l’aroumain et autant l’auraient oublié), les Aroumains ne sont que sujet d’ignorance ou de mépris. Aucune école ne dispose de cours en aroumain, alors que la prédominance de l’enseignement aroumain serait justifié dans le Pinde, au moins à Aminciu (Metzovo); l’Église grecque semble toujours considérer le locuteur aroumain, « cette langue infecte et perfide », comme l’envoyé de Satan… La question aroumaine a cependant été posée auprès de la communauté internationale : l’Union Européenne a reconnu l’aroumain comme une langue minoritaire à protéger, au grand dam des Grecs. » (Didier Schein, L'un est l'autre, 1996)

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Initiation à l’aroumain en 18 leçons

 
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