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La petite république d’Arménie ne revendique plus les territoires de l’Arménie médiévale, vidés de leur population arménienne par la première guerre mondiale et le génocide. Elle ne réclame pas, non plus, les régions peuplées d’Arméniens qui avaient été contrôlées par les forces arméniennes à l’époque de la première république : la région du Djavakht (Akhakalak pour les Géorgiens) en Géorgie.

L’irrédentisme d’Erevan est aujourd'hui entièrement polarisé sur le Haut-Karabakh (ou Haut-Karabagh), une région autonome que Staline avait accordée à la République d’Azerbaïdjan à l’époque de la création de l’URSS. Sa « récupération » par les armes a fait 30 000 mort et un million de réfugiés. Ce n’est pas l’armée de la république d’Arménie qui est intervenu directement sur le territoire, comme l’armée marocaine au Sahara occidental, mais des milices locales largement soutenues par Erevan.

Des forces arméniennes occupent aujourd’hui 20 % de la république d’Azerbaïdjan dont elles ont fait une « république » du Haut-Karabakh qui ne jouit d’aucune reconnaissance internationale. Les lignes de cessez-le-feu en 1994 laissent à cette entité politique une « zone de sécurité » qui double quasiment sa surface au détriment de l’Azerbaïdjan.

Le problème du Haut-Karabakh (Artsakh, en arménien ou Nagorny-Karabagh, en azéri)

Il s’agit d’un petit massif montagneux de 4 400 km2, soit la taille d’un département français, qui constitue la partie la plus haute du Karabakh. Sur ces hauteurs cohabitaient depuis très longtemps une majorité d’Arméniens (120 000 en 1988) et une minorité d’Azéris (40 000 en 1988) et quelques autres notamment des Grecs. Ce territoire enclavé au sein de la république d’Azerbaïdjan lors de la constitution de l’URSS, a été érigé en « région autonome » confiée par les autorités soviétiques à Bakou. Sa capitale est connue sous son nom arménien de Stépanakert (Khankendi, en azéri).

Les premiers incidents violents entre les deux communautés ont commencé en octobre 1987. En février 1988, le pogrom de Soumgaït (située à 25 km de Bakou) faisant une trentaine de mort, traumatise la communauté arménienne d'Azerbaïdjan et provoque son exode. En novembre de la même année, les hommes de main du pouvoir azéri entrent dans la ville de Kirovabad (Gandja) et s’y livrent à un nouveau massacre (officiellement 18 Arméniens tués, 11 femmes violées, 60 personnes disparues, 74 personnes grièvement blessées, 1 376 maisons pillés...). La communauté internationale reste impuissante.

Les Arméniens reprennent alors leur vieille revendication du rattachement de leur région du Haut-Karabakh à la république d’Arménie. Leurs arguments sont autant démographiques que historiques. Même si, comme le font remarquer les Azéris, beaucoup d’Arméniens sont arrivés dans la région au XIXe siècle, chassés de Perse et d’Anatolie. Leur installation ayant été encouragée par la Russie soucieuse d’épaissir un « tampon chrétien » à sa frontière méridionale. Il n’empêche que le Haut-Karabakh est une vieille terre arménienne. La multitude d’églises est là pour en témoigner (la plus ancienne date du IVe siècle). Les monuments musulmans, par contre, sont rares.

De 1988 à 1994, les milices des deux communautés se sont violemment opposées. Officiellement, il ne s’agissait pas d’une guerre entre la république d’Arménie et celle d’Azerbaïdjan, bien que le soutien constant des forces d’autodéfenses arméniennes du Haut-Karabakh par Erevan n’est un secret pour personne. Aujourd’hui, le président de l’Arménie, n’est autre que l’ancien « président » de la « république » du Haut-Karabakh. Le parti des anciens combattants joue à Erevan un rôle majeur depuis le milieu des années 1990. Cette symbiose entre Arméniens de l’intérieur et de l’extérieur n’explique pas totalement la victoire quasi totale des forces arméniennes sur les Azéris. Elle est aussi le fruit de l’aide discrète, mais efficace, de Moscou aux Arméniens, notamment la fourniture de carburant par pont aérien pour compenser la fermeture des oléoducs.

Débordant largement de l’enclave revendiquée, les Arméniens se sont constitués une sorte de « zone de sécurité » (comparable à celle que les Israéliens entretenaient au sud du Liban) en poussant les populations « ennemies » à l’exode et en détruisant villes et villages. Cette politique de la terre brûlée en territoire azéri devait permettre aux Arméniens de s’asseoir en position de force à la table de négociation. Les forces arméniennes occupent environ un cinquième de la république d’Azerbaïdjan.

Les négociations n’ont pas vraiment eu lieu et la situation est gelée depuis le cessez-le-feu de mai 1994. Le président Levon Ter Petrossian avait fait quelques pas en avant, proposant une approche pragmatique afin de ménager les intérêts économiques de l’Arménie. Ce petit pays enclavé aurait tout à gagner dans une coopération avec la Turquie et l’Azerbaïdjan. Cette politique a été à l’origine de sa chute en février 1998. Le président Ter Petrossian fut poussé à la démission par son ministre de la Défense, l’homme fort du régime à l’époque, Vasken Sarkissian, par ailleurs leader des anciens combattants. Depuis Erevan campe sur une ligne ultra-nationaliste. La dernière rencontre entre les chefs d'État des deux pays au printemps 2006 à Paris), n'a débouché sur aucune solution.

Sur le plan juridique, le parlement de Stépanakert a proclamé en 1991, l’indépendance du territoire et son élévation au rang de « république », mais celle-ci n’est reconnue par aucun autre État dans le monde. Pour sortir de l’illégalité internationale, les uns proposent une confédération au sein de l’Azerbaïdjan, dans laquelle Stépanakert et Bakou seraient sur un pied d’égalité. Les autres envisagent un échange de territoire contre la paix (et le pétrole de Bakou). L’Arménie annexerait le Haut-Karabakh et le corridor de Latchine (qui fait communiquer les deux territoires) et céderait une partie du Zanguezour et la région de Meghri ce qui permettrait de relier l’Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan. Les Yerkrapahs (anciens combattants) refusent catégoriquement cette seconde solution qui aurait plutôt les faveurs de Bakou.

Quel que soit son règlement, ce conflit n’aura abouti qu’à une chose la « purification ethnique » de région. Il n’y a plus un seul Azéri en Arménie, ni au Haut-Karabakh. Les Arméniens, victimes de pogroms dès 1988, ils ont tous quitté l’Azerbaïdjan sauf la zone d’occupation de leurs propres forces. Les autres peuples, Kurdes, Grecs, Russes… ont, pour la plupart, fuit la région. La région aujourd’hui dévastée risque de ne pas retrouver la richesse, avant tout humaine, qui était la sienne depuis des siècles.

Bien que non reconnu par la communauté internationale, le Haut Karabakh élit un président : Bako Saakian (en juillet 2007, avec 84 % des suffrages), un proche de Serge Sarkissian. Il a été réélu en juillet 2012.

Un certain nombre d'incidents armés durant l'été 2014 au Haut-Karabagh a causé de nombreuses victimes. Le Sommet de Paris (octobre 2014) a permis la reprise d'un dialogue direct entre les présidents arménien et azerbaïdjanais.

Avril 2016 : violents affrontements entre l'Azerbaïdjan et les forces du Karabagh (les plus violents depuis la fin de la guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan en 1994).

Bibliographie

Notre dossier sur le Haut-Karabkh

Quelque part dans la région de Chouchi, Haut-Karabakh

L'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont engagés le 2 novembre 2008 à chercher une « solution pacifique » au conflit du Haut-Karabakh afin de « ramener la stabilité » dans la région. La guerre en Géorgie de l'été 2008 a eu un effet pacificateur sur le conflit arméno-azéri.

Artsakh on line : le portail officiel de la « république » du Haut-Karabakh (arm.-angl.-russe)


Devenue le symbole du Haut-Karabagh, cette statue monumentale « Nous sommes nos montagnes » de Sarkis Baghdasarian a été inaugurée à l'époque soviétique par le président azebaïdjanais Gaïdar Aliev.

Le site officiel de la présidence du Haut-Karabakh (arm.)

Y a-t-il une vie politique au Haut-Karabakh ? A l'issue des pourparlers de paix menés sous l'égide du Groupe de Minsk, la détermination du statut du Haut-Karabakh est toujours suspendue sur le plan international. (par Sevag Torossian, Regard sur l'Est, 1er avril 2002)

Biblio : Le Haut-Karabakh arménien : Un État virtuel ? : la position d'un juriste frano-arménien

Le Sud de l'Arménie, l'enclave du Haut-Karabakh et la « zone de sécurité » (en orangé)

Reportage photographique sur la guerre de 1992-1994 par Max Sivaslian

combatant arménien

Autres territoires

Un Khatchkar (croix de pierre typique de l'architecture arménienne médiévale) de la vallée de Djoulfa au Nakhitchevan, autre territoire anciennement arménien

Le Nakhitchevan ne fait pas l'objet des mêmes convoitises que le Haut-Karabakh. Certes le contrôle de cette région avait provoqué un conflit armé entre Erevan et Bakou entre 1918 et 1920. À l'époque les Arméniens représentaient une petite moitié de la population, mélangés à des kurdes, à des Azéris... Aujourd'hui son arménité n'est plus qu'un souvenir. Les 5 % d'Arméniens qui y vivaient encore en 1988 ont tous fuit vers l'Arménie. Les autorités azéries s'efforcent petit à petit d'en effacer les traces culturelles.

L'Azerbaïdjan élimine un patrimoine culturel datant de 12 siècles : Depuis décembre 2005, les autorités d'Azerbaïdjan s'acharnent à nouveau sur le site historique arménien de Djoulfa situé au Nakhitchevan (une information du Collectif VAN).


Akhalkalak, l'église Sourp Khatch

Le Djavakhk : une région à dominante arménienne en république de Géorgie

 
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