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  Autriche
L'immigration


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Les immigrés légaux vivent représenteraient 10 % de la population autrichienne.

La moitié provient de l’ex-Yougoslavie, 20 % de Turquie, 20 % de l’UE, 15 % d’Europe centrale et orientale… L’Autriche a été longtemps une voie de passage pour les migrations intra-européennes. Pendant la guerre froide, quelque deux millions de personnes ont transité par l’Autriche en provenance de l’Est, le quart d’entre elles s’y est installé définitivement. Les pays situés plus à l’ouest se sont peu à peu fermés et l’Autriche a elle aussi fermé ses frontières en adoptant en une des lois les plus restrictives d’Europe sur le séjour des étrangers (1997).

Les étrangers vivant en Autriche sont confrontés à une montée de la [xénophobie entretenue par le FPÖ et à des discriminations en matière de prestations sociales. C’est le cas en particulier du logement social à Vienne exclusivement réservé aux citoyens autrichiens, alors que tout salarié, autrichien comme étranger, est assujetti à une cotisation destinée à son financement. Vienne est pourtant une ville dirigée par des socialistes depuis plusieurs décennies. Mise à part les discriminations administratives visant les étrangers, la violence xénophobe n'atteint pas le niveaux de celle connaisse des pays comme l'Allemagne (surtout à l'Est) et la Suède.

Le thème de l'immigration est très largement exploité par le FPÖ qui prône une fermeture des frontières à tout réfugier non-européen et la mise en place d'un « contrat d'intégration » pour les étrangers vivant en Autriche. En ce qui concerne les réfugiés, le FPÖ considère le Convention de Genève comme une législation « dépassée ».

La politique migratoire autrichienne est une des plus restrictive d'Europe. " Le FPÖ a imposé, en dépit des réclamations du patronat, un "seuil d'immigration zéro" en Autriche, le seul pays de l'Union à inclure le regroupement familial dans ses quotas. Les conditions d'existence des demandeurs d'asile deviennent plus difficiles, et les populistes s'ingénient à ajouter la touche humiliante qui va flatter leur propre électorat : après les cours d'allemand obligatoires, assortis d'un régime de sanctions, un conseiller municipal du FPÖ à Vienne suggère que l'on emploie les demandeurs d'asile ou les chômeurs de longue durée à ramasser les crottes de chien. (extrait d'un article de Joëlle Stolz, Le Monde, 18 mai 2002)

« Une réforme de la loi sur les étrangers en Autriche doit entrer en vigueur le 1er janvier 2003. Sa nouveauté consiste en deux points. D'abord, une amélioration de l'accès au marché du travail pour les étrangers établis en Autriche depuis plus de cinq ans (les nationaux n'ayant plus priorité sur eux face à un poste vacant). Ensuite (et c'est cela que la loi autrichienne nomme le "contrat d'intégration"), tout nouvel aspirant à un permis de séjour et de travail en Autriche – ainsi que tout immigré résidant dans le pays depuis moins de cinq ans, à l'exclusion des ressortissants de l'Union européenne – est obligé de suivre 100 heures minimum de cours d'allemand, à l'issue desquelles il sera soumis à un test. En cas d'échec, une nouvelle session de 100 heures lui sera imposée. Avec cependant une première punition : alors que 50 % des frais des 100 premières heures de cours sont prises en charge par l'Etat, les 100 heures suivantes sont de sa poche. En cas de second échec, la sévérité de la punition augmente d'un cran : 200 euros d'amende. Mais le pire est à venir : au bout de quatre années d'échecs, aucune prolongation de permis de séjour ne sera accordée. » (extrait d'un article de Pierre Daum, Libération 24 octobre 2002)

Cette nouvelle loi évite soigneusement de donner de nouveaux droits aux étrangers. Ceux-ci restent exclus de l'aide au logement et des aides sociales dans sept Lander sur neuf, n'ont pas de droit de participer aux scrutins communaux (sauf quand ils sont originaires de l'UE). Les étrangers (extracommunautaires) ne sont pas éligibles comme représentants du personnel dans les entreprises où ils travaillent.

Bien que la réglementation européenne lui en fasse obligation, l'Autriche ne s'est toujours pas dotée d'une loi antidiscrimination, et il reste possible pour des employeurs ou des propriétaires de logements de passer des annonces réservées explicitement aux « nationaux ». Unique concession : les membres de la famille d'un travailleur immigré auront enfin accès au marché du travail après cinq ans de séjour légal en Autriche.

À partir du 1er octobre 2002, les centre d'hébergement n'hébergent plus que des demandeur d'asile. Les ressortissants d'une dizaine de pays – dont l'Inde, le Pakistan, le Népal, le Nigeria, la Russie (à l'exception des Tchétchènes), l'Arménie, la Géorgie et toutes les entités issues de l'ex-Fédération yougoslave – n'ont plus droit à être hébergés aux frais de l'Etat si leur première demande d'asile a été rejetée. Les directeurs des centres d'accueil (notament, celui de Traikirchen, le plus important du pays) gérés par le gouvernement ont pour consigne de les mettre dehors.

Le code de la nationalité autrichien est peu adapté à l’intégration des populations immigrées. L’harmonisation du droit de la nationalité des différents Länder en 1999 a eu pour effet d’effacer les dispositions plus libérale qui existait dans le land de Vienne, notamment de l’accès plus facile à la nationalité autrichienne par le mariage. Celle-ci repose essentiellement sur le "droit du sang". Une naturalisation nécessite dix ans de résidence continue, l’abandon de sa nationalité d’origine et d’être capable de répondre à un test de connaissance en langue allemande, mais aussi concernant l’histoire et le système politique de l’Autriche.

2016 : le parlement autrichien a adopté une loi qui prévoit la possibilité de décréter un « état d’urgence » migratoire supprimant quasiment le droit d’asile, sur fond de montée de l’extrême droite dans ce petit pays qui a accueilli 90 000 réfugiés en 2015.

Sos Mitmensch (l'équivalant autrichien de SOS Racisme en France)

L'Observatoire européen des phénomènes
racistes et xénophobes
(fr.) : Créé en juin 1997 par l'UE, il a comme objectif principal de fournir aux États membres des informations objectives, fiables et comparables à l'échelle européenne sur le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme, en vue d'améliorer l'échange d'informations et d'expériences. Son siège est à Vienne (Rahlgasse, 3 - mél : office@eumc.at)

 
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