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  Autriche
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Octobre 2017 : la victoire du parti populaire autrichien (ÖVP, qui a obtenu 31,7 % des suffrages) aux élections législatives.Les sociaux-démocrates du SPÖ (26,9 % des voix) sont talonnés par la formation d’extrême droite FPÖ (26 %).

Le paysage politique autrichien avait été bouleversé par l’arrivé au pouvoir d’une coalition inédite en Autriche : droite-extrême droite (février 2000) et le passage de la gauche à l’opposition, après 30 ans de présence ininterrompue au pouvoir. En octobre 2006, le SPÖ est sorti vainqueur d'une courte tête des élections législatives devant l'ÖVP du chancelier conservateur sortant Wolfgang Schüssel avec respectivement 35,3 % et 34,3 % des voix. Depuis, l'influence du SPÖ a nettement baissée et l'extrême droite relève la tête. Au législative de septembre 2008, l'extrême droite totalise 29 % des voix, son score historique, contre 29,7 % aux socialistes.

L’Autriche est un pays où (jusqu'en 2000) l’alternance droite-gauche n’a jamais vraiment fonctionné puisque la droite comme la gauche appartenaient à la majorité au pouvoir. Les deux principales forces politiques SPÖ (socialistes) et ÖVP (conservateurs) ont le plus souvent gouverné ensemble plutôt que de se disputer le pouvoir (pendant un tiers de siècle sur le dernier demi-siècle). Ces deux partis dirigeaient le pays selon une plate-forme de gouvernement minimum et se partageaient les postes administratifs selon le système de la Proporz, sorte de lottizzazione à l’autrichienne. La carte de l’un des deux partis au pouvoir était nécessaire pour obtenir un poste à responsabilité. Un tel système de partage des dépouilles a aussi fonctionné en Italie et en Belgique jusque tout récemment.

La dernière période de « grande coalition » (1986-1999) a été très préjudiciable. Le rôle de l’opposition était laissé aux écologistes et à l’extrême droite (FPÖ). Les premiers en ont peu profité (ne dépassant pas 7 à 8 %). Le FPÖ, sous la conduite de Jörg Haider, avait su habillement récupérer les déçus du système et s’imposer en 1999 comme deuxième force politique autrichienne (26,9 %), devançant de peu l’ÖVP. Les élections du 24 novembre 2002 avait permis aux conservateurs de l'ÖVP, pour la première fois de leur histoire d'arriver nettement en tête (environ 42,2 % des voix contre 36,9 % aux socialistes), mais ne pouvant gouverner sans un alliés, les conservateur ont reconduit leur coalition avec le FPÖ (extrême droite) tombé à 10,1 %.

La « grande coalition » mise en place en janvier 2007 a volé en éclat en juillet 2008 en raison de l'immobilisme du gouvernement de divergences sur le fond notamment sur la politique européenne. Une nouvelle « grande coalition » a vu le jour le jour à l'automne 2008.

Les partis politiques

Le SPÖ, Parti social-démocrate autrichien (Sozialdemokratische Partei Österreichs), qui de 1945 à 1991 s’est appelé Parti socialiste, a été fondé en 1888. Il a gouverné l’Autriche, seul de 1970 à 1983, puis en coalition avec le FPÖ de 1983 à 1986, puis avec l’ÖVP jusqu’en 1999. Il est passé dans l’opposition de 2000 à 2006. Avec 35,3 % en octobre 2006 (soit un score inférieur à celui de 2002 : 36,9 % !), il a retrouvé d'une courte tête, sa place de premier parti autrichien détenue depuis 1970. Il était tombé à 33 % en 1999, contre 51 % en 1979). Le nouveau leader, Alfred Gusenbauer (né en 1960) avait revendiqué un « droit d’inventaire », critiquant notamment l’indulgence de Bruno Kreisky (le leader historique) envers les anciens nazis et la politique très restrictive des gouvernants socialistes envers les étrangers. L'immobilisme de son gouvernement (2007-2008) a entraîné une fronde interne. En juillet 2008, il a été remplacé par Werner Faymann, ministre des Transports, à la tête du SPÖ. Législative de septembre 2008 : 57 sièges et 29,7 % des voix (son plus mauvais score). En septembre 2013, le SPÖ est arrivé en tête aux législatives avec 27 % des voix et 52 sièges au Parlement. Le SPÖ dirige la ville de Vienne depuis 1945, il a ét reconduit en 2015 à la tête de la capitale.


L’ÖVP, Parti populaire autrichien (Österreichische Volkspartei), est un parti conservateur de type démocrate-chrétien fondé en 1945, proche de la CDU allemande. Depuis 1995, l'ÖVP est dirigé par Wolfgang Schüssel qui rêvait de devenir chancelier et de gouverner sans les socialistes, une situation que l’ÖVP n’a connu que de 1966 à 1970 ! C’est dans la pire des postures que son chef est devenu chancelier en février 2000 : aux législatives d’octobre 1999, son parti s’est laissé devancer de peu par son rival d’extrême droite (FPÖ) avec qui il a accepté de faire alliance. L'ÖVP est en Autriche « le parti de l'Europe » (sur ce plan, il a réussit à imposer ses vue au FPÖ, son ambition aurait été de gouverner au centre. Le gouvernement Schüssel y parvient en matière économique, mais sur les questions de société, comme sur les liberté, il s'est laissé entraîner nettement plus à droite par son partenaire. Les Législatives de novembre 2002, ont été marqué par un score de 42,3 % (79 sièges) faisant de l'ÖVP le premier parti autrichien. En octobre 2006, avec un score de 34,3 %, il se fait devancer de peu par son rival social démocrate et se voit contraint de négocier un accord de coalition gouvernementale avec lui. Législative de septembre 2008 : 51 sièges et 25,6 % des voix. En 2013, 23,8 % et 47 sièges.

Neos : petit parti libéral qui attire les déçus de l'ÖVP : 6,2 % aux municipale de Vienne en 2015.


Le FPÖ, Parti autrichien de la liberté (Freiheitliche Partei Österreichs), est un parti d’extrême droite fondé en 1955 pour accueillir nombre d’anciens nazis qui n’avaient pas suffisamment renié leur idéologie d’origine pour s’intégrer dans les autres partis. Le FPÖ a déjà participé à une coalition gouvernementale : entre 1983 et 1986 avec le SPÖ. Mais à l’époque, le FPÖ n’était qu’une petite force d’appoint (4,9 % des voix en 1983). Quand Jörg Haider a pris la tête du parti, en 1986, les socialistes ne pouvaient plus entretenir l’illusion que le FPÖ n’était qu’un simple parti « libéral ». Le FPÖ est retourné à l’opposition pour son plus grand profit si on considère ses résultats électoraux : 9,7 % en 1986, 16,6 % en 1990, 22,6 % en 1994, 26,9 % en 1999. En septembre 2002, Jörg Haider, représentant l'aile radicale du parti a été réélu président du FPÖ, provoquant à la fois la démission de a vice-chancelière Susanne Riess-Passer (aile modérée du parti) et l'éclatement de la coalition gouvernementale. Le parti a été désertés par de nombreux députés et par les rares intellectuels qui y avaient adhérés. Au élections de novembre 2002, il n'obtenait plus que 10,1 % des voix, mais restait la force d'appoint indispensable à toute coalition des droites. Son fief reste la Carinthie, où avec 42,5 % des voix au régionales de mars 2004, il améliore son score de 1999. À l'échelle nationale, la dégringolade continue : 6,3 % aux européennes de juin de 2004 (soit son plus mauvais score depuis 1983). En avril 2005, le FPÖ est encore affaiblie par le départ des amis de Jörg Haider partis fonder le BZÖ. C'est un FPÖ radicalisé et passé à l'opposition qui est aujourd'hui dirigé par Heinz-Christian Strache. Législative de septembre 2008 : 34 sièges et 18 % des voix. En 2013, récoltant les fruits d'une campagne axée sur le rejet du jacobinisme bruxellois et de l'immigration, le FPÖ a ainsi progressé de près de quatre points par rapport au dernier scrutin, en 2008 (21,4 %, contre 17,54 %). En 2013, 20,5 %.


Le BZÖ, l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (Bündnis Zukunft Österreich) : Formation d'extrême droite fondé en avril 2005 à la suite d'une scission de l'aile du FPÖ menée par Jörg Haider. Mené par Peter Westenthaler, la formation s'appuie sur les parlementaires élus en 2002 et demeure au gouvernement. Législative de septembre 2008 : 21 sièges et 11 % des voix. Son leader, Jörg Haider s'est tué dans un accident de voiture en octobre 2008.

Die Grüne les Verts : Le parti écologiste, fondé en 1982, est présent au Parlement depuis 1986, mais il n’a jamais dépassé le score de 9 % des voix (son score de 2002) et n’a donc jamais joué le rôle qu’on put jouer les verts allemands dans leur pays. Les Verts sont très opposés à l’OTAN et actifs contre le nucléaire en Europe de l’Est. Le dirigeant du parti est Alexander van der Bellen. L’idée, totalement exclu jusque-là, d’une alliance avec le SPÖ a commencé en 2002 à faire son chemin sans que les résulats des deux partis aux législatives puissent permettre de la concrétiser. Aux européennes de juin 2004, les verts obtiennent 12,7 % des voix. Législative de septembre 2008 : 20 sièges et 9,8 % des voix.


LiF, Forum Libéral (Liberales Forum) est une scission du FPÖ opéré en 1993 par la frange « authentiquement » libérale de la formation de Jörg Haider. Ce parti est conduit par Heide Schmitdt qui fut la candidate du FPÖ aux présidentielles de 1992 et qui rompit avec Haider en raison de ses orientations xénophobes et anti-européennes. Le Forum libéral n’a jamais dépassé 5 à 6 % des suffrages. L’ambition du FL était de jouer le même rôle que le Parti libéral allemand sur la scène politique allemande. Avec 1 % des voix en novembre 2002, il n'a même pas su rallier les déçus du FPÖ.



KPÖ, Parti communiste (Kommunitische Partei Österreichs) est insignifiant depuis le début des années 1990, il n’était plus représenté à l’assemblée depuis 1959 et au gouvernement depuis 1947. Il a obtenu 0,5 % des voix en novembre 2002. Il n’y a jamais eu, en Autriche, d’alliance socialiste-communiste, en raison de l’anticommunisme viscéral de la plupart des dirigeants du SPÖ, en particulier Bruno Kreisky. Le caractère groupusculaire du KPÖ, n'empêche pas des succès locaux, tel le score d'Ernest Kaltenegger : 21 % au municipale de janvier 2003 dans la ville de Graz. Dans les quatriers bourgeois du centre de cette ville catholique, le KPÖ, qui a profité de la chute du FPÖ, fait figure de deuxième force politique dernière l'ÖVP.


Hors du système traditionnel des partis

L’Offensive démocratique (Demokratische Offensive) fondée en 2000 par l’alliance d’un club d’intellectuel, le Club républicain (Republikanischer Club Neues Österreich), né en 1986 à l’époque de l’affaire Waldheim, et des militants de SOS-Mitmensch, l’équivalent autrichien de SOS-Racisme, né en 1993. L’Offensive démocratique regroupe aujourd’hui de nombreuses associations d’étudiants, des groupes féministes, des associations de quartiers… avec pour projet commun de lutter contre le FPÖ et les idées qu’il développe.

« La normalité règne en Autriche et l'élan de résistance, qui avait mobilisé 250 000 personnes sur la Heldenplatz, le 19 février 2000, est retombé comme un soufflé refroidi. (…) Pour la quasi-totalité de ses compatriotes - qui n'ont jamais considéré comme une atteinte aux fondements démocratiques la présence au gouvernement d'un parti au lourd héritage nazi -, le principal changement impulsé par le nouveau pouvoir est d'ordre économique et social : le jeune ministre FPÖ des Finances, Karl-Heinz Grasser, a donné un vigoureux coup de barre libéral à une économie jugée trop protégée afin d'"affronter les défis de la mondialisation". Au-delà d'une politique d'austérité classique, c'est à tout le système de "partenariat social" que le nouveau gouvernement s'en est pris, faisant goûter à la société un fruit jusqu'alors inconnu : le conflit. Les syndicats ont commencé à manifester, et parlent même parfois de "grève", mot auparavant inconnu. » (Libération, février 2002) On peut aussi noter l'ampleur sans précédant de la purge qui a touché tout les rouages du système jusqu'aux présentateurs de la télévision nationale.

Les néo-nazis

« Très tôt, l'Autriche s'est dotée d'un arsenal juridique très sévère contre toute forme d'expression de sympathie envers le national-socialisme. Un parti semblable au NPD allemand serait en Autriche impossible à constituer. "Il en a bien existé un, le NDP, dans les années 80, précise Wilhem Lasek, chercheur au Centre de documentation de la résistance autrichienne et expert des milieux néonazis, mais il a été interdit en 1988, et les principaux leaders ont été incarcérés pour plusieurs années." » (extrait d'un article de Pierre Daum, Libération, 15 avril 2002)


SPÖ : propose un accès aux sites du SPÖ dans les différents lander (en all.)

En septembre 2008, le parti est passé pour la première fois de son histoire sous la barre des 30 %. Un score approché par l'extrême droite qui n'a aujord'hui que 2 députés de moins que les socialistes.

Werner Faymann, chef du SPÖ et chancelier

L’ÖVP : un site assez bavard qui offre un accès dès la page d’accueil aux antennes régionales du parti.

Le FPÖ

l'extrême droite autrichienne

Le BZÖ

Le Forum libéral

Les Verts : un site très informatif, revue de presse, forum de discussion…

Les verts de Vienne.

Le KPÖ

La « société civile » anti-Haider. Depuis la grande manif du 19 février 2000, elle a un peu perdu de son élan.


L'Offensive démocratique



Attac-Autriche

Le Club Républicain (Republikanischer Club
Neues Österreich)

SOS Mitmensch

La Comtesse Rouge L'Autrichienne Barbara Coudenhove-Kalergi, journaliste réputée et militante convaincue, a fondé un mouvement pour créer une alternative à la politique nationaliste de Jörg Haider (Europ Magazine, 2001)

L'extrême droite autrichienne (fr.) au milieu des années 1990.

Raw : mouvement anarchiste autrichien

 
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