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Le catholicisme est la religion dominante en Autriche : environ 90 % de la population en est issu, même si une partie des catholiques a aujourd’hui pris ses distances avec la religion.

L’Église catholique autrichienne traverse une crise due aux tentatives de reprise en main par Jean-Paul II d’une Église perçue, au Vatican, comme trop libérale et trop indépendante (soupçonnée d’être influencée par des théologiens contestataires de langue allemande).
L’Église autrichienne reste marquée par la figure du Cardinal König, l’archevêque de Vienne de 1956 à 1986, un des principaux artisans du concile Vatican II (1962-1965). Par ses prises de position progressistes, il avait su sortir l’Église des cercles étroits des milieux conservateurs proche de l’ÖVP. De son côté, le SPÖ au pouvoir avait tempéré son anticléricalisme traditionnel. Mgr König avait su faire oublier son prédécesseur, le Cardinal Innitzer, qui avait béni l’entrée des troupes nazies à Vienne en 1938.

Le cardinal König, parti en retraite, a été remplacé en 1986 par un obscur directeur de congrégation, le cardinal Groër, proche du Pape. Il s’en est suivi toute une série de nomination d’évêques ultra conservateurs qui provoquèrent des mouvements de révolte parmi les catholiques et une partie du clergé : Mgr Kurt Krenn, nommé à Sankt-Pölten en 1987 a dû faire intervenir la police pour pouvoir pénétrer dans la cathédrale le jour de sa consécration. Mgr Klaus Küng, de l’Opus Dei, nommé en 1989 à Feldkirch. Mgr Laun, connu pour son combat contre l’avortement, nommé à Salzbourg sans que les règles de consultations locales ne soient respectées… Cette tentative de reprise en main s’est terminée lamentablement par la démission du cardinal Groër, archevêque de Vienne, accusé de pédophilie qui a trouvé refuge dans un monastère où il est mort en 2003. Il a été remplacé en 1995 par Mgr Christoph Schönborn, plus jeune, mais qui reste dans la ligne du Vatican.

Depuis 1986, l’Église connaît une désaffectation certaine. Beaucoup réclament la révision du Concordat datant de 1934 entre Vienne et le Vatican, ainsi qu’une séparation de l’Église et de l’État. Un courant contestataire intitulé « Nous sommes l’Église » (Wir sind Kirche) réclame une démocratisation de l’Église, la fin du célibat des prêtres, l’accès des femmes au sacerdoce, l’abolition des interdits visant les divorcés et une plus grande souplesse sur des thèmes comme la contraception, l’avortement et l’homosexualité. Un tel manifeste avait recueilli plus de 500 000 signatures en 1995.

Sur le plan politique, l’Église autrichienne reste très divisée, ce qui la rend très timide face à la montée de l’extrême droite. En 1997, Mgr Kurt Krenn, évêque de Sankt-Pölten, déclare que « Jörg Haider a beaucoup fait pour l’Autriche », il est aussitôt contredit par Mgr Johann Weber, évêque de Graz, président de la conférence épiscopale et chef de file des progressistes. En 1998, Mgr Weber est poussé à la démission par le Vatican. Il est remplacé à la tête de la tête de la Conférence épiscopale par le très conservateur Mgr Schönborn. Ce dernier n’a fait aucun commentaire, en février 2000, lors de l’accession de l’extrême droite au gouvernement… On s’est souvenu à cette occasion que Jean Paul II avait déroulé le tapis rouge sous les pieds de Kurt Wladheim, alors ce président de l’Autriche était boycotté par toutes les capitales occidentales pour son passé d’officier nazi. En décembre 2000, Jean Paul II recevait Jörg Haider, venu avec une délégation de Carinthie offrir au pape un sapin de Noël, une visite qui a provoqué de violentes manifestations. En octobre 2001, Mgr Kurt Krenn participait à la campagne xénophobe du FPÖ en demandant aux autorités autrichiennes de « placer l'islam sous surveillance » et affirmait que cette religion était « imprégnée d'un certain fanatisme et nationalisme ».

Les protestants, essentiellement des luthériens, représentent quelque 5 % de la population. La communauté est très divisée sur les grands sujets de société.

Les juifs ne sont plus que 8 000 à 12 000. Ils étaient 200 000 en 1938. 65 000 ont été exterminé par les nazis, 120 000 ont dû s’exiler. La moitié des juifs autrichiens est arrivée ces dernières années en provenance de l’ex-URSS. Afin de reconstituer la communauté, le Consistoire israélite de Vienne réclame (sans succès) l’autorisation d’une immigration juive (hors quota par pays) en provenance de l’Est comme cela se pratique en Allemagne.

Les incidents visant les quelques juifs vivant en Autriche se sont multipliés depuis les élections d’octobre 2000. Certains auteurs ont pu parler à propos de l’Autriche, comme de la Pologne, de la persistance d’un « antisémitisme sans juifs ». Les élections municipales de 2001, ont été l’occasion d’allusions ouvertement antisémites de la part de Jörg Haider. Ces « dérapages » verbaux, visant notamment Ariel Muzicant, président du Consistoire, ont valu à l’Autriche de se faire rappeler à l’ordre par le Département d’État américain. Ni les partenaires européens de Vienne, ni la hiérarchie catholiques n’ont fait de commentaires. En 2001, selon les statistiques de l'Association viennoise des études de recherches sociales : « 24 % des Autrichiens préfèrerait vivres dans un pays sans juifs ».

L’Autriche a très longtemps éludé ses responsabilités à l’égard des juifs autrichiens. Finalement, un accord prévoyant une indemnisation pour les biens « aryanisés » (confisqué aux juifs) entre 1938 et 1945, a été signé en janvier 2001, mais le chancelier Schüssel s’est refusé à prononcer la moindre excuse pour le demi-siècle de retard. Le Consistoire a refusé cet accord et continue de réclamer la restitution des propriétés immobilières qui font aujourd’hui partie du domaine public.

« À la veille de l'annexion du pays au IIIe Reich, en mars 1938, le pays comptait 200 000 juifs, une cinquantaine de synagogues et plusieurs centaines d'associations. En 1945, à peine 5 000 juifs vivaient encore dans le pays. 65 000 avaient péri dans les camps de la mort nazis, plus de 100 000 autres s'étaient exilés.

Ariel Muzicant, [est] président de l'Israelitische Kultusgemeinde (IKG), l'organe représentatif de la petite communauté des juifs autrichiens, qui ne compte aujourd'hui plus que 6 700 personnes. Responsable financièrement de plusieurs synagogues, de quatre écoles, d'un centre psychiatrique, d'une maison de retraite et de quelques cimetières à moitié à l'abandon, l'IKG se trouve au bord de la faillite.

Les revendications de l'IKG portent aujourd'hui sur deux points : celui du dédommagement des biens volés ou détruits sous le régime nazi - s'appuyant sur le rapport publié en février par la Commission d'historiens chargée de dresser la liste de toutes les spoliations - ainsi que sur des polices d'assurance des synagogues de Vienne retrouvées le mois dernier dans des archives israéliennes. Ariel Muzicant estime à "500 millions d'euros" la valeur actuelle que représenteraient ces biens. » (trois extraits d’un article de Pierre Daum, Libération, 9 mai 2003)


Les musulmans sont dans leur immense majorité des immigrants récents soit environ demi-million de personnes (6 % de la population) dans leur majorité d’origine bosniaque et turque. L’Autriche qui occupa la Bosnie-Herzégovine de 1878 à 1918 (et même l’annexa en 1908) a eu dans le passé une importante communauté musulmane. Quelques milliers de musulmans sont des Autrichiens de longue date. L'islam a été reconnu officiellement en 1912. Une grande mosquée a été construite à Vienne en 1978, avec le financement de l’Arabie Saoudite. En 2015, l'Autriche a décidé de restreindre les financement étrangers. Le foulard reste autorisé à l'école et des cours de religion sont dispensés par des professeurs payés par l'État.

La liberté des Églises « reconnues par la loi est assurée par l'article 15 de la loi fondamentale de l'Etat, qui stipule par ailleurs expressément l'assujettissement aux lois générales de l'Etat. La réglementation de principe des rapports entre l'Etat et l'Eglise s'est fait à l'égard de l'Eglise catholique dans le concordat des années 1933/34, à l'égard de l'Eglise protestante dans la loi sur les protestants (1961), à l'égard de la Société religieuse israélite dans la loi sur les israélites (1890), à l'égard de l'Eglise orthodoxe dans la loi sur les orthodoxes (1967) et à l'égard des musulmans dans la loi sur l'islam (1912, révisée en 2015). Les rapports avec les autres Églises et sociétés religieuses reconnues par la loi sont réglés dans la loi de reconnaissance (1874).

En vertu de la situation juridique en Autriche ("loi sur l'éducation religieuse des enfants"), chaque adolescent peut à partir de l'âge de 14 ans décider lui-même de sa religion.

Dans les écoles autrichiennes, on n'enseigne pas uniquement la religion catholique romaine. Les enfants appartenant à des Églises et sociétés religieuses moins importantes reçoivent eux aussi un enseignement religieux, le maître d'enseignement religieux étant payé par l'Etat. » (extrait de la brochure 2000 du Service de presse de l'ambassade)

La Conférence des évêque (Bischofskonferenz)

Liens catholiques en Autriche

Le cardinal König, archevêque de Vienne de 1956 à 1986, créé cardinal en 1958.

Décédé en mars 2004 à l'âge de 99 ans, il faisait figure de conscience morale de l'Autriche. Lucide jusqu'au bout, il avait condamné ferment l'attaque de l'Irak par les Américains en 2003. Pressenti pour devenir pape, c'est lui qui avait suggéré la candidature de Karol Wojtyla en 1978. Cependant, Jean Paul II ne lui pardonnera pas sa ligne progressiste et contestataire de la ligne vaticane (Köning par exemple, ne considérait pas le célibat comme une condition absolue). Pour succéder Jean Paul II avait choisi un ultra conservateur (Herman Groer) sensé reprendre en main une église autrichienne en partie frondeuse.

Église à Innsbruck

La visite du pape tourne au fiasco, une dépêche de juillet 1998, à lire sur le site du Réseau Voltaire.


L’affaire Groër une dépêche d’avril 1998 à lire sur le site du Réseau Voltaire.

Mgr Kurt Krenn, évêque de Sankt-Pölten et chef de file du courrant d'extrême droite au sein de l'église autrichienne. Il est le principal artisan d'une reprise en main musclée de l'église catholique autichienne.

L’église évangélique autrichienne

Le cimerière juif de Salzboug

Le portail juif autrichien

Le musée juif de Vienne

Lire : Mauthausen, ville d'Autriche (1938-1945) par Gordon J. Horwitz

Intérieur de synagogue

La mosquée de Vienne.

 
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