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  Chili
L'armée


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L’armée chilienne a eu une influence politique peu égalée sur le continent (c'est moins le cas depuis la dernière réforme constitutionelle). C’est aussi celle qui dispose de la plus forte dotation budgétaire de toute l’Amérique latine, Cuba excepté.


La constitution rédigée en 1980 par les dirigeants de l’armée eux-mêmes imposait la tutelle des militaires sur les institutions politiques selon la théorie de la « démocratie protégée » développé par le général Pinochet.

Les quatre commandant en chef des forces armées (Terre, Marine, Air et Gendarmerie) font partie du COSENA, Conseil de sécurité nationale, (8 membres). La Constitution réserve quatre des 48 sièges du Sénat à des officiers à la retraite. La droite chilienne a bloqué jusqu'ici toute tentative de révision de la Constitution.

En 2006, la constitution a été réformée pour autoriser le chef de l’Etat à limoger éventuellement les chefs d’état-major des armées et pour supprimer les pouvoirs du Conseil national de sécurité (dominé par les militaires).



Qui dirige l’armée ?

C’est le chef de l’armée de terre qui fait figure de commandant en chef des armées, lequel n’est commandé par personne. Ce n’est qu’en temps de guerre que le président de la république chilienne est le chef des armées.

Ce poste a été occupé par le Général Pinochet d’août 1973 (il avait été nommé par le président Allende avec pour mission de calmer les velléités putschistes de l’armée) à mars 1998. Il a été remplacé par le général Ricardo Izurieta, nommé par le président Frei sur une liste de cinq nom proposés par l’ancien dictateur.

Le général Ricardo Izurieta Caffarena, né en 1944, fils et petit-fils de militaires, est présenté comme un général au passé « irréprochable » bien qu’il ait occupé des postes à responsabilités pendant la dictature et qu’il n’ait jamais dénoncé la moindre exaction commise par la junte. En 1989, il était secrétaire d’État à la défense, il a été ensuite attaché militaire aux Etats-Unis.

Le Président est toutefois parvenu à plusieurs reprises à mettre son veto à l’avancement des militaires les plus compromis dans les violations des droits de l’homme.



Ses effectifs, son coût

140 000 hommes (dont 100 000 pour l’armée de terre, 26 000 pour la marine et 13 000 pour l’armée de l’air). Ce chiffre ne prend pas en compte les carabiniers et le personnel des entreprises dépendant de l’armée.

Les ressources de l’armée proviennent pour 75 % du budget public et pour 25 % du cuivre (l’armée perçoit en effet 10 % des ventes de cuivre réalisé à l’étranger par la Codelco, l’entreprise publique qui exploite ce minerai, la grande richesse du Chili).

Les dépenses de l’armée représentent 4,25 % du PIB. Une proportion considérable pour un pays qui n’a pas connu de guerre depuis plus d’un siècle et qui ne connaît aucune véritable menace de son voisinage immédiat.

L’armée est également très liée au monde des affaires, elle est impliquée dans la création de sociétés financières illégales… plusieurs affaires ont défrayé la chronique notamment celle impliquant le fils aîné du général Pinochet à qui l’armée avait racheté une société en faillite pour trois millions de dollars.


L’armée chilienne et la démocratie

Il existe un courrant démocratique dans l’armée chilienne représenté notamment par le général Carlos Prats, le commandant en chef des armée à l’époque du président Allende et qui dû démissionner en 1973, se sentant incapable de prévenir un coup d’État. Il a été assassiné en 1974 à Buenos Aires où il avait trouvé refuge.

Avant 1973, l’armée chilienne était déjà intervenu à plusieurs reprises dans la vie politique notamment en 1924 provoquant l’exil du président Arturo Alessandrini et en 1932 en renversant le président Carlos Ibañez. De 1970 à 1973, la menace d’un putsch fut permanente et fortement encouragée par le gouvernement américain.

La justification par l’armée du coup d’État du 11 septembre 1973 consiste à affirmer que le « régime marxiste » de Salvador Allende avait précipité le pays dans un état de « guerre intérieure » que la « pacification » accomplie par les forces armées était nécessaire et ne pouvait être que douloureuse. Ce discours est en partie repris par les partis de droite.

La répression a été des plus féroces : plus de 4000 morts ou « disparus » (comme on appelle les personnes enlevées par les autorités et que l’on n’a jamais revu : beaucoup ont été jeté dans la mer ou enfouie dans des fosses secrètes).

Confortée par la constitution de Pinochet, l’armée a toujours tendance à se considérer comme un corps indépendant du reste de l’État, d’où sa grande difficulté à se plier aux décisions de la justice chilienne. Le général Pinochet affirme « si l’on touche à un seul de mes hommes, c’est en finir de l’État de droit. »

En 1995, le premier haut responsable à être condamné (à 7 ans de prison) pour un assassinat, le général en retraite Manuel Contreras à pendant des semaines refusé de rejoindre sa prison. Il a fini par intégrer une prison (de luxe) conçue pour accueillir des militaires et gérée par eux. L’arrestation du général Pinochet en octobre 1998 à Londres a été vécue comme un véritable traumatisme par une armée sûre d’elle-même et qui se considérait jusque-là comme intouchable.

Peu à peu néanmoins émerge une génération de jeune officier animé par un véritable esprit de loyauté envers le gouvernement. En juin 2001, le commandant en chef de la marine, l'amiral Jorge Arancia, a démissionné pour entrer en politique dans les rangs de l'UDI. ce qui a contribué à dépolitiser les forces armées…

En novembre 2004, l'armée chilienne a fini par reconnaître officiellement les grâves violations des droits de l'hommes sous la dictature.

Le Ministère de la Défense : ministerio de Defensa Nacional (esp.-angl.).

Le COSENA.

Le site de l’Armée chilienne (Ejército de Chile) : le site aligne des portraits des glorieux chefs de l’armée… mais en faisant l’impasse sur les dernières décennies (esp.).

Le général Ricardo Izurieta Caffarena.

Michelle Bachelet, la ministre de la défense, nommée en janvier 2002.

L’Armée de l’Air (Fuerza Aérea de Chile).

Le site de la Marine de guerre chilienne. Un site qui ravira les amateurs de bateaux… de guerre. Un site très bien fait, tout à la gloire de cette arme. Avec un historique très complet et bien illustré, un glossaire de terme marin (en espagnol) et une collection complète de tous les bâtiments de la marine chilienne (anciens et actuels) avec leur fiche technique…

La junte qui a pris le pouvoir en 1973.

Soldats à l'entrainement.

 
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