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  Chili
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Le Chili a un fonctionnement de plus en plus démocratique. Son régime respecte aujourd'hui, pour l’essentiel, les libertés publiques.

Les ombres au tableau :

- L’attitude de la police qui continue à avoir recours à la violence pour réprimer les manifestations non autorisées (en 1998 et 1999 on comptait encore des morts de manifestants). Par ailleurs, Amnesty international signale des cas de torture et de mauvais traitement dans les prisons chiliennes.

- Les crimes commis sous la dictature du général Pinochet, restés encore très largement impunis...

- Le pouvoir des tribunaux militaires.

- Les entraves à la liberté d’expression.

« En 1999 encore, la principale menace sur la liberté de la presse est venue de la loi sur la sécurité d’Etat. Dix-sept journalistes ont été arrêtés et inculpés depuis 1990 en vertu de ce texte. Adoptée en 1958, cette loi prévoit jusqu’à cinq ans de prison pour ceux qui " injurient ou calomnient le président de la République, les ministres d’Etat, les sénateurs ou députés, les membres de tribunaux supérieurs de justice […], que la personne soit dans l’exercice de ses fonctions ou non lorsque se produit l’injure ".

Le 30 septembre 1999, Alejandra Matus obtient l’asile politique aux États-Unis. La journaliste avait quitté son pays après que, le 14 avril, la Haute Cour de Santiago avait ordonné la saisie de son Livre noir de la justice chilienne et engagé des poursuites contre elle. Dans cet ouvrage, Alejandra Matus dénonce la " corruption, le népotisme et les abus de pouvoir " qui règneraient au sein de la justice. Les poursuites avaient été engagées à la demande de Servando Jordan, ancien président de la Cour suprême, qui avait invoqué la loi sur la sécurité d’État. »
(Deux extraits du rapport 2000 de Reporters sans frontière).


Les progrès :

- Les procédures judiciaires en cours, depuis l’arrestation du général Pinochet à Londres en 1998.

- La loi dépénalisant l’homosexualité (juillet 1999).

- La réforme de la procédure pénale : l’actuelle procédure inquisitoire sera progressivement remplacée par une procédure accusatoire.

- L'abolition de la peine de mort en 2001. Les dernières condamnations à mort ont été prononcées en 1999, mais n'ont pas été appliquées.

- L’autorisation du divorce depuis 2004 (le Chili était jusqu'à la fin 2003, le dernier pays catholique du monde à ne pas reconnaître le divorce !)


La liquidation des années noires de la dictature Pinochet

Le passif de la dictature s’est focalisé sur la personne du général Pinochet. Nul n’osait remettre en cause les règles qu’il avait édicté pour brider le régime qui lui succèderais (la loi d’amnistie et la constitution). Il a fallu son arrestation à Londres, fin 1998, pour que les tribunaux chiliens évoluent dans l’interprétation des lois et commencent à lancer des procédures à l’encontre des tortionnaires du régime militaire. Cette levée d’inhibition n’est pas propre au Chili, en 1999, des procédures ont été lancées de toute part notamment de l’OUA, des Nations unis qui se souviennent soudain de l’assassinat en 1976 d’un de ses fonctionnaires…

1978 – La junte promulgue une « loi » d’auto-amnistie qui garantit l’impunité des militaires pour les crimes commis depuis 1973. L’« état de siège » est levé (11 mars).

1980 – La junte au pouvoir fait approuver une nouvelle constitution lors d’un plébiscite (11 septembre). Cette constitution élaborée par la junte au pouvoir;est ratifiée en 1981 (11 mars).

1982 – Première manifestation contre le régime (juillet).

1988 – L’« état d’urgence » est levé (27 août).

1990 – La CNI (police politique de Pinochet) est intégrée au DINE (service de renseignement de l’armée de terre). Les tortionnaires de la junte deviennent ainsi de simple fonctionnaire de l’État (février). La CNI était l’héritière de la DINA de sistre mémoire.

Passation de pouvoir entre Augusto Pinochet et Patricio Aylwin le président élu en décembre (11 mars). Le dictateur restera commandant en chef des forces armées jusqu’en 1998.

1991 – Pour la première fois, il est fait état officiellement des victimes de la dictature : le rapport de la Commission pour la vérité et la réconciliation recense 3 500 morts et 967 « disparus » (4 mars 1991). Augusto Pinochet réfute tout en bloc.

1994 – Une cour d’appel de Santiago affirme la prééminence des traités internationaux sur les lois nationales, ce qui peut annuler l’impunité des militaires garantie par la « loi » de 1978.

1998 – Le général Pinochet quitte ses fonctions de commandant en chef de l’armée de terre (10 mars).

L’ancien dictateur est arrêté à Londres sur requête de la police espagnole pour répondre de crimes commis lorsqu’il dirigeait la junte militaire (16 octobre). L’immunité dont il se prévaut n’est pas prise en compte par les tribunaux anglais. À la suite de son arrestation, plusieurs dizaines de plaintes sont déposées auprès des tribunaux chiliens à l’encontre d’Augusto Pinochet.

1999 – La justice chilienne ordonne l’arrestation de douze militaires et anciens agents de la police secrète du régime du général Pinochet (30 mars). Elle décide que les disparitions de personnes, désormais considérées comme un « délit permanent », ne peuvent être couvert par l ‘amnistie de 1978. Selon la loi chilienne, l’enlèvement constitue un délit aussi longtemps que la personne « disparue » n’a pas été retrouvée.

Le gouvernement chilien demande la libération pour raison de santé de l’ancien dictateur (14 octobre). La cour d’appel de Santiago rejète la mise en examen d’A. Pinochet en invoquant son immunité.

Le gouvernement américain rend public plusieurs milliers de documents concernant les violations de droit de l’homme au Chili entre 1973 et 1978 (juin).

2000 – Augusto Pinochet est de retour au Chili (mars). La cour suprême lève son immunité parlementaire (août). L’ancien dictateur est notamment poursuivi pour son implication dans l’affaire de la « caravane de la mort » qui avait conduit à la liquidation de 72 opposants dans le nord du Chili en 1973.

Les États-Unis relance l’enquête sur l’assassinat d’Orlando Letellier, (ancien ministre des Affaires étrangères du président Allende) en 1976 à Washington.

L’armée chilienne reconnaît l’existence des « disparus » (août) et admet que des centaines de corps ont été jetés à la mer, mais elle refuse que l’on remette en cause la « loi » d’amnistie de 1978.


La justice chienne, comme le gouvernement et l’opinion publique, est en charge de l ’« affaire Pinochet », petite à petit des parties occultées de l’histoire chilienne reviennent à la surface. Il en est de même pour celui qui avait pris dans les années 1990 l’allure d’un bon grand père et jouissant d’une popularité certaine jusqu’à son arrestation… En creusant dans sa biographie, on s’aperçoit que celui à qui Salvador Allende avait accordé sa confiance en le nommant chef des armées (trois semaines avant le putsch) avait commencé sa carrière en 1947 comme directeur du camp de concentration de Pisagua, au nord du Chili. Ce camp servait à y enfermer les communistes déclarés hors la loi par le gouvernement chilien.

Pinochet est inculpé par le juge Juan Guzman (11 décembre). Il est accusé d’avoir commandité l'enlèvement de 18 personnes encore aujourd'hui disparues et d'homicide pour 55 autres, toutes happées par la « Caravane de la mort » destinée à éliminer les opposants peu après le coup d'Etat du 11 septembre 1973 contre Salvador Allende.

2001 – Le président Lagos réaffirme son opposition à une loi du « point final » mettant fin aux poursuites judiciaires contre les militaires accusés de violations des droits de l’homme au Chili.

L’armée livre des informations concernant le sort de 180 disparus : 130 ont été jetés en haute mer, 20 autres sont enterrés dans une fosse commune.

Le juge Guzman affirme dans un entretien publié dans Le Monde subir des pressions, voire des menaces et met en cause des membres du gouvernement sans les nommer. Il interroge Augusto Pinochet sur des crimes commis pendant ses dix-sept années au pouvoir (janvier).

Henry Kissinger, impliqué dans la création du plan «  Condor  », est invité, lors d'un séjour en France, à comparaître au palais de justice comme témoin dans l'affaire de la disparition de cinq Français au Chili. Le lendemain, il quitte précipitamment la France sans répondre à la demande de la justice française.

La cour d'appel de Santiago suspend les poursuites contre l'ex-dictateur Pinochet en raison de son état de santé mentale (juillet). Les avocats des parties victimes ont fait appel…

2002 - La visite à Londres d'Henry Kissinger à Londres le 24 avril a suscité deux commissions rogatoires, l'une du juge espagnol Baltasar Garzon, l'autre de la juge française Anne-Sophie Chateau. Les deux magistrats souhaitaient profiter de l'escapade londonienne de l'ancien diplomate américain pour l'interroger sur ce qu'il sait des crimes d'Augusto Pinochet. Garzon demandait à l'entendre dans le cadre de son enquête sur l'"opération Condor", un complot concerté entre les anciennes dictatures militaires du Brésil, du Chili, de l'Argentine, de la Bolivie, du Paraguay et de l'Uruguay pour poursuivre et éliminer leurs opposants. Anne-Sophie Chateau, quant à elle, enquête sur la disparition de cinq Français au Chili durant la dictature.(avril) À l'avenir, Henry Kissinger va certainement éviter de se rendre en Europe...

La justice chilienne clôt définitivement toute procédure judiciaire contre l'ancien dictateur en raison de l'état de « démence » dans lequel se trouverait Augusto Pinochet selon des experts. Il faisait l'objet de plus de 300 plaintes pour crime commis pendant la dictature militaire.

En démissionnant de son poste de sénateur à vie (occupé depuis 1998), Augusto Pinochet quitte définitivement la vie politique (juillet). Il perd son immunité parlementaire, mais jouira de celle accordée aux anciens présidents comme le prévoit la constitution chilienne héritée de la dictature.

Pour la première fois, la justice chilienne a condamné d'anciens membres de l'armée (août). Douze anciens généraux ont été reconnus coupables du meurtre du leader syndical opposé à la dictature, Tucapel Jimenez, dont le corps avait été retrouvé égorgé et criblé de balles le 25 février 1982. Les peines infligées aux ex-généraux vont de dix-huit mois à la prison à vie pour le major en retraite Carlos Herrera, identifié comme l'auteur du crime.

2003 - La Cours d’appel de Santiago refuse la levée de l'immunité du général Pinochet (août). La Cour suprême du Chili a rejete un recours demandant la levée de l'immunité de l'ex-dictateur Augusto Pinochet (octobre) qui aurait permis de le juger pour la disparition de 10 dirigeants du Parti communiste chilien (PCC). Le général Pinochet, contre lequel plus de 300 plaintes ont été présentées au Chili, devrait profiter d'une fin de vie tranquille.

2004 - La Cour d'appel de Santiago a décidé de lever l'immunité de l'ex-dictateur Augusto Pinochet pour ses responsabilités dans l'« Opération Condor », un plan conjoint des dictatures sud-américaines des années 1970 pour éliminer leurs opposants (mai). La Cour suprême lève l'immunité d'Augusto Pinochet. Il pourra être poursuivi pour ses milliers de victimes, mais aussi pour corruption, enrichissement illicite et fraude fiscale (août). La chambre pénale de la Cour suprême du Chili a décrété inapplicable la loi d’amnistie pour certains crimes commis sous la dictature militaire entre 1973 et 1978. Il s'agit notamment des cas de détenus disparus et dont le corps reste introuvable. Une première dans l’histoire judiciaire chilienne ! (novembre).

Dans un acte historique, le président chilien Ricardo Lagos a reconnu pour la première fois, la responsabilité de l’État dans les violations des droits de l’homme sous le régime militaire. Cette reconnaissance ouvre la voie à l'indemnisation des quelques 37 000 victimes reconnues (novembre 2004). Selon les associations d'anciens prosonniers, ce chiffre ne représenterait que 10 % des victimes d'exactions sous la dictature.

2005 - Les victimes de la dictature du général chilien Augusto Pinochet seront indemnisées par les comptes secrets de l'ex-dictateur. En échange, la justice espagnole a suspendu ses poursuites contre la banque Riggs qui gérait les compte de Pinochet.

Paul Schaefer, ex-caporal nazi et fugitif très recherché a été arrêté en Argentine. Il avait été condamné pour pédophilie et actes de torture sous le régime de Pinochet au Chili (mars).

La cour d'appel de Santiago a ordonné, le 6 juillet, la levée de l'immunité de l'ex-dictateur chilien, ouvrant la voie à son jugement dans une affaire qui concerne la mort de 119 opposants. M. Pinochet est également poursuivi pour fraude fiscale.

La Cour suprême du Chili ordonne la relaxe d'Augusto Pinochet dans le cadre de la procédure judiciaire sur l'Opération Condor, plan concerté des dictatures sud-américaines en vue d'éliminer leurs opposants au milieu des années 1970. C'est la troisième fois qu'Augusto Pinochet, 89 ans, échappe à un procès en raison de sa santé (septembre 2005). L'ex-dictateur est assigné à résidence pour l'affaire de ses comptes secrets à l'étranger. De nouvelles expertises médicales l'estiment apte à affronter un procès (décembre 2005).

2006 : Le général Pinochet est inculpé pour les crimes de la villa Grimadi à Santiago (octobre). Il est aussi accusé d'avoir transféré plusieurs tonnes d'or dans un banque de Hong Hong. Augusto Pinochet est mort sans avoir été jugé (10 décembre 2006).

2007 : La veuve et les cinq enfants de Pinochet ont été arrêtés, ainsi que d'anciens collaborateurs du dictateur (1973-1990). « Le clan Pinochet » a été inculpé pour détournement de fonds, accusé d'avoir placé plus de 20 millions de dollars sur des comptes secrets, entre 1980 et 2004. (octobre)


Bibliographie

La procédure contre l'ancien dictateur

La Folie de Pinochet : les réactions d'un écrivain chilien en exil

Exorciser la terreur : L'incroyable et interminable procès du général Augusto Pinochet

Mémoires : Le juge de Pinochet parle

L'Affaire Pinochet : De l'arrestation de l'ex-dictateur en 1998, à son impunité proclamée, tout le détail des procédures (par Jac Forton)

Le dossier Pinochet par Rémi Bellon et Dominique Rizet

Pinochet face à la justice espagnole

Lettre ouverte à Pinochet : une lettre écrite alors qu'Augusto Pinochet est retenu à Londres, empreinte d'espoir de justice et de démocratie (par Marco Antonio de la Parra)

Son départ de la scène politique

Pinochet s'en va... : une étude de la période de transition à la démocratie (par Bruno Patino)

La mémoire de la dictature

Pinochet, Un dictateur modèle : le coup d'État, la dictature, l'impunité...

11 septembre 1973 : Trente ans après

Santiago-Paris : Le vol de la mémoire (sous-titre)  : Une mère et sa fille décrivent, chacune leur tour, l'histoire d'un pays ambivalent et déchiré  : le Chili (par Carmen Castillo et Mónica Echevarría)

La Mort lente des disparus au Chili : Sous la négociation civils-militaires (1973-2002) (sous-titre)  : un quart de siècle d'une histoire douloureuse du Chili à travers le drame des « disparus » et le souvenir de leur famille (par Antonia García Castro).

Prisonnier n°19 : la chronique de deux ans de prison sous la dictature Pinochet au Chili et une réflexion sur l'histoire récente du Chili (par Claude Levy)

20 ans de résistance et de lutte contre l'impunité au Chili
par Jac Forton

Chili : Les routes de la mémoire : Les lieux de mémoire de la répression du régime de Pinochet à travers le regard d'un reporter photographe (par Patrick Zachmann)


Des chrétiens face à la dictature : Le témoignage d'un prêtre français confronté à la dictature du général Pinochet (par Jean-Baptiste Beraud)

Femmes et Dictature, Être chilienne sous Pinochet : le témoignage de cinq femmes chiliennes recueillis et présentés par Catherine Blaya.

Les années Condor : Comment Pinochet et ses alliés ont propagé le terrorisme sur trois continents

Escadrons de la mort, l'école française

L'ancien dictateur Augusto Pinochet est mort sans avoir été jugé (10 décembre 2006)

Ejuris.org, revue de l'actualité juridique française publie un dossier sur les aspects juridiques de l'affaire Pinochet (fr.).

Ministère chilien de la justice (esp.).

Punto Final, un journal chilien de lutte pour la poursuite contre Pinochet (esp.).

Chili  : Indemnisation pour les victimes de la dictature

La peine de mort dans le monde (début 2000) : le Chili un des derniers non abolitionnistes d'Amérique latine.

Un site pour se souvenir et continuer le combat (esp.- angl.).

L’Association de lutte contre la torture (esp.).

Le mur extérieur de la sinistre villa Grimaldi.

Le site de la Villa Grimaldi (esp.).


Le mémorial des « disparus » chiliens : une liste et une page racontant la vie de chaque disparu, pour ne pas oublier (esp.).

L'espace ambiguë des disparitions politiques (article très théorique, pour aller plus loin…) par Daniel Hermant.


Augusto Pinochet en 2001.


Le dossier Pinochet d’Amnistia (fr.)

Des victimes du général (dossier du journal espagnol El Pais) (esp.).


En prison, les laissé pour-compte de la réconciliation, par Gérard Delteil, le Monde Diplomatique, janvier 1999 (à lire sur le site du journal).

Derechos Chile, une revue (esp.-angl.) sur les droits de homme au Chili.


Henry Kissinger, le secrétaire d'État américain à l'époque du putsch du général Pinochet.

Les crimes de guerre de M. Henry Kissinger (fr.) par Ibrahim Warde, Le Monde Diplomatique, octobre 2001.


Le droit des femmes au Chili (Fraternet, septembre 1999)

 
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