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Le Chili a-t-il des amis ?

Le Chili est une étroite bande de terre coincée entre la cordillère des Andes et l’océan Pacifique. Au nord, un désert particulièrement aride (l'Atacama), sépare le Chili du Pérou, tandis qu’au sud, on s’enfonce dans des forêts inhabitées qui à l’extrême sud laisse la place aux glaciers. Le Chili central (Santiago la capitale et son port Valparaiso) où vivent les deux tiers de la population, apparaît comme une île, en relation avec d’autres îlots, les villes de Conception, au sud ou Antofagasta, au nord… Le Chili n’a pas de voisins, il tourne le dos à l’Argentine et regarde vers l’Océan en rêvant d’appartenir au « premier monde », comme l’Australie autre pays « isolé » de l’hémisphère sud.

Les rêves de grandeur et de puissance. En 1883, ses armées ont repoussé les frontières du Chili de 888 km vers le nord. Victorieuse dans la guerre du Pacifique, l’armée chilienne, instruite à l’école prussienne, s’est toujours déclarée invaincue. Récemment, elle a même su imposer ses règles pour le retour à la démocratie après avoir confisqué le pouvoir pendant plus de 16 années. Dans les années 1990, le Chili a lancé dans un plan de modernisation de son armement qui va à l’encontre de la tendance au désarmement régional.

Le Chili se veut bi-océanique et bi-continental, en cela il s’est toujours heurté à l’Argentine. Il contrôle le canal de Magellan qui fait communiquer les deux océans Atlantique et Pacifique en évitant le cap Horn. Comme si une menace pouvait venir de ces confins battus par des vents glacés, le Chili a toujours concentré une bonne partie de ses effectifs militaires à Punta Arenas, la ville sentinelle d’un détroit qui a perdu toute son importance depuis que les Américains ont percé le canal de Panama. Pour les Chiliens, la pointe sud du continent n’est pas pour une frontière. Le Chili se représente comme un État à cheval sur deux continents l’Amérique et l’Antarctique dont il revendique une partie du territoire.

Le Pacifique comme « nouvelle frontière ». Le Chili a été le premier (dès 1952) à revendiquer une zone économique exclusive de 200 milles marins au large de ses côtes. Comme il contrôle quelques îles situées à plusieurs milliers de kilomètres, cette règle (contestée par certains États) lui confère un espace maritime considérable qui déborde sur la Polynésie. Le Chili est le troisième pays du monde pour l’importance de sa pêche. Surtout, le Chili s’est cherché des partenaires et trouvé des marchés dans le bassin Pacifique, en particulier l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Cette appartenance à l’espace Pacifique a été consacrée par son intégration en 1994 dans l’APEC (Conférence économique de l’Asie Pacifique), une sorte d’OCDE du Pacifique aux objectifs floues dont le Chili s’enorgueillit d’avoir été le premier membre sud-américain. Une adhésion qui fut parrainée par les États-Unis. Mais, à la fin des années 1990, c’est d’Asie qu’est venu la récession économique.

Le tropisme nord américain. Le Chili ne s’est jamais senti à l’aise en Amérique du Sud et a eu toujours tendance à snober ses voisins. Dès 1974, le Chili quitte le Pacte andin qu’il avait contribué à fonder avec ses voisins du Nord, cinq ans plus tôt. Devenu le mouton noir du sous-continent en raison du caractère répressif de son régime militaire, l’axe de la diplomatie chilienne sera d’établir un axe de relations privilégiées avec Washington. Le coup d’État du général Pinochet en 1973 a été financé et organisé par le gouvernement Nixon, en particulier son secrétaire d’État Henry Kissinger. Au même titre que l’Afrique du Sud, autre extrémité, dirigée par une élite socio-économique cohabitant mal avec le reste du continent, le Chili endosse le rôle de « défenseur d’un occident chrétien » presque seul contre tous, si ce n’est les soutiens de Washington et du Vatican.
Avec les années 1980, l’administration Reagan offrira au Chili une autre image venant compléter l’ancienne : celle d’avant-garde d’une révolution ultra libérale. Ainsi le « croisé de l’Occident » devient, en outre, un « modèle économique ». Les « Chicago boys » prennent en charge l’économie chilienne et en quelques années de croissance spectaculaire dont ne profite qu’une partie de la population, font du Chili le « jaguar de l’Amérique du Sud ». Par question alors de participer aux projets d’intégration régionale. Il décline, en 1991, l’invitation, à se joindre à l’Argentine et au Brésil dans le Mercosur (marché commun du sud du continent). L’ambition du Chili est d’intégrer l’Alena (le marché commun nord-américain), autrement dit le « premier monde ». Finalement le Chili signera, en 1996, des accords de libre-échange avec le Mexique et le Canada (deux de ses membres), mais en 1997 Bill Clinton devra trahir sa promesse d’une intégration rapide dans l’Alena en raison d’un refus du Congrès.
Malgré son implication dans le putsch de Pinochet en 1973, le gouvernement américain participe aujourd’hui à la dénonciation des violations des droits de l’homme pendant les années noires.

L’Amérique du sud tout de même. Face à cette déconvenue, le Chili esquisse un rapprochement avec l’Argentine (1998), le dernier litige frontalier est résolu. Le Chili sollicite même un statut de membre associé au Mercosur (dont il deviendra membre en décembre 2000). Avec la démocratie, les Européens sont de retour, l’Espagne est désormais son troisième partenaire économique après les Etats-Unis et le Canada.
Mais, en décembre 1998, voilà que le général Pinochet de passage à Londres est arrêté par la justice britannique sur demande d’un juge espagnol. Le Chili se retrouve seul contre tous… ou presque, car les seuls à comprendre les demandes de libération de Pinochet formulées par le président chilien sont ses homologues sud-américains, en particulier argentin. Mêlant susceptibilité nationale et volonté de recherche de la vérité sur les années noires, tous les pays de la région sont aujourd’hui dans la même situation. Parmi les principaux dossiers figure l’opération « Condor », cette coopération entre les police chilienne, argentine, uruguayenne, paraguayenne, bolivienne et brésilienne contre la « subversion ». Cette opération est à l’origine de nombreuses plaintes émanant de plusieurs pays européens, notamment l’Espagne et la France. En 1999, le Chili a connu sa première récession économique depuis 15 ans, contrecoup de la crise asiatique, ce qui l'ammené à se raprocher du Mercosur.

Confronté à la crise Argentine, le Chili se félicite d'être resté fidèle à « sa diplomatie multipolaire, qui ne le fait dépendre d'aucun bloc, comme le Mexique qui réalise 90 % de son commerce avec les États-Unis et s'enrhume dès que son voisin tousse. Santiago a conclu, fin avril, un accord avec l'Union européenne qui prévoit l'instauration d'une zone de libre-échange portant sur tous les secteurs, notamment l'industrie, la pêche et l'agriculture. S'il appartient au regroupement régional de Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) et est membre associé du Mercosur (le marché régional du cône Sud), le Chili devrait, après avoir conclu des accords identiques avec le Canada et le Mexique en finaliser un avec les Etats-Unis. Il sera ainsi l'unique pays sud-américain à disposer d'un accord de libre-échange avec les Etats-Unis. » (extrait d'un aricle d'Alain Abellard, Le Monde, 15 octobre 2002)

BT


Le Chili et ses voisins.

Une carte sur le site de Lonely planet.

Le cap Horn (cabo de Hornos) entre l'Atlantique et la Pacifique.

La présence maritime du Chili

Un pied en Antarctique

Le site de l’APEC (en anglais).

l'APEC (fr.) : cartographie de Sciences Po.


L'APEC : carte japonaise.

Les acteurs du coup d'État de 1973 contre le président Allende : Henry Kissinger, le grand ordonnateur et Augusto Pinochet, le bras armé.

L'ALENA (NAFTA, en anglais) : carte.

Intégration latino-américaine : Washington manœuvre contre le Mercosur, par Ricardo Seitenfus, le Monde diplomatique février 1998 (à lire sur le site du journal).

Une carte de l'Amérique du Sud

La négociation pour la construction d'un marché unique, la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), amorcée à Miami par 34 pays à l'exception de Cuba en 1994, a été confirmée à Santiago du Chili en 1998. Elle devrait être achevée en 2005.
ZLETA : Free-Trade Area of the Americas (FTAA) en anglais, Area de Libre Comercio de las Américas (ALCA) en espagnol.

Vers le plus grand espace économique du monde, intégration à marche forcée pour les Amériques, par Janette Habel, le Monde Diplomatique, octobre 2000 (à lire sur le site du journal).




Le Mercosur : les pays membres (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), les pays associés (Chili et Bolovie), un pays candidat (Venezuela).

 
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