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  Croatie
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La mort de Franjo Tudjman en 1999 et la chute de son régime corrompu et peu respectueux des droits de l’homme, en janvier 2000, a redonné à la Croatie le visage d’un État de droit.

La plupart des reproches qui étaient fait à la Croatie : manque de liberté d’expression, brutalités des forces de l’ordre, absence de droit du retour pour les Serbes chassés en 1995 lors de l'opération « Tempête », mauvaise collaboration avec le TPIY… sont en voie de se régler, voire n’ont plus cours. En avril 2001, la Commission des droits de l’homme de l’ONU a décidé de mettre fin au « monitoring » sur les droits de l’homme en Croatie. Le retour au pouvoir du HDZ en 2004 ne semble pas devoir entrainer le pays dans la situation des années 1990, néanmoins le respect des droits et liberté s'est dégradé au cours de l'année 2005 en Croatie.

La liquidation des années noires

À propos de l’accusation de manque de coopération avec le TPIY, on notera tout de même que la Croatie a envoyé des criminels croates se faire juger à La Haye bien avant que Belgrade n’accepte même de l’envisager.

Il a toutefois fallu attendre février 2001 pour qu’un officier de l’armée croate (et non plus seulement des miliciens croates de Bosnie) soit mis en cause : le premier à l’avoir été est le jeune général à la retraire, Mirko Norac, couvert de médailles militaires par le président Tudjman. Par les uns, il est considéré comme un héros de la libération du territoire en 1995, par d’autre il est vu comme un criminel de guerre qui a déshonoré son pays. Il est soupçonné d’avoir participé à l’exécution de plusieurs dizaines de civils serbes à Gospic et à Perusic en 1991.

Son également mis en cause, ceux dans l’entourage de l’ancien président Tudjman et au sein des service secrets (SZUP) qui ont œuvré à protéger les criminels de guerre

Pour le président Mesic, les procès des criminels de guerre permettront d’éviter la culpabilisation de toute une nation. On se souvient que la plupart des hauts dignitaires du régime oustachis d’Ante Pavelic avaient échappé à la justice. Comme dans les années 1940, l’extrême droite croate tente tout (y compris menaces et attentats) pour faire échouer cette épuration. Elle à réussi à persuader une large partie des citoyens croates que « le TPI est un ennemi de l’existence de la Croatie » alors que les généraux croates sont présenté comme « les garants du maintien de notre pays ».

Le 20 septembre 2001, le gouvernement a donné son feu vert à l’ouverture des procès contre les crimes de guerre commis en Croatie pendant et après la Deuxième guerre mondiale. Les crimes commis par les partisans n’avaient pas été sanctionnés. Jusqu’à l’année 1990, ils étaient considérés comme des « crimes justifiés ».

La sanction de tous les crimes, la restitution de la propriété et l’adoption d’une loi constitutionnelle sur les droits des minorités (qui est en élaboration) sont des conditions principales pour l’adhésion croate à l’UE c’est-à-dire pour la séparation politique de la Croatie des Balkans.

L'Affaire des « Dossiers secrets »

En novembre 2001, le Ministère de l’Intérieur a « ouvert » 650 dossiers constitués par le SZUP (Service de la protection de l’ordre constitutionnel) depuis l’indépendance de la Croatie jusqu’au 3 janvier 2000 et les a rendus accessibles aux personnes concernées. Sur les 650 dossiers, 120 sont relatifs à des journalistes surveillés par le SZUP.
Le ministre de l’Intérieur a d’abord affirmé que les dossiers devraient être détruits après consultation. Mais, à la suite de protestations, notamment des journalistes (qui auraient besoin de leurs dossiers pour éventuellement porter plainte contre les anciens chefs du SZP et du Ministère de l’Intérieur), la porte-parole du Ministère, Mme Zinka Bardic a déclaré que « le Ministère de l’Intérieur respectera la volonté des personnes qui étaient sous écoutes ou suivies; c’est à chaque individu de décider si son dossier sera détruit au non ».
Le 13 novembre, l’ancien chef du HIS (Service de renseignements croate), M. Miroslav Separovic a donné une déclaration à la TV nationale où il a affirmé que, à l’époque du HDZ, les services secrets écoutaient des conversations téléphoniques des hommes politiques de l’opposition, de certains hommes politiques au pouvoir, des journalistes et des intellectuels indépendants. (d'après la revue de presse de l'ambassade de France à Zagreb).


Actualité

En instance de jugement pour des crimes de guerre commis contre des civils serbes le général croate Branimir Glavas a été remis en liberté en janvier 2008 par le tribunal de Zagreb. Ce dissident du HDZ a été élu député de son nouveau parti, le HDSSB, et bénéficie, à ce titre, de l'immunité parlementaire.

L'affaire Gotovina

Un dossier de presse sur l'Affaire Gotovina : ce général croate recherché par le TPI est aussi un ancien de la Légion étrangère, condamné en France pour braquage, prise d’otage et extorsion de fonds. Ce proche de Jean-Marie Le Pen jouit d'étranges protections tant à Paris qu'à Zagreb... Ce dossier a, un temps, bloqué le dossier de candidature de la Croatie à l'UE (Le Courrier des Balkans).

Introuvable depuis 2001, le général Gotovina a été arrêté en Espagne en décembre 2005.

La Croatie dix ans après « Tempête » : « guerre patriotique »ou « entreprise criminelle concertée » ? : Dix ans après, il n’est toujours pas facile d’envisager un débat ouvert et serein en Croatie sur l’opération « Tempête » d’août 1995 et les crimes de guerre. L’opinion publique n’a pas d’états d’âme pour célébrer l’événement comme une victoire et communier dans le culte de la « guerre patriotique ». L’acte d’accusation d’Ante Gotovina évoque pourtant une
« entreprise criminelle concertée » (Le Courrier des Balkans)

Droits de la personne en Croatie  : la grande déprime : En Croatie, le bilan 2005 de la défense des droits de l’homme ne satisfait
pas le Feral Tribune. L’hebdomadaire de Split se fend d’un billet désabusé sur la situation. Complaisance nationaliste, justice trop lente et sélective, situation sociale en berne et ONG en léthargie : le Feral n’épargne pas grand monde (Janvier 2006, un article de Freal Tribune, traduit par le Courrier des Balkans).

 
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