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Les Croates sont catholiques dans leur immense majorité, c’est même le seul critère (au XXe siècle) qui a permis aux Croates de se distinguer des autres slaves de langue serbo-croates, les autres étant orthodoxes (les Serbes) ou musulmans.

La répartition des religions lors du recensement de 1991 (le dernier de l’ancienne Yougoslavie) en république de Croatie : catholiques 76,5 %, orthodoxes 11,1 %, musulmans 1,2 %, protestants 0,4 %, non-croyants 3,9 %, divers 6,9 %. On peut aujourd’hui signaler la diminution du nombre d’orthodoxes en raison du départ de nombreux réfugiés Serbes de Krajina où de Slavonie orientale : leur proportion devrait se situer autour de 6 à 8 %.

L’Église catholique a incarné la conscience croate y compris les parts d’ombre de son histoire. Tous ses biens ont été confisqué au moment de la mise en place du système communiste. Un accord entre la Yougoslavie et le Vatican en 1966 lui a rendu une certaine liberté d’action. C'est le régime de Franjo Tudjman qui en a fait le culte privilégié de la Croatie aux mépris du droit des minorités religieuses : réintroduction de l'éducation religieuse à l'école et exemption fiscale en vertu d'un concordat que le gouvernement Racan souhaite remettre en cause. Les relations entre l'État et l'Église sont franchement mauvaises depuis janvier 2000 (date de l'arrivée au pouvoir de l'opposition démocratique au pouvoir du président Tudjman).

Une bonne partie du clergé milite pour l'extrême droite, notamment pour le HDZ et critique la collaboration du gouvernement avec le TPI. Josip Bozanic, l'archevêque de Zagreb, fait figure d'exception par son discours modéré. Il n'est soutenu que par le clergé des régions libérales (îles du nord de la Dalmatie, de Rijeka et de l’Istrie). La plus forte opposition lui vient des archevêques dalmates, ceux de Split-Makarska, particulièrement conservateurs, de Gospic-Senj, et de l’ordinariat militaire. L'Église catholique, très influente dans les campagnes, a fait un tel travail de sape à l'égard du gouvernement Racan que l'Union européenne a demandé au Vatican d'intervenir (novembre 2001). En novembre 2003, l'Église, en particulier le bas clergé, en prenant ouvertement parti pour la droite nationaliste a fortement contribué à la victoire électorale du HDZ. En 2006, des cas de pédophilie à l’intérieur de l’Église croate ainsi que des scandales de corruption ont secoué l’Église.

« Plusieurs évêques croates ont profité des célébrations du 15 août 2007 pour lancer des messages controversés : Tito aurait été pire qu’Hitler, et les médias actuels croates seraient dirigés par Satan... La charge en règle lancée par l’épiscopat catholique touche aussi le TPI, l’Union européenne et les autres institutions internationales. Elle traduit surtout une perte réelle d’influence de l’Église, secouée par de nombreux scandales que les médias n’hésitent plus à évoquer. » (Le Courrier des Balkans, septembre 2007)

Le principal problème reste la réévaluation du rôle de l'Église durant la seconde guerre mondiale. En cela, elle n’est pas aidée par le Vatican qui reste figé dans son attitude depuis plus d’un demi-siècle.


Les années noires de la seconde guerre mondiale

Le catholicisme reste aux yeux de beaucoup marqué par sa collaboration avec le régime pro-nazi d’Ante Pavelic. Une partie notoire de la hiérarchie catholique n’a toujours pas fait d’examen de conscience poussée de cette période. Pour avoir été persécuté par les autorités communistes, le cardinal Alojzije Stepinac (il a fait 4 ans de prison, puis a terminé sa vie en résidence surveillé dans son village natal en 1960) a été béatifié par Jean Paul II en 1998. C’était le primat de l’Église croate pendant la seconde guerre mondiale, il a encouragé la création de l’État croate oustachi en avril 1941. Cet État dont les habitants orthodoxes, juifs et tziganes ont été dès le 30 juin 1941 déchus de leur citoyenneté et pour beaucoup envoyés dans des camps où ils ont été exterminé par centaines de milliers (les premiers camps, dont Jasenovac, ont été ouverts dès l’été 1941). Si Mgr Stepinac a pris ses distances avec le régime et aidé au sauvetage de nombreux juifs, il n’y a jamais eu de véritable rupture entre les autorités et l’église catholique. Mgr Marcone, le légat du pape est resté à son poste à Zagreb, jusqu’en 1945. Si Mgr Stepinac n’a pas été le collaborateur zélé du génocide comme on a pu le dire lors de son procès, la béatification du chef de l’église croate des années noires du nazisme a paru a beaucoup comme une provocation du Vatican. Il avait été réhabilité en 1992 par le Parlement Croate. Son tombeau dans la cathédrale de Zagreb est un lieu de pèlerinage.

Le Vatican est toujours resté cohérent dans sa politique croate. C’est à Rome qu’Ante Pavelic a trouvé refuge en 1945 avant du fuir en Argentine avec l’aide du Vatican, pour échapper à la justice. Il a terminé sa vie en Espagne sous la protection du clergé espagnol en 1959.


L’église et l’État

Le 19 décembre 1996, la Croatie a signé un accord avec l'Église catholique, lui reconnaissant une personnalité juridique. L'accord reconnaît également la validité civile du mariage catholique, des contrats d'enseignements ainsi que la rétribution d'aumôniers dans les armées et la police.

Le concordat signé en 1998 entre le Saint-Siège et la Croatie oblige la Croatie à restituer l’immobilier confisqué à l’Eglise à l’époque de l’ex-Yougoslavie ou d’indemniser l’Église lorsque les bâtiments ne peuvent pas être restitués. À partir de 2000, la Croatie aurait dû verser une indemnité à l’Église selon un rythme trimestriel. Mais rien n’a été fait.

Le 18 mai 1999, un accord a été signé entre le gouvernement croate et la Conférence épiscopale. La Croatie prendra en charge les dépenses de fonctionnement du clergé catholique. Ces dispositions commencent à être remises en cause par le gouvernement.

Après des mois de luttes et de polémiques, l’Église catholique croate a fini par remporter la victoire : en juillet 2013, la Cour constitutionnelle a interdit l’enseignement de l’éducation sexuelle à l’école. Une décision qui marque, pour certains observateurs, le retour sur le devant de la scène des milieux les plus conservateurs de la société croate. (source : Courrier des Balkans)

Les ordres religieux

« Il existe trois ordres catholiques importants en Croatie : franciscain, jésuite et dominicain. Le premier, particulièrement divers et hétérogène, est composé de quatre grandes familles. Son influence parmi les fidèles est plus forte que celle des dirigeants de l’Eglise. Une enclave herzégovinienne à Dubrava de Zagreb a une situation spéciale et est considérée comme la plus radicale d’un point de vue politique. Les dominicains forment un ordre ancien et réputé. C’est un groupe très varié, formé d’intellectuels, tel l’académicien Franjo Sanjek, mais aussi de moines très politisés : Frano Prcela, auteur d’une lettre ouverte au Président S.Mesic, ou Vjekoslav Lasic, connu par ses messes en l’honneur d’Ante Pavelic et pour avoir participé à la manifestation du 9 mai 1997 sur la Place des victimes du fascisme (contre cette appellation de la place et alors qu’un autre prêtre, Luka Vincetic, manifestait dans le camp opposé). Le cardinal F.Kuharic s’est distancé de ses déclarations publiques. L’ordre le plus intellectuel est celui des jésuites, auquel on accède en étant à la fois diplômé de la Faculté de théologie et d’une autre Faculté. Les jésuites ont leur propre Faculté, un Institut, une riche bibliothèque. Leur formation les rend utiles à la hiérarchie ecclésiastique, mais elle s’en méfie aussi et évite de les nommer aux postes les plus élevés. Tonci Trstenjak, rédacteur du programme religieux de la HRT, est le jésuite le plus connu. Mais les dirigeants de Kaptol sont mécontents de son ton souvent critique à leur égard. Ils ont essayé de lui faire perdre sa fonction, en vain (…)
J.Bozanic se heurte à une forte opposition d’une partie du bas clergé qui n’arrive pas à se consoler du départ du HDZ du pouvoir. » (extrait de la revue de presse de l'ambassade de France à Zagreb, mars 2002)

Intérieur d'Église.

L’Église catholique croate (croat.) : le site de la Conférence épiscopale de Croatie (croat.)

La carte des diocèses

Octobre 2008 - Ivo Sanader invite l’Église croate à se repentir à Jasenovac : le Premier ministre croate, a invité le cardinal de Zagreb, Josip Bozanic, à visiter le camp de concentration de Jasenovac. Une façon pour le chef du parti au pouvoir de pousser les dignitaires de l’Église catholique à condamner officiellement les crimes du régime oustachi que certains membres du clergé avaient à l’époque soutenu. Une attitude politicienne mais courageuse de la part d’Ivo Sanader. (Le Courrier des Balkans)

IKA, L'agence de presse catholique croate (croat.)


Les catholiques orientaux en Croatie

Christ du XVIIIe siècle.



Marija Bistrica (croat.-angl.) le principal lieu de pèlerinage catholique en Croatie.

Alojzije Stepinac (image pieuse)

l'homélie du pape Jean Paul II (angl.), prononcée lors de la béatification du cardinal Alojzije Stepinac (sur le site du Vatican).




Mgr Stepinac et Ante Pavelic

Une hagiographie du cardinal Stepinac (fr.) sur le site du Centre croate d'information (organisme proche de l'extrême droite croate)


Lire : Les Guerres de la vierge par Élisabeth Claverie, une anthropologie des apparitions de la Vierge à Medjugorje (situé en Herzégovine, ce village est centre du plus grand pèlerinage catholique de la région).

 
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