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  Grèce
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La population grecque est à 98 % chrétienne orthodoxe.

L'Église orthodoxe grecque est autocéphale, elle est dirigée par le Saint synode que préside Mgr Christodoulos, archevêque d'Athènes (intronisé en mai 1998). Mais sa juridiction ne s’étend pas à la totalité de l’État grec. Mgr Christopoulos est connu pour ses prises de position à la fois conservatrice et ultranationaliste.

La Crète et le Dodécanèse (rattachés tardivement à la Grèce) comme Chypre et la diaspora grecque sont sous la juridiction du patriarche de Constantinople (comme jadis l’ensemble de la Grèce). Le patriarche (dit œcuménique) de Constantinople est Mgr Bartholomée Ier. Il a, en principe, primauté sur les autres patriarches orthodoxes.

En 2003, un conflit sur la nomination des évêques de Macédoine et de Thrace avait conduit à la rupture entre les deux patriarcats. En juin 2004, un accord, parrainé par le gouvernement Caramanlis, a fini par reconnaître le maintien d'un droit de regard du patriarche de Constantinople sur les évêques de ces deux régions pour lesquelles le partage des rôle n'est pas clairement défini.

L'orthodoxie est « religion dominante » selon l'article 1 de la constitution grecque, laquelle est promulguée « au nom de la simple et indivisible Trinité ». Les années scolaires commencent par une bénédiction. Depuis toujours, des icônes ornent la plupart des administrations publiques...

Le caractère confessionnel de l'État grec s'atténue néanmoins peu à peu :

- Le mariage civil a été reconnu en 1982, il est question aujourd'hui de le rendre obligatoire.

- Pour la première fois en 1998, le Premier ministre n'assistait pas à l'intronisation du chef de l'Église grecque.

- Il existe un projet d'instauration de funérailles civiles, d'un serment civil pour les élus...

- La mention de la religion sur la carte d'identité est supprimée à partir du 1er janvier 2001. Ainsi en a décidé le ministre grec de la Justice. Cette mention provoquait la polémique depuis plusieurs années, le ministre a estimé qu'elle était contraire à une loi sur la protection de l'individu, votée en 1997. La décision est révolutionnaire dans un pays où beaucoup considère que l'identité nationale repose sur l'orthodoxie.

- L'obligation des cours de religion orthodoxe est levée en août 2008.

La popularité de l’église auprès de la population grecque repose sur le souvenir des quatre siècles d’occupation ottomane, pendant lesquels l’église fut le seul conservatoire de la langue et de la culture grecque.

« L'Église orthodoxe grecque a pratiquement le statut d'une Église d'Etat. La Constitution précise que « la religion dominante en Grèce est celle de l'Eglise orthodoxe orientale du Christ ». Les députés doivent prêter serment de fidélité à la patrie et à la démocratie au nom de la « sainte et indissoluble Trinité ». Les popes et tout le personnel de l'Église sont payés sur les fonds publics. L'instruction religieuse est au programme dans toutes les classes et fait l'objet d'une épreuve lors de l'examen de fin d'études. Les autres confessions sont définies comme des « cultes étrangers » et, fait unique en Europe, la religion est encore mentionnée sur la carte d'identité. En 1981, le Pasok (Parti socialiste) avait inscrit la séparation de l'Église et de l'État à son programme, mais il a dû rapidement faire machine arrière. Seule avancée : l'institution d'un mariage civil. Cependant, les couples, qui ont le choix, préfèrent toujours dans leur grande majorité passer devant le pope. En mai 1998, une centaine d'intellectuels avaient signé une pétition pour demander la séparation de l'Église et de l'État. Une tentative là encore sans suite, aussitôt condamnée par le très conservateur chef de l'Église orthodoxe, Mgr Christodoulos. » (L’Express, décembre 1999)

« Mimis Androulakis, auteur d'un livre évoquant
l'hypothèse d'une relation amoureuse entre Jésus et Marie-Madeleine et dénoncé comme "blasphématoire" par l'influente Église orthodoxe, a comparu mardi
devant un tribunal athénien à la suite de plaintes d'intégristes. La cour a mis son jugement en délibéré et doit se prononcer dans les quinze
jours. Les plaignants - le "Mouvement helléno-orthodoxe du salut" (Elkis), le
monastère d'Esphigménou du Mont Athos, haut-lieu de l'orthodoxie interdit aux femmes, et quatre fidèles membres d'Elkis - réclament la condamnation de
l'écrivain et des éditions Kastaniotis, et l'interdiction de ce livre "injurieux, traître, antipédagogique et produit des frustrations sexuelles de son auteur" » (extrait d'une dépêche de l'AFP, 16 mai 2000)

« Dans l'esprit de beaucoup de Grecs, l'Église se confond avec l'Etat et, pis encore, l'orthodoxie se confond avec l'hellénisme. Les petites querelles de clochers prennent des proportions démesurées et finissent par influencer la vie politique du pays. Il arrive ainsi que, aux terrasses des cafés, l'on surprenne des tablées entières discutant avec passion de la nomination d'un évêque et du rôle usurpé ou non du patriarche oecuménique. Que faire pour démêler cet écheveau ? Dans un premier temps l'Etat pourrait peut-être supprimer le serment religieux pour les fonctionnaires et les justiciables, donner une personnalité juridique aux religions minoritaires, permettre aux athées et aux non-orthodoxes d'être enterrés décemment, c'est-à-dire dans les cimetières municipaux, où, aujourd'hui encore, seuls les orthodoxes peuvent être ensevelis. Enfin, il faudra bien un jour supprimer les mentions religieuses incluses dans la Constitution et épargner au président de la République de devoir prêter serment sur la Bible devant le primat de Grèce. Malheureusement, il faudra probablement attendre la prochaine modification de la Constitution pour que ces modifications soient introduites. Une révision qui attendra au moins... 2010. » (extrait d'un article de Thomas Tsatsi et Elizambetta Kazalotti, Eleftherotypia, traduit par Courrier international, juillet 2004)

Bibliographie

Le Patriarcat grec orthodoxe de Constantinople : de l'isolement à l'internationalisation 1923-2003

Le culte des Icônes en Grèce : étude anthropologique centrée sur les Cyclades


sur le Mont Athos

Le Mont Athos

Le Mont Athos : Merveille du christianisme byzantin par André Paléologue

Visages athonites : les visages des moines du Mont Athos

Sourates : méditations et récit de voyage (Patmos, Karnak, Sinaï…)

Païssi le Bulgare : La biographie d'un moine du Mont Athos au XVIIIe siècle

La musique byzantine

Les voix de Byzance (livre+CD)

Le silence des anges : Un panorama (complété par un CD audio) des différentes musiques religieuses du monde orthodoxe

La musique byzantine : le chant ecclésiastique grec, sa notation et sa pratique actuelle


L'archevêque d'Athènes et primat de Grèce, Mgr Iéronymos a été élu en février 2008.

Très modéré, il est partisan d'une moindre intervention de l'Église dans les affaires de l'État. La ligne ultraconservatrice et nationalise de son précesseur (Mgr Christopoulos) est aujourd'hui représentée par l'évêque de salonique, Mgr Athimos.

L'aigle à deux têtes symbole de l'Église grecque

Le site de l'église orthodoxe grecque

Février 2005 : 524 personnalités réclament la séparation de l’Église et de l’État



Ministère de l’Éducation et des Affaires religieuses (gr.-angl.).

Le site du mont Athos, avec des informations (et photos) sur tous les monastères (en anglais).

Occasion perdue pour la laïcité en Grèce : Relancée lors les élections municipales d'octobre 2002, la question des relations entre la Grèce et « son » Église orthodoxe ne cesse de rebondir depuis deux ans. Certes, l'archevêque Christodoulos a perdu la bataille des cartes d'identité : comme l'Union européenne l'exigeait, l'appartenance religieuse n'y figure plus. Mais le Parti socialiste (Pasok) au pouvoir n'a pas mis à profit cette victoire pour avancer vers la séparation de l'Église et de l'État. La réforme constitutionnelle de 2001 en aurait pourtant fourni l'occasion. (par Valia Kamaki, Le Monde diplomatique, décembre 2002)

Bibliographie : Le Patriarcat grec orthodoxe de Constantinople : de l'isolement à l'internationalisation 1923-2003

« Le patriarche Bartholomée porte le titre œcuménique et est considéré par les orthodoxes comme « primus inter pares ». Il est citoyen de la Turquie, mais les pouvoirs turcs refusent de reconnaître son statut œcuménique, le considérant seulement comme chef de la petite communauté grecque d'Istanbul.

Ces dernières années, le patriarche œcuménique est également la cible des attaques des nationalistes turcs exigeant son expulsion en Grèce. Il a besoin du soutien grec en ce moment délicat alors que les négociations pour l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne patinent et que la visite prévue du pape Benoît XVI provoque une réaction négative des nationaliste turcs. De plus,le gouvernement turc a refusé de valider le mois dernier les amendements de la loi de l’éducation religieuse qui auraient permis la réouverture du séminaire de Halki. » (Orthodoxie.com, octobre 2006)

L'ancien primat de Grèce, Mgr Christodoulos, décédé en janvier 2008 était une personnalité controversée de la vie publique grecque, notamment en raison de ses positions conservatrices et ultranationalistes.

 
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