BiblioMonde

  macédonien
Géopolitique de la langue


-vieux slave

-Classification
-Alphabet et phonétique
-Où la parle-t-on ?
-Histoire de la langue
-Géopolitique de la langue

La région a vécu pendant cinq siècles sous domination ottomane, elle a été partagé en août 1913 (traité de Bucarest) entre la Grèce, la Serbie et la Bulgarie. Chaque État s’est ensuite efforcé de «nationaliser» sa part de territoire. dans la partie grecque, les Turcs et les Slaves ont été remplacés par des réfugiés grecs d’Asie mineure. En Bulgarie, après l’expulsion des Grecs et des Turcs, les populations restantes ont accepté l’identité nationale bulgare. Quant à la partie récupérée par la Serbie, elle est simplement appelée Serbie du Sud.

Un contentieux avec la Bulgarie a demeuré longtemps. Les Bulgares considéraient que la langue macédonienne n’étant qu’une variante du bulgare, cette région devait faire partie intégrante de la Bulgarie. C’est ce qui était prévu lors du traité de San Stefano en 1878. Ce traité n’ayant pas été appliqué, la Macédoine du Nord est restée dans l’orbite de la Serbie. Celle-ci n’étant pas parvenue à en faire une simple province serbe, une République fédérée de Macédoine a été créée en 1944 dans le cadre de la Yougoslavie socialiste. L’idée était que Skopje demeurerait fidèle à Belgrade. Il est un fait que cette république n’a pas été à l’origine de la dislocation de la Yougoslavie et qu’elle n’a proclamée son indépendance que quand celle-ci s’est avérée caduque. Sofia a été la première a reconnaître la nouvelle république de Macédoine en 1991, mais attendra... 1999 pour reconnaître l’existence d’une langue macédonienne et d’un peuple macédonien distinct du peuple bulgare et donc de faire officiellement le deuil de toute revendication de ce territoire. Certains mouvements nationalistes bulgares n’ont toujours pas accepté cet état de fait.

Le terme de Macédoine renvoie au royaume grec de Philippe II de Macédoine et d’Alexandre dans l’Antiquité. La république de Macédoine née en 1991 n’a jamais formulé le moindre irrédentisme à l’égard d’une Macédoine où les Slaves sont très minoritaires, mais Athènes a réagit violemment à l’utilisation de ce nom et de ses symboles historiques, en particulier le soleil de dit de Vergina (16 branche jaune sur fond rouge) qui figurait sur le drapeau du nouvel État.

C’est la proximité culturelle entre les Grecs des régions septentrionales de la Grèce et les Macédoniens qui est a l’origine du conflit. Sous la pression de son opinion publique, la Grèce est allé jusqu’à imposer un embargo (1994-1995) sur la jeune république qui dépend du port de Salonique pour son commerce extérieur. Un compromis a fin par être trouvé, le nouvel État est reconnu sous le nom de FYROM (Former yougoslav republic of Macedonia), en français : ex-République yougoslave de Macédoine. Mais cette appellation, utilisée par les instances européennes, est provisoire et peu à peu le nom de République de Macédoine s’impose. En récompense de sa participation à l’invasion de l’Irak, Washington a offert à Skopje en 2004, une reconnaissance sous ce nom. Une centaine de pays on fait de même.

Resterai à trouver une autre solution. République Slavo-macédonienne aurait les faveurs de la Grèce, mais provoquerait un problème géopolitique interne, puisque un tiers de la population de la république de Macédoine n’est pas slave. On a frôlé la guerre civile...
Bruno Teissier

Cette carte diffusée par des nationalistes macédoniens de la diaspora résume les craintes de la Grèce face à l’indépendance d’un État se revendiquant du nom de Macédoine et faisant référence à cette appellation antique pour établir un État nation macédonien.

 
© BiblioMonde.com