BiblioMonde

  Maroc
La diaspora


-Casablanca

-Découvrir le pays
-Visiter le pays
-S'expatrier
-Faire des affaires
-Étudier le pays
-Apprendre la langue
-Aider le pays

-Le nom du pays
-Le territoire
-Les litiges territoriaux
-Les frontières
-La population
-Les langues
-Données historiques
-Religions
-L'État et la religion
-Le type d'État
-Le régime politique
-La monarchie
-Le gouvernement
-Le paysage politique
-Les droits de l'homme
-Le statut des femmes
-L'armée
-Drapeau, emblème, hymne
-Le calendrier des fêtes
-Données économiques
-Les relations extérieures
-La diaspora
-Les médias
-La liberté de presse
-Données culturelles
-Le tourisme
-Les régions touristiques
-La francophonie locale
-Données écologiques

Environ 2 à 2,5 millions de Marocains vivent à l’étranger principalement en France (800 000), en Espagne (250 000), aux Pays-Bas (250 000), en Italie, en Belgique (110 000), en Allemagne (100 000)… mais aussi aux États-Unis (85 000), au Canada (60 000), en Algérie (300 000), en Libye (140 000)... Après l'immigration turque, c'est l'immigration marocaine qui est la plus largement répartie sur le territoire européen entre différents pays. En France, la moitié des Marocains dispose de la double nationalité.

Les étapes de l’émigration-immigration

Contrairement à celle des Algériens, l’émigration marocaine est récente. Elle n’a pris de l’importance que dans les années 1960. En France, c'était l’Organisme national d’immigration qui organisait l’accueil de la main-d’œuvre étrangère. Les premiers émigrants marocains vennaient du Souss, en particulier d’Agadir. Ils étaient embauchés dans les mines du Nord, le bâtiment ou l’industrie automobile où ils étaient affectés aux travaux les plus pénibles.

Au cours de la décennie suivante, les Marocains d’abord arrivés seuls, sont rejoints par leurs épouses et leurs enfants. La communauté marocaine en France est celle qui a le plus profité de la politique de regroupement familial. En vingt ans, elle a décuplé en nombre pour atteindre 500 000 personnes au milieu des années 1980. Les filières clandestines se sont développées à partir de cette époque pour fournir en main d’œuvre la production agricole du Sud-Ouest de la France.

Cette migration n’a jamais été encouragée par les autorités marocaines, en particulier le roi Hassan II dont le discours hostile à l’intégration des Marocains en Europe rejoignait celui du Front national.

La communauté marocaine a fait preuve d’une certaine cohésion, d’abord dans son opposition au roi Hassan II. L’AMF (Association des Marocains en France) a été fondée en 1961 par Mehdi Ben Barka. Le leader socialiste marocain qui fuit enlevé en 1965 par des policiers français sur demande du gouvernement marocain puis exécuté. L’AMF est resté proche de l’USFP. En 1982, en raison d’une divergence sur l’appréciation de la politique du gouvernement marocain à l’égard du Sahara occidental, est née l’ATMF (Association des travailleurs marocains), plus à gauche et qui regroupe plutôt des gens des villes, au niveau d’étude plus élevé. AMF et ATMF sont toujours restées unis dans leur opposition au régime d’Hassan II. Celui-ci a lancé une Amicale des travailleurs et commerçants marocains qui malgré de fortes aides est restée peu influente. Dans les conflits sociaux, les Marocains de l’immigration ont toujours fait preuve d’une grande cohésion syndicale en comparaison aux Algériens plus divisés.

La deuxième génération

Elle fournit aujourd’hui à la France, un certain nombre de cadres et de personnalités comme les comédiens Mustapha Zoheyri qui incarna le premier flic beur au cinéma, Roschdy Zem (né à Gennevilliers en 1965) qui a joué pour Téchiné, Beauvois, Rochant, Chéreau… dans Vivre au paradis, de Bourlem Guerdjou. Il est Lakhdar, travailleur algérien immigré à Nanterre au début des années 60. Pour ce rôle, il a dû réapprendre sa langue arabe maternelle... et bien sûr le comique franco-marocain, Jamel Debbouze, un enfant de Trappes, qui fut révélé par Nulle par ailleurs sur Canal+ en 1997 et qui depuis multiplie les spectacles et les rôles au cinéma. Dans les milieux d’affaires, on peut citer, Mohamed Goulahiane, arrivé en France à l’âge de 9 ans, créateur de l’agence de voyage Safar Tour. Parmi les sportifs : le rugbyman Abdellatif Benazzi… En littérature, l’écrivain franco-marocain Tahar ben Jelloun arrivé en France en 1966 pour y poursuivre ses études. Parmi les peintres : Mehdi Qotbi né à Rabat en 1951, vit et travaille à Paris, où il mène une double carrière de peintre et de lobbyiste politique et culturel en faveur de son pays d'origine, le Maroc. Ses œuvres sont à Beaubourg, au musée d’Art moderne de Paris. Il a créé le Cercle d’amitié franco-marocain.

Appartiennent aussi à la diaspora marocaine tous les juifs marocains, devenu français sous le Protectorat et qui vivent aujourd’hui en France ou en Israël (plusieurs centaines de milliers de personnes aujourd’hui). Parmi eux, on peut citer la chanteuse Sapho, née à Marrakech, les comédiens Richard Anconina, et Patrick Timsit, les écrivains Edmond El Maleh et Paula Darmon… et beaucoup d'autres encore.


Bibliographie


Marocains de France et d'Europe, un numéro de la revue Hommes & migrations


Hospitalité française par Tahar Ben Jelloun, (Le Seuil, 1997) : Une analyse du racisme en France dans les années 1980-1990 et du développement de la lutte antiraciste.

Marocains des deux rives par Zakya Daoud, (L'Atelier, 1997) :Des immigrés marocains vivant en France ont inventé un mode de relation avec leur pays d'origine qui favorise le développement de leur région natale. Ces Marocains des deux rives de la Méditerranée s'inventent une autre manière de vivre l'immigration et jettent un pont fraternel entre les deux continents.

Tu ne traverseras pas le détroit par Salim Jay, (Mille et unes nuits, 2000) : L'auteur donne la parole à ceux qui veulent fuir clandestinement leur pays, le Maroc. Il y mêle des souvenirs autobiographiques, des témoignages de héros anonymes et des propos attribué à Paul Bowles ou à des voyageurs arabes du moyen âge. Ce petit livre à la fois poétique et politique est un plaidoyer pour la libre circulation telle qu'elle existait jadis.

Cannibales par Mahi Binebine (Fayard, 1999) : Sur une plage de Tanger des candidats à l’émigration attendent le passeur. Chacun a une motivation particulière, tous partage la même désespérance (roman)

La mémoire confisquée : Les mineurs marocains dans le Nord de la France


Croyances et valeurs chez les jeunes Maghrébins

Les lycées français du soleil : Creusets cosmopolites du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie : les souvenirs d’enfance d’« anciens élèves » des lycées français des pays du Maghreb


Travailleurs marocains en France, mémoire restituée

Représentation du Maroc et regards croisés franco-marocains

Marocains de l'autre rive : Les immigrés marocains, acteurs du développement durable

La double nationalité en question : une étude sur les naturalisés d'origine marocaine

Le comédien Jamel Debbouze, l'acteur français le mieux payé en 2002

Le beurgeois rebelle (par Gilles Médioni, L'Express, juillet 2002)

Biblio :

Les mots du bled

Le nouveau droit de la famille au Maroc : Essai analytique, le sort des mariages mixtes, les Marocains à l'étranger

Le code marocain de la famille : Incidences au regard du droit international privé en Europe




AMF (association des Marocains de France)

La manne de l’émigration : Les transferts d'argent des MRE constituent la première source de devises pour le Maroc (par Maroc-Hebdo, juillet 2005)


Le tamazigt langue de France

L’amicale des spahis marocains : un ouvrage historique sur ce régiment, aujourd’hui disparu, consultable en ligne.


L’immigration clandestine vers l’Espagne par Abdellah Chankou, Maroc Hebdo mars 2001.

La ruée vers le Canada (fr.) : l’émigration vers le Canada connaît actuellement une vigueur sans précédent. De plus en plus de Marocains, issus notamment de la classe moyenne, s’installent dans ce pays de l’Amérique du nord. Le Maroc, semble-t-il, ne suffit plus à leurs ambitions légitimes. par Abdellah Chankou (Maroc Hebdo juin 2001).

Liens Maroc-Canada

La fédération marocaine du Canada

Les Marocains des Pays-Bas

Une filmographie de Roschdy Zem


Les Maghrébins en Israël (fr.) un article de Shlomo Elbaz dans la Revue Israélienne des arts et des lettres (texte intégral en ligne).

Les Marocains d’Israël : Près d’un million de juifs marocains vivent en Israël. Ils votent plus à droite qu’à gauche. Leur élite fait partie des cercles de décision. Ils sont dirigeants politiques, ministres, députés, rabbins, artistes... Enquête de Abdellatif El Azizi et Taïeb Chadi (Maroc-Hebdo, 28 janvier 2002). Lire aussi : La mémoire brisée.

Les Marocains du Sénégal
Par Bachir Thiam, Maroc-Hebdo, juin 2001.

Redéploiement des flux migratoires marocains (par Abdelali Darif Alaoui, Maroc Hebdo, juillet 2002).

Le site de la chanteuse Sapho

Qui sont ces artistes franco-marocains ? : Ils sont Marocains et clament haut et fort leur appartenance à une France tolérante et à leur attachement à leur pays d’origine (Maroc-Hebdo, mai 2002).

Les anciens de Rabat : Ce site dédié à la ville de Rabat au Maroc et à tous ceux qui y sont nés, ou qui ont habité.

Ces Marocains qui terrorisent le monde : Londres, Madrid, Amsterdam, Riyad, New York… Partout des Islamistes marocains sont impliqués (par Abdellatif Mansour, Maroc-Hebdo, juillet 2005)

La quasi-totalité des associations d'immigrés en Europe (d'obédience de gauche) sont réunies dans une agora baptisée Al Monadara. Leur principale revendication porte sur le droit de voter aux élections marocaines de 2007. (Tel Quel, juillet 2006)

 
© BiblioMonde.com