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  Maroc
Les litiges territoriaux


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Le principal litige territorial est le Sahara Occidental dont le sort reste en suspend depuis un quart de siècle, mais que le Maroc traite comme partie intégrante de son territoire. Les autres contestations territoriales ont aujourd'hui un caractère plus formel, mais peuvent à l'occasion être réactivées.

Le Sahara occidental

Situé sur la côte Atlantique, ce territoire de 266 000 km2 est pauvre et quasi désertique avec comme seules ressources des phosphates et surtout la pêche. Il est bordé au nord par le Maroc, au sud par la Mauritanie et à l'est par l'Algérie.

Ce territoire est une ancienne colonie espagnole que les Marocains considèrent comme leurs « provinces sahariennes », mais que les Nations unies ne veulent pas accorder au Maroc sans avoir vérifié que les populations sahraouies y sont bien favorables. Faute d'un accord sur la liste des votants, le référendum « d’autodétermination » n'a jamais eu lieu.

La décolonisation du Sahara occidental s’est mal réalisée, tardivement et dans une période des plus délicates de la politique intérieure espagnole. C’est le jour de la mort du dictateur Franco, le 20 novembre 1975, que la « Loi de décolonisation du Sahara » qui officialisait l’accord tripartite du 14 novembre a été publiée dans le Bulletin officiel espagnol (BOE). Frustrées d’un « Grand Maroc », les autorités marocaines ont concentré toute leur énergie à la (re-)conquête de ce territoire. Cette politique d’Hassan II avait aussi (et surtout) pour finalité d’occuper l’armée dans un conflit interminable et de limiter les risques de nouvelles tentatives de putsch. La défense de cette « cause sacrée » permettra aussi au monarque d’éclipser les autres problèmes et de mieux asseoir un pouvoir contesté.

Des considérations géopolitiques à plus grande échelle ont compliqué l’affaire. Les rebelles sahraouis (les habitants du Sahara occidental qui ont refusé la tutelle marocaine) ont été soutenus par l’Algérie, laquelle était soutenue par l’URSS, alors que le Maroc était l’alliée des États-Unis... Ce clivage n’a aujourd’hui plus court et une démocratisation du royaume enlèverait tout argument aux adversaires du Maroc, car les méthodes des autorités sahraouies en exils (à Tindouf) et le régime qu’elles seraient susceptibles de mettre en place pourrait valoir celui du Maroc des années de plomb.

Des solutions ? : Un statut d'autonomie définitif dans le cadre du royaume du Maroc. Cette solution proposée depuis 2001 par Rabat, a été refusée par le Front Polisario (le mouvement qui contrôle les camps où vivent quelque 100 000 réfugiés saharaouis, à Tindouf, dans le sud de l'Algérie). En 2003, James Baker, envoyé spécial des Nations unis au Sahara occidental, a proposé un statut d'autonomie dans le cadre du Maroc durant cinq ans, période à l'issue delaquelle aurait lieu un référendum. Le plan Baker a été accepté par le Front Polisario et par Alger, mais rejeté par Rabat. La France appuie Rabat, les États Unis penchent plutôt pour le Plan Baker... En fait, tant que les relations entre Alger et Rabat n'évolueront pas, le conflit du Sahara restera dans l'impasse.

Un pas vers une paix ? : en août 2005, le Front Polisario, qui réclame l'indépendance du Sahara occidental, a remis en liberté les derniers 404 Marocains détenus, certains l'étaient depuis 20 ans.

« Contrairement à ce que pensent les séparatistes de Tindouf, cette libération ne ferme pas définitivement ce dossier.
Car, des violations des droits humains les plus fondamentaux des détenus ont été commises et des crimes de guerre ont été perpétrés à leur encontre. Les tortionnaires du Polisario devront donc répondre de leurs actes ignobles. La responsabilité du pouvoir algérien qui a créé cette entité et qui a encouragé et couvert leurs actes criminels est aussi engagée.
En plus, les Polisariens devront répondre sur les détenus qui ont été exécutés ou qui sont morts sous la torture et dont le nombre est estimé par les ONG internationales à plus de 150 victimes. » (extrait d'un article de Omar DAHBI, Aujourd'hui le Maroc, 19 août 2005)

De leur côté les Saharaouis estiment que le Maroc détient encore plusieurs dizaines des leurs et rapellent les 1500 « disparus » dans les geoles du roi hassan II.

Commentaire d'un spécialiste marocain de la région : « L’erreur commise par l’État central depuis 1956 est d’avoir misé à tort sur des structures centralisées à outrance. Le changement ne sera pas facile mais il reste possible. Il y a lieu de savoir si l’autonomie n’est pas un monstre qui menace les États comme le Maroc. Jamais le Maroc n’a été sur une aussi bonne voie que maintenant. L’approche autonomiste renforce et ne fragilise nullement les structures de l’État. Cette vérité était valable également pour les décennies écoulées. Si le Maroc implique les trois régions du Sud et le Cercle de Sidi Ifni dans la structure autonomiste, il mettra toutes les chances de son côté pour éviter un changement sensible et brutal. Celui-ci ne peut menacer l’État que s’il y a ségrégation, comme c’est le cas actuellement. Il faut avancer dans la voie autonomiste, sachant que la vision qui doit meubler les esprits des décideurs est le long terme. C’est une chance offerte au Maroc pour échapper à l’impasse vers laquelle nous avançons depuis 1956. Je pense que l’État s’est suffisamment préparé, sauf qu’il continue à manigancer des tours pour gagner du temps et acquérir quelques concessions supplémentaires. » (par Mustapha Naïmi, Telquel, janvier 2006)




Une partie du Sahara

Cette autre portion du Sahara est située au sud-est du Maroc. Attribuée à l'Algérie en 1962, le Maroc la considère comme son territoire historique. En accordant l’indépendance au Maroc et à la Tunisie, la France a tenu conserver la majeure partie du Sahara. En 1960, Paris avait même songé à donner l’indépendance à l’Algérie sans le Sahara. Si les indépendances des trois pays du petit Maghreb avaient eu lieu en même temps, le territoire de ce grand désert aurait inévitablement été partagé plus équitablement. Un début de conflit a eu lieu en 1963 (la « guerre ses sables »), mais le Maroc n’a rien obtenu de plus. Un accord de délimitation a été signé en 1989, par lequel le Maroc renonce notamment à la région de Tindouf.

Les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla

Ceuta et Melilla (Sebkha et Mlilya, en arabe), ainsi que quelques îlots, que l’Espagne occupe depuis les XVe et XVIe siècles. Ces villes sont peuplées en majorité d’Espagnols même si la proportion de Marocains croît régulièrement (25 % à Ceuta et 40 % à Melilla).

Revendication abandonnée

La Mauritanie, dont le Maroc avait contesté l’indépendance en 1960.

Le Sahara occidental

Le conflit ensablé : vingt-six ans après la « marche verte » des Marocains pour libérer les « provinces sahariennes », l'ONU s'est fixé jusqu'au 30 novembre 2001 pour tenter de jeter les bases d'une solution négociée entre Rabat et Alger.(par Dominique Lagarde, L'Express 18 octobre 2001). Le point sur le conflit et carte.

Biblio : Sahara Occidental : La controverse devant les Nations unies

Sahara Atlantique, splendeurs du désert marocain : album de photographie sur le Sahara occidental

Sahara occidental : une indépendance contrariée (cartographie)

L'insurrection sahraouie, de la guerre à l'État, 1973-2003

Genèse politique de la société sahraouie

Le Maroc a fait des dépenses considérables au Sahara par Ignace Dalle, AFP novembre 1995.

ARSO (fr.-esp.-angl.) Une organisation militant pour une république saharoui indépendante et offrant plusieurs pages à la fois militantes et documentaires (histoire, culture, géographie).

une carte du Sahara occidental avec le tracé du fameux mur de sable.

Un site militant pour un Sahara marocain

L'entrée de l'armée marocaine au Sahara occidental.

Les enclaves espagnoles

Biblio : Histoire, représentations et devenir de deux enclaves espagnoles

Proposition marocaines pour Ceuta et Melilla (fr.), Maroc-Hebdo, mars 2001.

Anachronisme Les présides, les îles et les îlots marocains sous occupation espagnole (par Abdellatif Mansour, Maroc Hebdo, juillet 2002)

L’histoire de Ceuta (esp.).

L'île prétexte : Espagnols et Marocains ont finalement rendu aux chèvres l'îlot de Persil (Leïla, pour les Marocains - Perejil, pour les Espagnols). Mais, entre les deux pays, un lourd contentieux demeure (par Dominique Lagarde, L'Express, 25 juillet 2002)

L'affaire de Persil exposé par un jeu de carte (vision espagnole du conflit).

Les dessous de Leïla : Comment Rabat et Madrid ont évité la guerre. L’affaire ne serait pas vaine si elle sert de déclic salutaire pour faire sortir Aznar de son anti-marocanisme primaire. Des deux bords de Gibraltar, on pourrait, alors, pousser un soupir de soulagement en disant : « à quelque chose, malheur est bon » (par Abdallah Ben Ali, Maroc Hebdo, juillet 2002)

Melilla a 500 ans une page d’histoire illustrée sur un site perso (esp.).

Complexité des rapports hispano-marocains : L’erreur de l’Espagne dans ses relations avec le Maroc, consiste à user des mêmes stratégies ou plutôt des mêmes tactiques : le chantage. Elle crie fort sans raison, ou elle se présente en victime ou encore elle joue la crédulité en disant : « Pas de différends, d’aucune nature, d’aucun type. » (par D. Abouyoussef, Maroc-Hebdo, 29 novembre 2001).

 
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