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  Maroc
La liberté de presse


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Le Maroc possède une presse plurielle et dynamique, qui fait preuve d’une liberté de ton rare dans le monde arabe. Elle reste néanmoins corsetée par la censure et surtout l’autocensure. Seuls certains blogeurs oublient parfois que certains sujets sont tabous, ils le payent de longues années de prison. L'année 2009 a été marqué par un net durcissement du pouvoir à l'égard de la presse.

« Le règlement de comptes féroce et général de l’Etat avec la presse. Cela a commencé par l’aberrante censure d’un sondage créditant Mohammed VI de 91 % d’opinions favorables ( !), avant que la machine ne s’emballe. Tout à coup, la police s’est mise à interroger les journalistes pendant des jours et des jours, par pelletées de 10, un journal a vu sa parution illégalement arrêtée et ses locaux arbitrairement fermés, un autre, ses comptes bancaires saisis, un troisième, son mobilier vendu aux enchères, un quatrième, son directeur jeté en prison (il y est encore)… » (extrait d'un édito de Ahmed R. Benchemsi, Tel Quel, 4 janvier 2010)

En 2009, on déplore aussi l’emprisonnement d’un militant d’un blogueur pour « atteinte à la réputation du Maroc ».

Le nouveau code de la presse adopté en mai 2002 a été une déception pour les défenseurs des libertés. Les peines de prisons sont maintenues pour délits de presse, même si les peines sont réduites (5 ans de prisons pour atteinte à la dignité du roi, contre... 20 ans précédemment). La notion de diffamation a été élargie à la religion musulmane et à l'intégrité territoriale. Nouveauté, le pouvoir d'interdire (ou de suspendre) les journaux n'est plus une prérogative administrative, mais judiciaire. Mais, en l'absence d'une justice indépendante, cela ne change pas grand-chose dans la pratique.

Certaines dispositions de la loi antiterroriste, sous prétexte de lutter contre la menace islamiste, visent en fait à limiter la liberté de presse.

Les sujets sensibles sont : l’avenir du Sahara occidental (le consensus est national, aucune voix ne diverge), le mouvement islamiste (le sujet le plus sensible), les violations des droits de l’homme sous le règne de Hassan II (un sujet de moins en moins tabou), le rôle du Palais dans la gestion du pays (le tabou absolu). Les saisies de journaux sont automatiques dès que le pouvoir estime que la ligne rouge a été dépassée.

En septembre 2008, un blogueur a été condamné à deux ans de prison pour avoir « manqué de respect » au roi Mohammed VI. Mohamed Erraji avait simplement écrit un article intitulé le roi encourage le peuple à la paresse. Dans ce texte publié sur son blog, il critiquait la politique d’ « assistanat » pratiqué, selon lui, par le souverain marocain. Face à la mobilisation des internautes de tous pays, la Cour d'appel d'Agadir a finalement annulé la peine infligée en première instance au blogueur Mohamed Erraji et a décidé l'abandon de toutes les poursuites contre lui (18 septembre 2008).


« Ali Lmrabet, directeur de publication des hebdomadaires Demain magazine et Douman a comparu hier devant un tribunal de Rabat, et ce après avoir été informé par son imprimeur qu'il ne mettra plus sous presse ses journaux. Le journaliste, qui a révélé plusieurs affaires, est accusé d'"outrage à la personne du roi". Selon Reporters sans frontières, qui publie un rapport intitulé "Le rappel à l'ordre de la presse indépendante" au Maroc, les journalistes de ce pays sont l'objet depuis quelque temps de pressions diverses (menaces, filatures et écoutes téléphoniques). » (L'Humanité, 7 mai 2003) Le verdict est tombé le 21 mai 2003 : 4 ans de prison ferme !

La presse marocaine est d’une qualité très inégale. Les quotidiens sont les émanations des partis politiques, ce qui ne joue pas en faveur de leur indépendance compte tenu du nombre de partis présents au gouvernement. La presse hebdomadaire, surtout économique, est peu tournée vers l’international. Un de ses meilleurs titres, Demain, a été interdit fin 2000, en même temps que deux autres journaux. Après un long combat, notamment une grève de la faim, deux de leurs dirigeants ont été, début 2001, autorisés à fonder de nouveaux titres. Ces titres ont à nouveau été interdits en 2003, malgré 50 jours de grève de la faim du directeur de Demain.

Son caractère plus libéral qu'ailleur dans le monde arabe repose sur les conditions économique de sa production.

« L'approvisionnement en papier, la privatisation des régies publicitaires et le caractère libéral des circuits d'impression favorisent le travail des journalistes indépendants qui s'accordent à dire que les nouvelles dispositions restrictives ne changeront pas le cours des choses. Le vrai problème qui se pose aux publications indépendantes résident dans la pression économique que le milieu des affaires peut exercer par l'intermédiaire de la publicité. » (extrait d'un article de Léa Girault, Le Monde 23 mai 2002)

Actualité

Janvier 2007 : Nichane, la version arabophone de Tel quel a été interdite par le gouvernement marocain pour avoir publié des noukat (blagues populaires) parmi les plus courantes, mais pas les plus corsées, mettant en cause le roi et l'islam.

Le jugement a été mis en délibéré jusqu’au 15 janvier et une pétition pour le soutien de l’hebdomadaire est en ligne à l’adresse suivante

Ahmed Reda Benchemsi, le directeur de l'hebdomadaire Tel quel est l'un des plus ardents défenseurs de la liberté de la presse. Condamné à plusieurs reprises à verser de lourds dommages et intérêts, son journal est aujourd'hui menacé de disparition. « Le pouvoir vient d'inaugurer une nouvelle méthode pour museler la presse : l'étouffer par des amendes disproportionnées, obtenues grâce à des simulacres de procès civils », estime Ahmed Reda Benchemsi. (Le Nouvel Observateur, mars 2006)


La loi interdit, sous peine de prison, les sondages « dépourvus d’intérêt légitime » ! lire l'éditorial d'Ahmed R. Benchemsi (Tel Quel, décembre 2006)

Le Maroc a mis au point un projet de loi pour réglementer les sondages d'opinion… et consacrer les lignes rouges (monarchie, religion, intégrité territoriale). Les contrevenants risquent des amendes allant jusqu'à 500 000 DH ! (novembre 2006)

Ali Lamrabet a été condamné à 10 ans d'interdiction d'excercer sa profession de journaliste (avril 2005), au terme d'un procès en diffamation. Il avait, dans l'hebdo Al-Moustaqil, déclaré que les réfugiés sahraouis de Tindouf n'avaient « aucune envie de rentrer au Maroc », ce qui contredit la position officielle marocaine. « L'instruction vient de Mohamed VI. Jamais dans l'histoire du Maroc un journaliste a été condamné à une interdition d'exercice aussi longue. Ni à l'époque de la colonisation hispano-française, de 1912 à 1956, un journaliste a été condamné au silence, jamais, et nous sommes en 2005 » affirme Ali Lamrabet.


L’affaire Lmrabet, un cas de conscience pour la profession. Faut-il pendre Ali Lmrabet ?. (par Mohamed Selhami, Maroc-Hebdo, mai 2003)

Entretien avec Ali Lmrabet, directeur de Demain (mai 2003)

Le rapport 2005 de RSF

(Un dossier sur la censure au Maroc proposé par Courrier International.

Multiplication des titres de presse au Maroc : Les statistiques, fournies par le ministère de la Culture et de la
communication, font état de la création, durant les trois dernières années, de plus de 260 publications (par Abdallah Ben Ali, Maroc Hebdo, septembre 2002).

Dérive autoritaire du gouvernement marocain par Aboubakr Jamaï Directeur des hebdomadaires Le Journal et Assahifa, édités à « définitivement interdits » au Maroc le 2 décembre 2000 (Le Monde diplomatiqque, janvier 2001).

Rétrospective : Il était une fois la presse : Al Mouharrir, Lamalif, Souffles, Anoual, 8 Mars, et bien d’autres sont autant de publications qui témoignent d’une époque aujourd’hui oubliée. Celle de la naissance d’une presse d’abord militante et partisane, puis petit à petit indépendante et "relativement" professionnelle. Dépoussiérage. Par Driss Bennani


La Presse francophone en Méditerranée par Gilles Kreamer, où il est notamment question de l'histoire d'une partie la presse marocaine.

Viendra, viendra pas ? : L’annonce de la décision d’imprimer Le Monde au Maroc a provoqué dans la corporation de vives réactions. Elle a suscité l'exaspération de quelques patrons de journaux. Le Monde ne serait pas particulièrement bienvenu dans un pays qu’il n’a jamais ménagé de ses critiques (par Abdellatif El Azizi, Maroc-Hebdo, avril 2003)

Création d'une haute autorité de l'audiovisuel (par Mahjoub Haguig, Maroc Hebdo, septembre 2002)

Mincom : le Ministère de la Culture et de la Communication.

 
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