la Turquie est surtout un lieu de passage vers l’Europe occidentale pour des populations de l’Est, Kurdes, Pakistanais, Indiens, voire Chinois et même africains. Les flux ont pris récemment une ampleur considérable (500 000 personnes en 2000 selon l’UE), ils sont pour l’essentiel contrôlé par la mafia turque, en relations avec ses homologues albanaises et italiennes, qui en tire de grands profits.
« Un million de clandestins vivraient en Turquie selon les estimations des autorités. Certains – Moldaves, Ukrainiens, Roumains ou Bulgares – travaillent "au noir" et rentrent chez eux. Mais beaucoup d'autres voient dans ce pays la meilleure porte d'entrée du "paradis" occidental : la route par le Maroc et Gibraltar est de plus en plus difficile, trop souvent mortelle. » (Marc Semo, Libération, 21 juin 2002)
Un peu moins de 100 000 immigrés clandestins ont été arrêtés en 2001. Turquie n'a pas de législation spécifique sanctionnant l'immigration clandestine. Les autorités turques n'ont ni les fonds pour créer des centres de rétention, ni les moyens de renvoyer chez eux les ressortissants qui ne viennent pas de pays limitrophes.