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Le turc est la langue officielle de l’État turc depuis sa fondation. Elle est parlée par 95 % des habitants de la Turquie (2 à 3 millions de Kurdes ne la parlent pas, ou très peu).

Depuis 1928, le turc s’écrit avec l’alphabet latin. En même temps qu’a été abandonnée l’écriture arabe, la langue ottomane a été remplacée par le turc populaire comme langue officielle. Mustapha Kemal aussi fait procéder à son épuration d’une partie des apports arabo-persans, pour y intégrer des mots de langues occidentales, l’allemand (qui a inspiré l’alphabet turc), l’italien, l’anglais ou le français. Environs 3 000 mots d’usage courant ont été empruntés au français, mais leur orthographe en a été modifiée selon les règles de la phonétique allemande.

La langue turque a, elle aussi, exporté son vocabulaire : un millier de mots dans les langues des pays balkaniques, de nombreux vocables de l’arabe…


Les langues turques

Le turc est une langue ouralo-altaïque apparentée au mongol et plus lointainement au finnois et au hongrois. Elle est parlée par quelque 65 millions de citoyens turcs et plusieurs millions de personnes hors de Turquie.

On parle en Asie centrale, dans le Caucase ou en Sibérie, des langues turques : kazakh, turkmène, ouzbek, kirghize, ouïghour, tatar…(80 millions de locuteurs). Certaines, comme le turkmène ou le gagaouze, ne sont pas très éloignées du turc de Turquie (aussi appelé l’osmanli), mais il n’y a une totale intercompréhension qu’avec l’azéri (10 millions de locuteurs).


La langue de la Turquie est le turc

Jusqu'en 2001, le turc était l’unique langue tolérée pour un usage public. Ce qui était contraire à ce que prévoit le traité de Lausanne qui constitue l’acte de naissance de la Turquie moderne (1923). Ce traité a valeur légale en Turquie au même titre que la constitution. Il prévoit (art. 39) l’entière liberté en matière d’usage des langues.

De son côté, la constitution turque proclame que tous les citoyens sont égaux devant la loi, mais elle fait référence dans plusieurs articles à des « langues interdites » : « Aucune langue interdite par la loi ne peut être utilisée pour exprimer et diffuser des opinions [...] »( art. 26). « La presse est libre et ne peut être censurée. [...] Nul ne peut publier dans une langue interdite par la loi ». (article 28). « [...] Aucune langue autre que le turc ne doit être enseignée aux citoyens turcs ou utilisée en tant que langue maternelle dans les établissements d'éducation et d'enseignement. [...] » (art. 42).

En 2001, le gouvernement a aboli l’interdiction de parler d’autres langues que le turc, mais il restait interdit d’écrire et d’émettre dans les langues des minorités. En 2006, le gouvernement Erdogan a autorisé les radios et télévisions à émettre en kurde, mais uniquement pour de la musique et pour une heure maximum par jour. En 2009, la naissance de TRT6, une chaîne publique en kurde qui transmet 24/24, constitue une avancée de plus dans la reconnaissance des autres langues.


Le Kurde

La langue kurde (dialectes kurmanji et zaza) est la langue maternelle de quelque 8 millions citoyens turcs. D’autres, élevés dans la langue turque, le parlent pour communiquer avec le reste de la famille. L'usage et l'enseignement de cette langue ne sont officiellement autorisés que depuis... août 2002.

Cette langue dont la pratique était totalement prohibée depuis 1924, est tolérée pour un usage privé depuis 1991. Mais son usage officiel reste sévèrement réprimé. En 1996, la députée kurde, Leyla Zana, a été condamnée à 10 ans de prison pour s’être simplement exprimé en langue kurde à la tribune de la Grande assemblée.

Cette langue a été longtemps interdite d’enseignement. Des décennies de répression, et surtout les années 1990, font qu’en Turquie peu de Kurdes savent la lire et l’écrire. Son véritable conservatoire se situe en exil, en Allemagne (où vit demi-million de Kurdes), en France, en Suède… Cette langue, apparentée au persan, est aussi parlée en Iran, et en Irak (ou les dialectes sont différents de ceux que l’on parle en Turquie) et plus marginalement en Syrie et en Azerbaïdjan.

« Bien qu'un amendement constitutionnel ait été adopté en octobre 2001, les lois demeurent vagues sur le droit de publication et de diffusion en langue kurde. Certaines publications en kurde sont tolérées par les autorités, mais leur distribution est interdite dans les provinces du Sud-Est, encore soumises à l'état d'urgence.

La possibilité d'autoriser des émissions en kurde sur les chaînes de télévision et radio nationales a été évoquée par le Conseil national de sécurité, mais aucune position officielle n'a été prise. Ces dernières semaines, des centaines de personnes ont été arrêtées pour avoir signé une pétition réclamant le droit à l'éducation en kurde - une campagne que les autorités affirment être dirigée par le PKK. » (Nicole Pope, Le Monde, 5 avril 2002) l'Institut kurde d'Istanbul vient d'être fermé, 600 prénoms kurdes sont interdits des listes d'état civil pour les nouveau-nés.

Le droit à des émissions sur la télévision d'État en langue kurde a finalement été reconnu. En 2009, la naissance de TRT6, une chaîne publique en kurde qui transmet 24/24, constitue une avancée de plus dans la reconnaissance des autres langues.

Les langues étrangères

Le décret no 92/2788, adopté en 1992, prévoit que « les cours privés de langue ne peuvent êtres donnés en Turquie qu’en anglais, en français, en allemand, en russe, en italien, en espagnol, en chinois, en japonais et en arabe ».

Les langues des pays voisins, grec, bulgare, arménien… ne sont quasiment pas enseignées en Turquie, sauf au sein des institutions militaires.

« le général Nejat Bek, commandant des Forces de l’Académie militaire de Turquie, a annoncé lundi 2 octobre, jour de l’ouverture de la saison 2000-2001, que l’arménien serait désormais enseigné, dès cette rentrée, comme deuxième langue étrangère au sein de l’Académie, au même titre que l’allemand, le français, le russe, le bulgare et le bosniaque, déjà au programme. Le général Bek a souligné à cet égard la nécessité pour les militaires turcs d’apprendre une deuxième langue étrangère, afin de ne pas perdre la bataille de l’information. »
(Extrait de la Lettre de l’UGAB, n°331 daté du 7 octobre 2000).

« Les radios et journaux multilingues siègent surtout à Istanbul et Diyarbak ?r. Les langues les plus représentées sont le kurde avec le quotidien Azadiya Welat, Gün Tv et Radyo Ses, suivis de l’arménien avec Su Tv, Agos (hebdomadaire bilingue imprimé à Istanbul) et Jamalak qui paraît uniquement en arménien. Viennent ensuite le mensuel ?alom, la voix de la communauté juive, Skani Nena de la communauté Laz et JIneps des Circassiens. Apoyevmatini et Iho sont imprimés en grec.

Radio Ya ?am, Radio Vie, émettant avec un palimpseste multilingue, a été la première radio à Istanbul à proposer à ses auditeurs des programmes en kurde, arménien, laz, circassien et grec, en devenant rapidement une référence pour les minorités. Güler Y ?ld ?z, rédactrice en chef a répondu aux questions de l’Osservatorio sui Balcani à propos de la radio et de la liberté d’expression en Turquie. » (Courrier des Balkans, janvier 2010)


Bibliographie : le turc

Guides de conversation

Guide de conversation français-turc (Harrap) : un guide destiné aux voyageurs

Turc de poche

Turc, kit de conversation : guide de conversation avec CD


Première approche

Parlons turc par Dominique Halbout et Gönen Güzey

Le turc tout de suite ! : Un petit guide pour être opérationnel en deux à trois semaines (disent-ils)

Parlez turc : un cédérom


L’apprentissage de la langue

Méthode de turc (L’Asiathèque) : l'apprentissage du turc en 25 leçons.

Introduction à l'étude pratique de la langue turque un classique par Louis Bazin

Le turc sans peine : la méthode la plus poussée

Grammaire du turc


Dictionnaires

Dictionnaire français-turc un dictionnaire de poche

Dictionnaire turc français de poche

Dictionnaire turc-français / français-turc : un ouvrage de référence en deux volumes


Géolinguistique

Les langues de la Méditerranée


Dans la banque de données

Apprendre le turc

Le Kurde

Manuel de kurde kurmanji

Grammaire kurde

la langue kurde : informations et bibliographie

Atatürk participe à la promotion de l'alphabet latin.

Hazar propose Un dictionnaire de turc entre différentes langues (dont le français) et réciproquement.

L'Harmonie vocalique en turc (fr.)

Kemal lisant.

Une petite sociologie des Turcs et de la Turquie par Mehmet-Ali Akinci, docteur en Sciences
du Langage et chargé de recherches au CNRS.

Des histoires drôles : pour ceux qui lisent le turc (sur le site Blanc, bleu, turc).

Manuscrit ottoman écrit avec l'alphabet arabe.

Turcoman : un magazine en ligne évoque le monde turc, sa culture, ses mythologies... (angl.).

Un répertoire de liens sur tout le monde turcophone (angl.).


Un dictionnaire Kurde/anglais (et non réciproquement) :
(Kamal Khan, Uppsala University)

 
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