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  Turquie
Les litiges territoriaux


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La Turquie a une frontière commune avec huit autres États. Dans la moitié des cas demeurent des frustrations ou des revendications territoriales plus ou moins aiguës.

Avec la Bulgarie (240 km de frontière terrestre) : la frontière date de 1913 (fin de la seconde guerre balkanique). Il n’y a aucune contestation de frontière ni de territoire.

Avec la Grèce (206 km de frontière terrestre) : la frontière date de 1922, après que les Grecs ont été chassés d’Asie mineure. Elle a été fixée au traité de Lausanne sur le fleuve Meriç (Évros, pour les Grecs), limite qui avait été fixée en 1919 à l’issue de la première guerre mondiale.
Même si une importante minorité turque vit en Thrace grecque, il n’y a plus de contestations territoriales importantes entre la Turquie et la Grèce. Il existe toutefois des litiges frontaliers pouvant être sérieux :

- Deux ou trois petits îlots inhabités en mer Égée pour lesquels les deux pays ont failli s’affronter : par exemple l’îlot d’Imia où les Turcs avaient débarqué en 1996.

- La délimitation de la plate-forme continentale en mer Égée : la Grèce voudrait un partage conforme à la convention de Genève de 1958 qui lui donne jouissance de la majeure parti de cette plate-forme, puisque presque toutes les îles situées au large du littoral turc sont grecques. La Turquie refuse ces règles internationales. Elle considère que la plate-forme appartient au continent qui la borde, sans tenir compte des petites îles qui pourraient s’y trouver. Le litige est en suspens. Depuis 1976, les deux pays s’abstiennent de l’exploiter (il y aurait du pétrole).

- Les eaux territoriales : ce litige se rapproche du précédent. Si la Grèce étend ses eaux territoriales de 6 à 12 miles marin comme l’on fait presque tous les pays qui reconnaissent le droit international de la mer (conférence de Montego Bay, 1982, texte refusé par la Turquie, mais aussi par les Etats-Unis et la Russie), la mer Égée devient un véritable « lac grec ». La Turquie critique l’entrave à la liberté de circulation que cela constituerait. Le litige est en suspens.

- L’espace aérien : ce différent se rapproche du précédent. La Grèce a fixé en 1931 son espace aérien à 10 miles nautiques. Depuis 1974, la Turquie lui demande de ramener cette zone à 6 miles et envoie régulièrement ses avions survoler cette zone. Ces incidents sont préjudiciables à la coopération militaire de ces deux pays membre de l’OTAN. Le dernier incident date de septembre 2000.

- Le nord de Chypre : même si la Grèce ne réclame plus l’intégration de Chypre, l’occupation du nord de l’île par l’armée turque reste un litige majeur entre les deux pays.

Avec la Syrie (822 km) : la frontière tracée en 1923 a été, dans sa portion occidentale, modifié en 1939 par la cession du sandjak d’Alexandrette (Iskenderun, en turc) à la Turquie.
Cette région peuplée à l’époque d’un tiers de Turcs et d’une moitié d’Arabe a été intégrée à la république de Turquie sous le nom de province du Hatay (5 570 km2). Ce cadeau fait par la France, puissance mandataire de la Syrie, avait pour but de dissuader la Turquie de s’allier à l’Allemagne nazie. Ce sandjak perdu reste, encore aujourd’hui, la principale frustration territoriale de la Syrie.

Avec l’Irak (331 km) : le tracé approximatif de la frontière date de 1923, confirmé par le traité anglo-irako-turc d’Ankara signé en 1926.
L’article 10 de ce traité prévoit une zone de 75 km de part et d’autre de la frontière dans laquelle les deux États doivent s’abstenir d’actes hostiles envers le voisin. La Turquie s’est appuyée sur ce traité pour intervenir militairement à plusieurs reprises dans le Kurdistan irakien en particulier dans la zone contrôlée par le PDK irakien où l’armée turque se comporte comme en pays conquis.
Cette frontière n’est pas vraiment contestée par la Turquie, mais Ankara a fait savoir qu’il considèrerait comme caduc l’accord de 1926 dans le cas où l’Irak disparaîtrait. Cette hypothèse avait été envisagée après la guerre du Koweït (1990). Dans ce cas, la Turquie réclamerait la région de Mossoul et Kirkouk : la seule frustration territoriale de la Turquie aux accords de Lausanne de 1923. Cette région s’est depuis avérée très riche en pétrole (la moitié de la production irakienne). En 1995, le président Demirel évoquait son souhait de voir rectifier la frontière en suivant le pied des montagnes, ce qui intégrerait la région de Mossoul à la Turquie.

Avec l’Iran (499 km) : la ligne de partage entre les deux pays est ancienne, elle correspond à la séparation entre les territoires des tribus faisant traditionnellement allégeance aux Ottomans et les territoires de celles qui étaient alliées à la Perse. Cette frontière a été confirmée par le traité de Lausanne de 1923. Elle n’est pas contestée par les deux États, mais par le peuple Kurde pour qui un État avait été créé par le traité de Sèvres de 1920 (ce traité n’a jamais été appliqué).

Avec l’Azerbaïdjan (10 km) : un pont a été construit en 1992 sur l’Araxe, le fleuve frontalier, qui permet une sortie sur la Turquie du territoire du Nakhitchevan coupé du reste de l’Azerbaïdjan par l’avancée des troupes arméniennes au début des années 1990. Cette frontière était fermée depuis 1921.

Avec l’Arménie (268 km) : cette frontière tracée en 1921 qui était jusqu’en 1991 une portion de celle de l’URSS ne fait plus l’objet de contestation. Elle a été réouverte dès 1992 et constitue une ouverture de la petite Arménie sur l’Occident. Le souvenir d’une Grande Arménie créée au congrès de Sèvres de 1920, puis abandonnée lors de la conférence de Lausanne de 1923, n’est plus guère évoqué.

Avec la Géorgie (252 km) : cette portion de frontière tracée en 1921 (traité de Kars) sur le fleuve Araxe a permis à la Turquie de récupérer les régions de Kars et d’Ardahan qui ont été par la suite longtemps revendiquées par l’URSS. Celle-ci réclamait aussi une partie du littoral de la mer Noire, sous prétexte que les populations littorales étaient apparentées aux Géorgiens. Ces revendications n’ont pas été reprises à son compte par une république de Géorgie, elle-même en proie à des micro séparatismes.


Lire : Le conflit helléno-turc par Gilles Bertrand

Turquie, Grèce : un passé commun, des nouvelles perspectives, un numéro des Cahiers balkaniques

 
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