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  Turquie
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Seules les minorités chrétiennes et juives (voir plus bas) sont reconnues par la Constitution et le traité de Lausanne constitutif de l'État turc en 1923. La principale minorité musulmane, celle des alévis, n'est pas toujours bien perçue par la majorité sunnite et conservatrice de la population.

L’alévisme

C’est une minorité religieuse propre à la Turquie qui rassemble quelque 15 millions de fidèles peut-être plus (beaucoup dissimulent leur appartenance) dont environ un tiers de Kurdes. Cette branche du chiisme est surtout implantée au centre-est de la Turquie (entre Sivas et Tunceli) mais aussi par le biais des migrations dans les grandes villes de l’Ouest, comme dans la diaspora.
Le dogme des alévis est peu contraignant et leurs rites réduits au minimum. Il s’agit surtout d’une sagesse individuelle que l’on peut rapprocher de celle des alaouites de Syrie. Comme ces derniers, les sunnites ne les considèrent pas comme de vrais musulmans et ils sont tout aussi mal perçus par les autorités. Leur attitude tolérante, leur attachement à la laïcité, les portent plutôt à soutenir la gauche, parfois l’extrême gauche. Leurs élites sont régulièrement victimes d’attentats de la part d’islamistes ou de l’extrême droite.

« La question de la place des alévis dans la société et la vie politique turque constitue un problème connexe de la question kurde et renvoie également à celui de l'autonomisation de la société civile turque. L'alévisme est considéré comme une branche du shiisme mais a peu à voir avec sa forme iranienne. Les alévis n'observent pas les mêmes pratiques que les autres musulmans : ni prières à la mosquée, ni jeûne du ramadan, ni aucune autre fête célébrée par les sunnites et les shiites. Les alévis ont leur propres fêtes, dans leurs propres temples (les « maisons de Cem »), leurs propres périodes de jeûne, etc. Les alévis sont turcophones ou kurdophones, ce qui les placent dans une position délicate vis-à-vis des revendications kurdistes, d'autant que les célèbres révoltes de Dersim de 1920-21 et 1937-38 furent le fait des Kurdes alévis. Les Turcs alévis ont pourtant constitué des alliés "naturels" du kémalisme, étant partisans d'une laïcité de l'État et de la liberté de culte par opposition à une hégémonie du sunnisme.

Cependant, le soutien très important accordé aux mouvements d'extrême-gauche dans la communauté alévie l'a rendue suspecte aux yeux du pouvoir et notamment du régime militaire de 1980. Plus récemment, en juillet 1993, des intellectuels alévis et/ou de gauche ont été la cible d'extrémistes sunnites qui ont mis le feu à l'hôtel de Sivas où ils s'étaient réunis dans le cadre d'un festival. 37 personnes ont péri. 33 personnes jugées pour ce crime ont été condamnées à la peine de mort (qui fait l'objet d'un moratoire en Turquie) lors de leur procès en novembre 1997. En mars 1995, l'attaque contre des alévis par un groupe armé dans le quartier populaire stambouliote de Gazi avait provoqué une manifestation des premiers et l'intervention de la police et de l'armée, causant 23 morts et 250 blessés. Si ces explosions de violence apparaissent comme des épiphénomènes, elles ont mobilisé une communauté divisée sur la dimension à donner à l'identité alévie, notamment entre une aile kémaliste qui s'inquiéte surtout de la progression de l'islam politique, et des groupes plus à gauche qui lient les persécutions contre les Alévis au manque de progrès de la démocratisation, au non-réglement de la question kurde et à la montée de l'islamisme. La question est de savoir si l'identité alévie peut s'exprimer au sein de la société civile ou si la faiblesse de celle-ci ne provoque pas son déplacement sur le terrain politique. » (par Gilles Bertrand, enseignant à l’Université d’Auvergne et à l’Institut d’Études politiques de Paris, janvier 2001).


Le christianisme

Il resterait quelque 100 000 chrétiens en Turquie, divisés en de nombreuses églises.

- Les Arméniens : environ 80 000 personnes, pour la plupart fidèle de l’église apostolique d’Arménie dont d’un des quatre patriarches, Mesrob Moutafian (Mesrob II) (depuis 1998) siège à Istanbul (à Kumkapi). Les autres sont soit catholiques romains (10 %) ou catholiques orientaux sous la conduite d’un Catholicos siégeant à Beyrouth. Enfin, il y a aussi quelques Arméniens protestants (pentecôtistes). L'église arménienne compte une quarantaine d'églises et une vingtaine d'écoles.

- Les chrétiens syriaques : ils ne sont plus que 20 000, dont 3 000 dans la province de Tour-Abdine, à la frontière de la Syrie où ils sont régulièrement agressés par des Kurdes. Les deux tiers sont orthodoxes syriaques (dit jacobites) leur patriarche a quitté son siège de Safran, près de Mardin, pour Damas. L’autre tiers est catholique syriaque dont le patriarche siège à Beyrouth. Ils émigrent vers la Syrie, les États-Unis ou la France (500 familles). Ils étaient dix fois plus nombreux, il a une quarantaine d’années.

- Les grec-orthodoxes : environ 3 000 fidèles vivant surtout à Istanbul, où ils étaient plusieurs centaines de mille au début du siècle. Leur patriarche Bartholomée Ier (intronisé en 1991) est aussi le chef spirituel de tous les orthodoxes d’Europe occidentale (y compris la communauté russe) et d’Amérique du Nord et dispute son influence avec le Patriarche de Moscou sur l’Estonie et l’Ukraine. Il a aussi sous sa juridiction la Crète, Chypre et le Dodécanèse et revendique un droit de regard sur les nominations d'évêques en Thrace et Macédoine grecque (ce qui a été l'objet d'un conflit récent avec le patriarcat d'Athènes). En tant que « Patriarche œcuménique », il a, en principe, primauté sur les autres patriarches orthodoxes, mais l’orthodoxie est divisée. Le grand projet de Bartholomée Ier est de réunir un nouveau concile de toutes les Églises orthodoxes. Le dernier a eu lieu en… 787 à Nicée (Iznik en turc). Il est citoyen turc et son élection est soumise à l’approbation de l’État turc, mais ses relations ne sont pas toujours faciles avec les autorités qui se méfient de son rôle international.


Le judaïsme

Environ 25 000 juifs sépharades vivent encore en Turquie, principalement à Istanbul. Ce sont pour la plupart de lointains descendant des juifs chassés d’Espagne en 1492. À l’époque quelque 100 000 d’entre eux s’étaient réfugiés dans l’empire Ottoman. En 1943, certains juifs de Salonique ont eu la vie sauve grâce à leur passeport turc.
Beaucoup de juifs turcs ont émigré vers l’Occident, notamment vers la France. Ils étaient encore 60 000 en 1945. Leur langue, le judéo-espagnol est de moins en moins pratiquée. David Asseo, le grand rabbin de Turquie depuis 1961 est décédé en juillet 2002.

Bibliographie

Le Patriarcat grec orthodoxe de Constantinople : de l'isolement à l'internationalisation 1923-2003

Les Grecs de Turquie


Les Grecs pontiques : Diaspora, identité, territoires

Le génocide oublié. Chrétiens d'Orient, les derniers araméens

Église d’Orient. Chrétiens d'Irak, d'Iran et de Turquie

Chrétiens et Juifs dans l'islam arabe et turc

Hadji Bektach

Alevis,
des musulmans mystiques et futuristes…
(fr.)
par Patrice van Eersel et Jean-Pierre Moreau (Nouvelles clès).

Bibliographie :

L'autre Turquie : Le mouvement aléviste et ses territoires

Les Alévis : Les alévis. processus identitaires stratégies et devenir d'une communauté " chiite " en Turquie dans l’Union européenne

Études Kurdes n° 3 : un numéro de la revue consacré principalement aux alévis de Turquie

L'académie alévite européenne (turc)

L'Institut culturel alévi (turc-all.-angl.)


Mesrob II, patriarche des Arméniens

Bartholomée Ier, patriarche orthodoxe.

David Asseo (1914-2002), grand rabbin d'Istanbul de 1961 à 2002

Les Séphardim de Turquie

 
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