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  Turquie
Le statut des femmes


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La république turque (proclamée en 1924) est strictement laïque et l’émancipation des femmes a joué un rôle essentiel dans la modernisation de la société turque. Le code civil échappe à la loi coranique. La polygamie est interdite, le divorce est admis, mais le statut d’égalité homme-femme est assez récent.

Le nouveau code civil adopté en novembre 2001 donne aux femmes turques un statut d’égalité avec leur époux. Sauf demande contraire des conjoints lors du mariage, un régime de communauté des biens d’appliquera. Cette disposition accueillie comme véritable révolution, ne s’applique cependant qu’aux mariages contractés après le 1er janvier 2002, ce qui laisse quelque 17 millions d’épouses dans une situation de vulnérabilité économique. Cette date butoir, rajoutée dans la loi à la dernière minute, a déçu les défenseurs des droits des femmes en Turquie.

Les organisations féministes militent également pour la reconnaissance des crimes sexuels. Elles veulent qu’ils ne soit plus perçus comme des crimes contre la société, mais contre des individus. Elles demandes aussi qu’une tradition légale qui permet au violeur d’échapper à l’emprisonnement s’il épouse sa victime soit abandonnée dans le nouveau code pénal.

Les femmes turques jugent insatisfaisante la réforme du code pénal adoptée en juin 2003. Par exemple, « dans le cas de crime d’honneur, l’article 51, qui offre des réductions de peine pour acte de violence commis en réponse à une "forte provocation", est celui qui reste le plus invoqué par les magistrats. La définition de ce qui constitue une "provocation" est sujette à interprétation des juges qui, trop souvent, font le lien entre le comportement sexuel d’une femme et l’honneur atteint de la famille. » (extrait d’un article de Nicole Pope, Le Monde 25 juin 2003)



« Selon la loi, le crime sexuel à l'égard des femmes est considéré comme "une attaque contre la décence publique et l'ordre familial" alors que tous les autres crimes bénéficient de l'intitulé "attaque contre la personne humaine" ! De même, les abus sexuels commis sur des femmes non vierges sont perçus par la justice et l'opinion publique comme moins sérieux que ceux perpétrés sur des filles ou des femmes ayant encore leur virginité. En outre, une femme violée ne peut engager de poursuite contre son agresseur que si elle arrive à prouver qu'elle était vierge avant le viol ! Pour cela, elle aurait dû passer "un test" de virginité, couramment pratiqué en Turquie, aussi bien par les policiers que par les membres mêmes de la famille proche de la fille. Les premiers s'en servent, souvent, pour s'adonner à des sévices et des abus sexuels sur celles qui ne sont plus vierges, les seconds l'utilisent, parfois, pour assassiner leur fille qui aurait bafoué l'honneur de la famille. D'autres femmes, dans un geste de désespoir, tentent de se suicider après avoir subi ce "test" dégradant ou même avant parce qu'elles vivent dans la crainte de représailles. » (extrait d’un article Fraternet, 2000)

Parallèlement à un mouvement d’émancipation continu depuis trois génération, un courrant politique conservateur, voire réactionnaire, se réclamant de l’islam cherche à inverser ce mouvement. Comme ailleurs, le symbole le plus flagrant de cette idéologie est l’apparition du foulard islamique.

« Cette visibilité de l’islam agite la société turque. Avec une interrogation à la clé : l’État peut-il laisser la religion faire son entrée dans l’espace public ? En mai 1999, l’affaire Mervé Kavakçi députée élue du Fazilet, le Parti islamique de la vertu, a fait scandale. Cette jeune femme, diplômée aux Etats-Unis, possédant la double nationalité turque et américaine, divorcée et mère de deux enfants, s’est présentée devant le Parlement coiffée du voile religieux pour y prêter serment. Ce fut un tollé ! Elle dut quitter la salle sous les huées des députés laïques, avant d’être déchue de sa nationalité. » (extrait d’un article de Catherine Guignon, L’Histoire, mai 2003)

Mor Çati : une organisation d’aide aux femmes battues (turc)

Liste d’organisations féminines turques (angl.)

Centre d’aide et de solidarité pour les femmes d’Antalya


L'immigration turque au féminin (le CEMOTI, 1996)

Divorcées turques : le déni de justice (par Blandine Grosjean, 22 juillet 2001)

 
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