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Émeutes et mouvements sociaux au Maghreb

par Didier Le Saout (direction de l'ouvrage), Marguerite Rollinde (direction de l'ouvrage)

( Livre )
Karthala
Collection Hommes et sociétés
1999, 384 p., 24.39 euros

co-éditeur : L'Institut Maghreb-Europe - ISBN : 2865379981

Un ouvrage collectif analysant les événements de 1965 au Maroc, de 1978 en Tunisie, ou d'Octobre 1988 en Algérie en les comparant à des événements du même ordre en Iran, en France, en Grande-Bretagne et au Pays basque.

« Expression d'une critique à l'encontre des représentants de l'ordre social et politique, les émeutes tirent leur particularité de la brièveté et de la soudaineté de l'irruption dans la rue de la violence, celle des manifestants à laquelle répond celle des forces de "l'ordre", légitimée par l'État. Comme le montrent les événements de 1965 au Maroc, le Jeudi noir de 1978 en Tunisie, ou Octobre 1988 en Algérie, les émeutes au Maghreb sont marquées d'une symbolique qui imprègne la vie nationale sur la longue durée. Cet ouvrage fait appel à plusieurs dimensions pour expliquer ces troubles. Approche économique qui peut considérer ces événements comme résultats des programmes d'ajustement structurel, de la sécheresse ou de l'exode rural; produits de la maturation des contradictions qui traversent ces sociétés ; conséquences d'un manque de représentation politique ou exacerbation d'une crise politique; ou encore résultats d'attentes déçues, de désillusions accumulées et d'un ressentiment croissant devant la perception des injustices. Ces approches croisées abordent des questionnements qui aident à la compréhension des désordres urbains, comme les transformations sociales qui traversent ces sociétés, les contradictions qui les affectent et la forme du quadrillage institutionnel, policier et politique, avant et au cours de ces mises en mouvement. Elles s'interrogent sur les manifestants eux-mêmes, individus jusque-là isolés, engagés spontanément ou mobilisés à l'initiative d'acteurs collectifs. Font-ils partie de la catégorie "d'exclus", de victimes du chômage ou de la crise du logement, ou bien ne rassemblent-ils pas aussi des couches qualifiées de la population vivant mal leur domination ? En expliquant ces événements à partir de facteurs structurels et conjoncturels, sur la longue et courte durée, les contributions développées dans cet ouvrage montrent que les émeutes peuvent être tenues pour une expression du mouvement social qui engendre ébranlements et mutations de la société. La perspective comparée adoptée dans ce livre renforce l'analyse des émeutes au Maghreb au regard de la compréhension d'événements du même ordre en Iran, en France, en Grande-Bretagne et au Pays basque. » (présentation de l'éditeur)

« Expressions d’une critique à l’encontre des représentants de l’ordre social, les émeutes tirent leur particularité de la soudaineté de l’émergence de la violence dans l’espace urbain. Comme le montrent, entre autres, les troubles de 1965 au Maroc, la révolte du pain de 1984 en Tunisie, et les événements d’octobre 1988 en Algérie, les émeutes sont marquées par une symbolique qui imprègne la vie nationale maghrébine sur la longue durée. Les approches des uns et des autres présentent les émeutes comme une forme d’action collective aux mains de populations dominées dans les champs économique et social. Elles traduisent le plus souvent une difficulté, voire une impossibilité d’accès au système politique. L’émeute apparaît comme une forme d’action qui s’impose aux franges de la société mises à l’écart économiquement, socialement et politiquement. Les différentes contributions mettent l’accent sur la diversité des facteurs explicatifs des émeutes. Celles-ci peuvent être le résultat de la maturation des contradictions économiques et sociales qui traversent les sociétés; la conséquence de l’exacerbation d’une crise politique ou encore le produit d’attentes déçues, de frustrations et d’un ressentiment croissant devant la perception des injustices, notamment chez une population jeune, souvent diplômée et sans perspectives d’avenir. Didier Le Saout pointe l’existence d’une "culture de l’émeute". Cependant contrairement à Bertrand Badie qui dans son ouvrage "Les deux États" en faisait une spécificité du monde arabo-musulman, il ne dissocie pas émeutes au Maghreb et en Europe. » (extrait d'une note de lecture de l'IRMC)

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