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L'âme du vent

par Oh Jung-Hi

( Livre )
Philippe Picquier
Collection Picquier poche
Langue d'origine : coréen
Traduit par Lee Byoung-Jou
1995, 160 p., N�39, 6 euros

ISBN : 2877302512

Court roman, L'Âme du vent est suivi de La Soirée, l'évocation d'une soirée mondaine passée par une écrivaine en compagnie de ses deux enfants.

«  L'Ame du vent est le récit émouvant d'une séparation. C'est le récit des égarements d'une femme, de ces approches marquées de la liberté qui laissent un goût amer avec leurs inévitables ruptures. Ce sont des révoltes où se mêlent l'amour et la mort, le souvenir et l'oubli, quand la solitude et la résignation leur confèrent l'apparence d'un destin. L'Âme du vent, c'est aussi une histoire servie par une langue concise et poétique, une rencontre avec le rêve, avec le vent porteur d'âmes : "Le vent, c'est comme le geste de la main de deux personnes qui pensent l'une à l'autre avec le sentiment de se manquer réciproquement." » (présentation de l’éditeur)


« Une femme qui fuit son bonheur apparent, fugue après fugue, laissant derrière elle un mari désemparé, un enfant qui ne pleure même plus, une mère à la fois culpabilisée et désespérée au point de dire au mari : "Tuez ma fille ou divorcez !". Chaque fois, elle revient, reste un peu, se fond dans la chaleur du foyer, trahissant ses angoisses et son mal-être par les cigarettes qu'elle fume sans interruption, "son seul défaut", et qui laissent des cendres et des brûlures sur les meubles, les tapis, les vêtements, cendres qui s'envolent et retombent, brûlures qui s'incrustent, indélébiles, traces légères ou profondes, qui réverbèrent celles qui obscurcissent les âmes. Des blessures que seul le lecteur connaîtra, parce que jamais elle ne dira rien. (…)

Il refuse sa porte à son épouse, mais continue à être obsédé par elle, même si sa vie s'organise autrement. Sa mère s'installe chez lui, il boit beaucoup. Au terme d'une soirée d'errance dans les rues de Séoul, vaguement ivre, il se souvient bizarrement de La Strada de Fellini, et de Gelsomina, en retrouvant des jouets achetés pour son petit garçon qui ne lui plairont peut-être même pas. Quand il retrouve sa femme, il lui donne de l'argent, la congédiant comme une servante.

À ce stade, le lecteur a déjà découvert une partie des secrets de la femme envolée et non volage, un abandon qui l'a laissée enfant comme une pierre entrée dans la maison poussée par le vent, un viol dans la montagne. Le destin la poursuit implacablement, l'empêchant d'accéder au bonheur, la privant non seulement des joies les plus simples, les plus ordinaires, mais même de trouver un peu de calme, de repos. Elle ne maîtrise rien. Elle n'a jamais prémédité de partir, elle n'a jamais pensé qu'elle pourrait ne pas rentrer. Chaque fois, elle est persuadée qu'elle sera de retour à temps pour aller chercher son fils à l'école et préparer le dîner de son mari. Pourtant, une fois sortie, elle s'éloigne de plus en plus, "comme un cerf-volant dont le fil se déroulerait à l'infini". Elle se désole de son incapacité à retrouver le droit chemin, de cette force qui la pousse dans le dos, toujours comme le vent, ce vent qui revient tout le temps et dont elle dit à l'enfant qu'il souffle parce que c'est " l'appel de deux âmes". » (extrait d’un article de Martine Silber, Le Monde, 9 Décembre 1995)

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