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Œillets sont coupés (Les)

par Charles Reeve

( Livre )
Paris-Méditerranée
Collection Les pieds dans le plat
avril 1999, 12.96 euros

ISBN : 2842720660

Chroniques portugaises (sous-titre)

Le regard sévère d'un ancien exilé politique sur son pays natal. Les textes de Charles Reeve datent de 1988, 1994 et 1998, ils offrent un autre regard sur qu'on avait appelé un peu vite le « miracle portugais ».

« Le "bon élève de l'Europe", selon Bruxelles, présente le plus fort taux d'incarcération de la communauté et la sauvagerie des rapports sociaux, s'est substituée en paternalisme fasciste. S'en est fini des "douces coutumes" chantées par Pessoa. » (extrait de la présentation de l'éditeur)

« Selon Charles Reeves, la poésie a déserté la rue et la violence ordinaire des conditions de vie et de travail imposées par un libéralisme triomphant s'est substituée au paternalisme fascisant de l'époque salazariste. Dans une Europe à géométrie variable, l'élève le plus méritant de la classe a certes bénéficié largement de la manne communautaire, mais l'injection massive de fonds structurels ne suffit pas à masquer les premières lézardes apparues dans le consensus social. L'accroissement des inégalités s'est substitué aux "douces coutumes" chantées par Fernando Pessoa pour qu'une économie essentiellement fondée sur la flexibilité de sa main d'œuvre soit capable de satisfaire aux critères de convergence de la zone Euro. Ainsi, le revenu moyen en Alentejo ne représente que le quart de celui des plus riches régions européennes. L'Algarve, région finistérienne, semble aujourd'hui livrée sans retenue au béton des promoteurs immobiliers et à l'affairisme des multinationales du tourisme, condensant tous les paradoxes, les déséquilibres et les nuisances de ce mal-développement. La révolte de la prison de Caxias en mars 1996 dans un pays possédant le plus fort taux d'incarcération de la communauté signalait déjà à la veille de l'Exposition mondiale un des échecs les plus criants, avec celui de la réforme agraire, d'un système économique générateur d'exclusion et alimentant la criminalité.
Même si le parti pris pamphlétaire de l'auteur dessert parfois son propos, il faut lire cet ouvrage car il nous présente l'autre face du marché unique, celle qui ne se livre pas dans les annuaires statistiques et que nous ne devons plus ignorer. Ces chroniques portugaises sont le reflet d'une inquiétude qui n'a pas fini de faire parler d'elle. » (extrait d’un article de Domminique Desbois, Revue CFDT-cades, octobre 2000)

Sur la Toile

Que reste-t-il des oeillets du printemps portugais ? (L’Humanité, avril 1999)

Dans BiblioMonde : deux autres bilans d'une approche beaucoup plus modérée

Le Portugal, Vingt ans après la révolution des œillets, par Yves Léonard

La République portugaise à la fin du XXe siècle
par Jacques Georgel



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