BiblioMonde

L'Année du jardinier

par Karel Čapek

( Livre )
10/18
Collection Domaine étranger
Langue d'origine : tchèque
Traduit par Joseph Gagnaire
1999, 160 p., 6 euros

ISBN :226403033X

L'auteur est un amoureux passionné de jardins. Voilà son almanach qui nous revient aujourd'hui, et pour notre plus grand bonheur. Sa lecture est foisonnante de poésie et d'émotions. De quoi combler tous les jardiniers expérimentés ou débutants. Car ce n'est pas de conseils qu'il est question ici. Mais bien de sensations, d'odeurs, d'amour des plantes. Dans le jardin de Capek, on ne s'ennuie jamais. Mieux, on s'amuse. L'auteur sait se moquer de lui et donc de nous... Pour preuve : les dessins de son frère qui illustrent malicieusement son propos. De janvier à décembre, Capek nous propose une véritable promenade au paradis. Passionnant. »

« Des cent manières de créer un jardin, la meilleure n'est sans doute pas celle de payer un jardinier. Celui-ci ne vous plantera tout d'abord que de vulgaires bouts de bois, plus proches du manche à balai que du forsythia dont vous rêviez… Et s'il retourne votre terre, soyez sûr qu'il ne vous en laissera qu'un désolant désert de gris pour tout gazon. Quelques temps encore, et vos allées ne seront que boue gluante partageant deux carrés de moisissure verdâtre. Vous haussez le sourcil ? Jardinez donc vous-même, vous comprendrez de quoi l'on parle !
Une fleur, ce n'est pas simplement une chose que l'on offre : c'est un « truc » qui hiverne, se bêche, se fume, s'arrose… Le véritable jardinage ne comporte aucune activité méditative. Capek, son dernier grand théoricien, savait bien, lui, de quoi il retournait : le vrai jardinier n'est pas celui qui cultive les fleurs, mais celui qui travaille la terre. Les rosiers sont faits pour les dilettantes. Lui n'a d'yeux que pour ce que le profane ne voit pas; ses secrets sont enfouis dans la composition de son incroyable humus dont il connaît, seul, la formule chimique. Capek sait d'ailleurs reconnaître l'authentique jardinier entre mille, à sa curieuse physionomie. Ordinairement terminé, vers le haut, par son derrière, sa tête, elle, pend quelque part entre les genoux. Et hormis le soir, au moment de l'arrosage, il mesure rarement plus d'un mètre de hauteur…« (Joël Jégouzo, Urbuz)

Ce livre a été publié à Prague en 1929, sous le titre de Zahradník ?v rok

 
© BiblioMonde.com