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Je m'appelle Ísbjörg. Je suis lionpar Vigdís Grímsdóttir (
Livre
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Ce second roman de Vigdís Grímsdóttir, l'un des écrivains islandais les plus en vue depuis une dizaine d'années, retrace l'histoire d'une jeune femme d'une vingtaine d'années qui, dans le huis clos d'une cellule de prison, se raconte à son avocat.
Par ses souvenirs, ses rêves et son imagination, elle s'évade et nous transporte loin du présent pour nous plonger dans son histoire à elle, son propre roman, celui de sa vie. On se laisse progressivement captiver par les mots d'Ísbjörg, au fur et à mesure que l'on pénètre dans son monde intérieur, un univers où solitude, frustrations, violences et carences affectives sont omniprésentes. C'est à une véritable descente aux enfers que nous assistons, à un parcours où se côtoient la folie, la mort et la sexualité. Mais le récit, loin de sombrer dans la morosité et dans une sordide complaisance, est à la fois drôle et ironique. « Ísbjörg est lion. Mais du signe zodiacal, elle a retenu avant tout un symbolisme très concret : celui du fauve intrépide, puissant et victorieux. Elle le répète comme un leitmotiv : il faut qu’elle soit lion, qu’elle soit forte. Mais le lion est un emblème ambivalent. Sous nos latitudes (et a fortiori en Islande), il représente à la fois l’étrangeté et la captivité : le lion est en cage, tout comme l’est Ísbjörg. Car ce roman a pour cadre le huis clos d’une cellule de prison; celle où est retenue cette jeune femme d’une vingtaine d’années, dont on ne connaîtra que dans les toutes dernières pages les raisons de son incarcération. Elle est face à son avocat. Ses souvenirs, des bribes de vie, ses espoirs et des déceptions vont construire, au fil des pages, tout au long des douze heures-chapitres qui forment la structure du roman, une histoire cohérente qui va peu à peu prendre corps dans l’esprit de l’avocat et dans celui du lecteur. Un dédale biographique destiné à captiver, avec la farouche volonté que l’on s’intéresse à elle. Son intention n’est pas de se laisser aller à des aveux ; elle entend raconter son histoire de la façon qui lui plaît. Et surtout, elle veut que quelqu’un l’écoute, pour la première fois sans doute. Mais le récit s’affranchit vite de cette unité de lieu, de temps et d’action; il se libère de la contrainte de l’enfermement carcéral et de la forme chronologique du roman : Ísbjörg est vivante et, par ses souvenirs, ses rêves et son imagination, elle nous emmène loin du présent pour nous plonger dans son histoire à elle, dans son propre roman, celui de sa vie ? Et, elle le répète à mainte reprise, peu lui importe le jugement qui va être rendu. Tout au long de ce récit souvent drôle et ironique, mais toujours saisissant, voire troublant, nous sommes invités à cheminer dans un univers de solitude et de carence affective, peuplé de gens médiocres et d’événements dramatiques. Mais Ísbjörg sait se protéger du monde. Sa pensée, magique comme celle d’un enfant, y est une alternative à la misère, à la folie ou à la mort... Elle possède également ce besoin de séduire les hommes qui croisent son chemin; une séduction salutaire et indispensable, mais qui la mènera à sa perte. En se livrant à cette longue confession face à son avocat, Ísbjörg ne cherche pas à excuser l’acte qu’elle a commis et qui justifie son emprisonnement. Elle l’assume entièrement, sans éprouver de culpabilité. Elle s’efforce seulement d’en expliquer la logique, sur fond de critique sociale discrète, comme en filigrane. » (extrait d’une notice de François Émion pour le CRL de Basse Normandie, 2002) Ce roman est paru à Reykjavik en 1987 sous le titre Ég heiti Ísbjörg, ég er ljón Dans BiblioMonde D’autres romans d’auteurs islandais ____________________________________________ Si vous commandez ce livre à partir de cette page, BiblioMonde touchera une commission et vous participerez ainsi au financement du site.
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