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De l'Autriche (et de quelques autrichiens)

par Karl-Markus Gauss

( Livre )
Esprit des Péninsules (L')
Collection De l'Est
Langue d'origine : allemand (Autriche)
Traduit par Valérie de Daran
2001, 184 p., 19.82 euros

ISBN : 2846360022

Les portraits rhétoriques et polémiques de quelques figures de la sédition intellectuelle autrichienne. L'auteur en profite pour plaider pour une Autriche qui retrouverait ses racines centre-européennes.

« En refusant de rejoindre aussi bien les adorateurs de l'Autriche idyllique (à droite) que les dénigreurs de l'Autriche fasciste (à gauche), qui ont en commun d'oublier l'histoire pour ne retenir que les composantes allemandes du pays, Gauss explore l'identité autrichienne. Connaître, pour Gauss, c'est avant tout plonger dans l'histoire et réconcilier l'Autriche d'aujourd'hui, amnésique, opportuniste, artificiellement tournée vers l'Ouest, avec sa "vocation Mitteleuropa". Dans ce livre de fond, Gauss entreprend douze excursions dans des terres apparemment annexes de l'histoire culturelle de son pays pour nous montrer que l'Autriche n'a vécu et ne peut continuer de vivre que de ses marches ou périphéries, qu'elles soient géographiques ou intellectuelles. Il brosse avec un évident plaisir rhétorique et polémique les portraits de quelques figures de la sédition intellectuelle autrichienne : jacobins hongrois, révolutionnaires viennois de 1848, savants ukrainiens, écrivains disparus, penseurs mis au ban, parmi lesquels, seul témoin vivant l'écrivain Michael Guttenbrunner, né en 1919, antinazi de la première heure. Dans un style incisif et policé, Gauss rend hommage à ces talents et plaide pour une Autriche qui aurait enfin surmonté ses deux complexes : complexe d'amnésie et complexe d'infériorité. » (présentation de l'éditeur)

« Pour ce journaliste qui a le même âge que Jacques Le Rider et qui se définit comme un "Souabe du Danube", ou un Autrichien d'origine slave, l'Autriche actuelle, coincée dans l'Union européenne, souffre d'une "occultation stupide de son passé impérial" et oublie trop souvent la diversité de ses origines (slaves, hongroises, juives). En fait, à Vienne, " la xénophobie est une expression de la haine de soi". » (Jean Lacoste, La Quinzaine Littéraire, avril 2001)

 
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