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Au balcon de l’exil roumain à Paris

par Sanda Stolojan

( Livre )
Harmattan (L')
Collection Aujourd'hui l'Europe
1999, 352 p., 27.45 euros

ISBN : 2738483860

Avec Cioran, Eugène Ionesco, Mircea Eliade, Vintila Horia… (sous-titre)

Ce journal relate des épisodes de la vie dans le milieu roumain de Paris, pendant les années qui ont précédé la chute du communisme en Europe de l'Est : chronique des actions menées par un groupe d'intellectuels engagés pour démasquer la dictature de Ceaucescu et évocation de contacts et d'amitiés personnelles. Le milieu de l'exil est vu sur une toile de fond de Paris, pour les Roumains lieu mythique d'où sont originaires les idées qui ont inspiré l'histoire moderne de leur pays.

« En août 1985, durant son séjour en France, le philosophe roumain Constantin (Dinu) Noica avait reproché à Sanda Stolojan "de ne pas avoir écrit le livre de l’exil à Paris". Dix-neuf ans plus tard elle fait paraître le livre de l’exil en forme d’un journal dont elle est l’héroïne. Ce livre rappelle les activités culturelles et les engagements politiques d’amis roumains plus ou moins connus et les fait revivre. L’héritage de Mme Stolojan remonte à une Roumanie monarchique, intellectuellement très différente de la Roumanie de Ceausescu et du régime de la détestée Securitate. Elle a appris à vivre parmi les Français comme l’ont fait bien d’autres Roumains. Cependant, tout en s’adaptant à son nouveau milieu elle est restée autre. Sa franchise, sa spontanéité et sa chaleur humaine remontent à son héritage roumain qui se manifeste impérieusement à certains moments dans cet ouvrage.

Le journal commence en 1975 et se termine en 1989, peu après les manifestations de la Solidarnosc qui allaient transformer une Europe, divisée en deux blocs impénétrables, en un continent plus ouvert sinon plus uni. Au long de ce trajet d’exil on voit vieillir les célèbres penseurs roumains. Mircea Eliade, Vintila Horia, Eugène Ioneco et E.M. Cioran apparaissent vêtus de leurs préoccupations clés, de leur humour particulier et de leurs lubies. Cioran est l’ami qu’elle fréquente le plus souvent. Ionesco lui inspire une tendresse spéciale; Eliade et Horia, de passage à Paris, paraissent déjà plus lointains. Quoiqu’il soit absent du sous-titre, où son nom n’évoquerait rien dans l’esprit d’un lecteur français, Noica occupe cependant une place privilégiée dans le journal. C’est "Dinu" qui reste le bien aimé et qui a le plus d’influence sur elle.

Sanda Stolojan se souvient des amers reproches que les Roumains du régime de Ceausescu lançaient autrefois aux Roumains en exil. Ils accusaient ces derniers d’avoir abandonné le pays natal pour faire fortune ailleurs. En effet, bien des exilés avaient hâte à s’adapter, à écrire, à se faire imprimer et se faire connaître hors de leur pays, le plus souvent en France ou en Allemagne. Mais ce que Sanda Stolojan à son tour reprochait et reproche encore à ses compatriotes, où qu’ils soient, c’est de ne pas avoir réagi et protesté assez vigoureusement contre le régime haï de Ceausescu. Militante, elle reproche à beaucoup de ses compatriotes exilés, y compris Cioran, enlisé dans son scepticisme, et Noica qui est resté désengagé dans son isolement, leur détachement et leur attitude fataliste selon laquelle il est inutile d’agir car on ne peut rien changer. » (extrait d’un article de Aleksandra Gruzinska, RMMLA, 1997)

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La suite : La Roumanie revisitée : le journal des années 1990-1996

Roumanie, capitale... Paris

Notre dossier sur la Roumanie

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