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La beauté de l'histoire

par Viivi Luik

( Livre )
Christian Bourgois
Langue d'origine : estonien
Traduit par Antoine Chalvin
2001, 193 p., 18.29 euros

ISBN : 2267015811

Été 1968, Riga, une jeune fille venue d'Estonie est l'hôte d'une bien étrange famille. Invitée par le fils à poser pour une sculpture, elle rencontre aussi la mère - dont la tresse d'écolière est conservée dans la salle de bains - le père - passé à l'Ouest, mais qui refait d'imprévisibles apparitions - et surtout l'exubérante « tante Olga ». Tandis qu'une passion se noue entre le sculpteur et son modèle, elle découvre bien des choses qui la surprennent, à commencer par le langage codé que les membres de la famille utilisent pour parler d'une mystérieuse affaire. Autour du récit principal, descriptions, images et souvenirs évoquent dans une sorte de flou tourbillonnaire l'Europe grise et tourmentée du communisme à l'ère brejnévienne. De temps à autre, des anges passent, qui contemplent du haut du ciel les actions des hommes. Avec son second roman, Viivi Luik nous livre un éblouissant poème symphonique sur la destinée historique de l'Europe orientale.

« Le second roman de Viivi Luik, La beauté de l'Histoire (1991; traduction française : éd. Christian Bourgois, 2001), relate une histoire d’amour sans paroles entre une jeune poétesse estonienne et un sculpteur juif de Lettonie à qui elle sert de modèle. Le récit principal se déroule en 1968, au moment où les chars soviétiques entrent en Tchécoslovaquie. Au-delà d’une trame narrative assez ténue, cet ouvrage constitue une sorte de poème symphonique qui évoque, par la magie d'une écriture glissante et tourbillonnaire, l'Europe de l'Est noyée dans la grisaille du communisme : Tallinn, Riga, Prague, Varsovie, Bucarest… les lieux et les époques défilent et se confondent; tout semble vu du ciel, comme à travers les yeux d’un ange (que l’on croise d’ailleurs de temps à autre au cours du roman). » (Antoine Chalvin, extrait de son site)

« Un jour, Lion doit se rendre à Moscou pour obtenir des papiers qui lui permettront de passer à l'Ouest. Restée seule, avec la mission de garder l'appartement, la jeune fille décide de rentrer en Estonie; dans le train, elle se fait agresser – on la prend pour une hippie –, est retenue dans un sinistre poste de police, puis revient chez le sculpteur. Quand celui-ci lui offre de quitter l'Union soviétique, elle refuse, malgré ce qu'elle vient d'endurer, malgré l'amour qu'elle éprouve pour lui. "Faut-il vraiment soulever le rideau qui dissimule les terres promises et regarder soi-même ce qu'il y a derrière ? Que faire ?" Pour le lecteur suisse, ajoutons que le père, lui, a trouvé refuge en Suisse, "à Thurgau (où) une odeur de lait flotte dans l'air en permanence"...

À ce thème viennent se greffer des sous-thèmes, comme des fleurs éclatantes, lourdes d'énigmes et de beauté vénéneuse : la mémoire des guerres passées et le pressentiment des guerres à venir, brûlées "entre la mer Baltique et le Danube", l'absurdité et l'irréalité du régime qui affecte même les oiseaux désormais alourdis par les grains qu'on ne récolte pas et par conséquent incapables de voler, le temps qui contient l'Histoire. Ici et là, des anges traversent les airs, occupés à leurs mystérieux travaux, "même l'ange du Seigneur, tel un secrétaire de comité régional, arbore un sourire impénétrable". » (extrait d’un article de Rose-Marie Pagnard, Le Temps, 2 juin 2001)


Titre original : Ajaloo ilu, ce roma a été traduit en français par Antoine chalvin


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