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Ces étoiles qui brûlent en moi

par Benoît Rayski

( Livre )
Félin (Le)
Collection Questions d'époque
2003, 112 p., 15 euros

ISBN : 2866455177

« Avec le sens de l'imprécation qu'on lui connaît, Benoît Rayski remâche ses vieilles colères à travers six lettres qu'il écrit à des anonymes, trois femmes et trois hommes, tous acteurs et/ou victimes d'un proche passé pas complètement passé. Voici Fanny, jeune femme tuée avec huit autres manifestants anti-OAS dans les escaliers du métro Charonne en 1962, Serge, fils d'un Italien qui a fui le fascisme, communiste et représentant d'une classe ouvrière d'autant plus instruite qu'elle a peu fréquenté les universités, voici Jean, Martine, Michel, Dominique, interpellés sur le réseau de l'Affiche rouge, sur Auschwitz, sur Israël, sur l'islam radical, sur cet antisionisme actuel dont il est à se demander s'il ne cache pas des arrière-pensées plus odieuses... Les coups de gueule se permettent une grande tendresse et les partis pris, une ironie souvent assassine. » (extrait d’un article de Daniel Bermond, Lire, septembre 2003)


« Oui, c'est vous qui êtes venue vers moi et non pas moi qui vous ai cherchée : je ne vous connaissais pas, je ne savais rien de ce que vous étiez. J'ai simplement tourné la tête pour voir qui était à mes côtés et c'est - si je peux me permettre cette légèreté - vous qui avez fait, comme on dit, les premiers pas... Sur un journal, il était écrit que vous vous nommiez Fanny Dewerpe, que vous étiez secrétaire, que vous aviez 31 ans, que votre famille avait été "décimée par les nazis", que vous étiez "la mère d'un garçon de neuf ans", que vous étiez "allée à la manifestation du 8 février en souvenir de votre mari mort des suites des violences policières subies en 1952" et, enfin, que vous étiez "morte à votre arrivée à l'hôpital Saint-Louis". Car vous étiez morte, Fanny Dewerpe, et vous étiez là avec vos voisins, huit autres victimes de la manifestation du 8 février 1962, quand la police du général de Gaulle (président de la République), de Roger Frey (ministre de l'Intérieur) et de Maurice Papon (préfet de police) - eh oui, il ne faut en oublier aucun ! -, s'acharna, avec une sauvagerie froidement voulue d'en haut et spontanément exécutée en bas, sur les hommes, les femmes et les enfants (l'un des assassinés avait quinze ans et demi) qui se trouvaient au métro Charonne. » (l'auteur)

Préface d'Alexandre Adler

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