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Cette aveuglante absence de lumière

par Tahar Ben Jelloun

( Livre )
Le Seuil
décembre 2000, 232 p., 16.77 euros

ISBN : 2020417774

C'est le récit romancé des 18 années passées dans le bagne-mouroir de Tazmamart, s’appuyant sur le récit d’un des survivants, Aziz Binebine.

Cette aveuglante absence de lumière « Longtemps j'ai cherché la pierre noire qui purifie l'âme de la mort. Quand je dis longtemps, je pense à un puits sans fond, à un tunnel creusé avec mes doigts, avec mes dents, dans l'espoir têtu d'apercevoir, ne serait-ce qu'une minute, une longue et éternelle minute, un rayon de lumière, une étincelle qui s'imprimerait au fond de mon œil, que mes entrailles garderaient, protégée comme un secret. Elle serait là, habiterait ma poitrine et nourrirait l'infini de mes nuits, là, dans cette tombe, au fond de la terre humide, sentant l'homme vidé de son humanité à coups de pelle lui arrachant la peau, lui retirant le regard, la voix et la raison » Ce roman est tiré de faits réels et inspiré par le témoignage d'un ancien détenu du bagne de Tazmamart.

L'édition de poche


La polémique suscitée par le livre

L’œuvre est une fiction, inspirée de faits réels, basés sur le témoignage d’un ex-détenu, Aziz Binebine, qui a passé 18 ans dans le bagne-mouroir de Tazmamart pour avoir participé au putsch de 1972. Alors que le livre est paru, le principal témoin, Aziz Binebine qui dénonce dans une lettre ouverte, datant du mardi 9 janvier 2001, les conditions de rédaction du livre ainsi que quelques éléments du contrat. Par ailleurs, on reproche à l’écrivain de n’avoir jamais dénoncer les exactions du monarque du temps de son règne et d’écrire sur Tazmamart nef ans après la fermeture du bagne. « J'étais comme tous les Marocains, j'avais peur. Je ne voulais pas affronter Hassan II de face.» répondra un jour Tahar Ben Jelloun.

«"Je ne voulais pas m'exiler, je ne voulais pas perdre le contact avec ma mère, mon pays. En revanche, mes livres parlent pour moi. J'ai écrit un livre sur la corruption en 1994, j'ai écrit des tribunes dans Libération et dans Le Monde pour la libération de Abdellatif Laabi et Abraham Serfaty", deux opposants marocains de gauche. "Je ne pense pas avoir manqué à mon devoir d'écrivain", a plaidé le prix Goncourt 1987. » (Le Nouvel Obsevateur, 11 janvier 2001)


Sur la Toile

Polémique autour du roman, par Mouna Hachim, Maroc Hebdo, janvier 2001.

La polémique à propos du livre par Stephen Smith et Jean-Pierre Tuquoi, Le Monde, 10 janvier 2001.

Tahar ben Jelloun s’explique, suivit d’une lettre d’Aziz Binebine.

Ben Jelloun s'enferre dans Tazmamart : polémique autour de son dernier roman, consacré au bagne marocain. (par Florence Aubenas et José Garçon, Libération-France, 15 janvier 2001).

 
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