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Clandestins (Les)

par Youssouf Amine Elalamy

( Livre )
Au diable vauvert
2001, 168 p., 11.89 euros
Première édition : Eddif - 2000
ISBN : 2846260109

Treize villageois marocains se noient en traversant clandestinement, en barque, le détroit de Gibraltar pour rejoindre l'Europe.

« L'idée de ce roman est née d'un fait divers paru dans un journal marocain. Il rapportait la mort de plusieurs personnes que l'on avait retrouvées échouées sur un rivage. Ce qui m'a frappé, c'est que le journal traitait l'information comme une donnée statistique, une sorte de simple addition macabre. J'ai voulu redonner une dimension humaine à ce drame au travers de la littérature. » (L'auteur)

« C’est l’histoire de douze hommes et une femme. La femme est enceinte : douze plus un quatorze. Quatorze personnages qui traversent le grand bleu dans le noir. Quinze avec le petit bateau en bois. Seize, avec la Lune qui les observe de son œil mort. Dix-sept avec la mer dans tous ses états. Dix-huit avec le panier à fruits. Dix-neuf même, en comptant le ver qui embarque à bord d’une pomme.

Les clandestins, douze hommes et une femme, trouvent la mort là où ils espéraient la vie, rejetés sur une petite plage du nord du Maroc. Ils ont, comme tant d’autres avant eux, rêvé de départ et tenté de rejoindre l’Europe, ici seulement distante d’une vingtaine de kilomètres. Et ils ont payé de leur vie ce désir d’ailleurs qui les a poussés à s’embarquer sur un esquif bien trop fragile.

Retraçant l’histoire des treize noyés en courts chapitres à travers le souvenir qu’ils ont laissé dans leur village, Youssouf Elalamy a su trouver une construction narrative aux résonances de chœur antique méditerranéen, alliée un style à la fois moderne et lyrique, pour évoquer une poignée de destins tragiques, emblématique de toutes les formes d’exils. » (présentation de l'éditeur)

« Douze hommes et une femme enceinte. Elle s’appelle Chama et dire qu’elle était belle c’est peu dire, "des mots pour elle, il n’y en avait pas". Les autres s’appellent Omar, Zouhaïr, Abdou dit Minuit, Momo dit le Gros, Jaafar dit Houlioud et bien d’autres. Tous, enfants de l’exode rural et du bidonville. Autant dire de la misère et du désespoir. Mais chacun a son histoire propre, chacun est un univers que nous découvrons ou croyons découvrir au fil des pages. Tous finissent sur un petit bateau "à destination de la mort".

Certains parlent d’eux-mêmes avec leurs propres mots, ils sont les plus éloquens, les plus exhaustifs, d’autres sont racontés par autrui, un narrateur, une mère, une amie. Et c’est cette multiplicité des voix, ce changement de tons qui donnent aux mots leur force. Qui révèlent leur futilité aussi. La dérision est au comble lorsque l’objectif d’un photographe, la manchette d’un journal comme le commentaire de la radio s’en mêlent pour nous dire l’évènement.

Douze hommes et une femme enceinte. Elle s’appelle Chama et dire qu’elle était belle c’est peu dire, "des mots pour elle, il n’y en avait pas". Les autres s’appellent Omar, Zouhaïr, Abdou dit Minuit, Momo dit le Gros, Jaafar dit Houlioud et bien d’autres. Tous, enfants de l’exode rural et du bidonville. Autant dire de la misère et du désespoir. Mais chacun a son histoire propre, chacun est un univers que nous découvrons ou croyons découvrir au fil des pages. Tous finissent sur un petit bateau "à destination de la mort".

Certains parlent d’eux-mêmes avec leurs propres mots, ils sont les plus éloquens, les plus exhaustifs, d’autres sont racontés par autrui, un narrateur, une mère, une amie. Et c’est cette multiplicité des voix, ce changement de tons qui donnent aux mots leur force. Qui révèlent leur futilité aussi. La dérision est au comble lorsque l’objectif d’un photographe, la manchette d’un journal comme le commentaire de la radio s’en mêlent pour nous dire l’évènement. » (Le Temps du Maroc, 16 Juin 2000)

« La dérision rhétorique de Youssouf Amine compare le sort de ses personnages à un ver. Peu importe !
Puisque et les hommes et le ver se retrouvent, dans un isolement hallucinant, accrochés à la vie, pour un laps de temps encore et dans une nuit interminable, par le bout d’un morceau de bois au large d’une mer remuante. » (Taïeb Chadi, Maroc Hebdo, avril 2000)

Sur la Toile

À propos du livre par Maya Larguet, Afrik.com

Le détroit assassin (Fatima Sissani, Le Monde diplomatique, novembre 2001)

L'Occident fantasmé des jeunes marocains par Manuel Schotté, Terre d'Escale, 7 novembre 2002.


Dans BiblioMonde

Tu ne traverseras pas le détroit
Salim Jay

Cannibales : Une dizaine de personnes dont une femme et son bébé sont prêts à risquer leur vie pour quitter le Maroc et se rendre en Europe. Dans l’attente du passeur, l’auteur décrit le parcours de chaque personnage, ses espoirs et son désespoir.

Notre dossier sur le Maroc (BiblioMonde)

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