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Coiffeur (Le)

par Abdelaziz Mouride, Miloudi Nouiga

( Livre )

2005

Éditeur : Miloud Nouiga

Une bande dessinée évoquant le Casablanca des années 1960 avec pour cadre le salon d’un coiffeur et pour arières fond les luttes politiques contre le régime autoritaire d'Hassan II. Scénario et dessins d'Abdelaziz Mouride, couleur, mise en page et édition, Miloud Nouiga.

« Retrouvant ses notes gardées intactes, le narrateur raconte à son fils les débats houleux du salon, et le dessinateur restitue par un trait fin et réaliste l'ambiance cacophonique de l’époque. Au gré des clients qui défilent, le jeune garçon coiffeur découvre les querelles entre un vieux réactionnaire et un enseignant marxiste, l’industrie qui écrase un ouvrier docile. Aux abords du salon, il apprend que Cheikh Al Arab est "wanted" et héroïsé, que le barbouze en bicyclette est hué et mal aimé et que les idylles ne courent pas les rues. Entre deux coups de ciseaux, il se retrouve au cœur d’un monde masculin, machiste, voire misogyne, où l’on dénigre autant les puceaux que les femmes libérées et belles.

Avec des fresques emplies de couleurs et de mouvements, Mouride nous invite plus tard aux soirées chaudes et mélodieuses, à la boucherie de mars 1965, vues à travers le derb, au commissariat flambant neuf du coin, puis des années plus tard, chez le coiffeur avec son fils, manière de boucler la boucle. Émouvant. (Par Driss Ksikes,Telquel, janvier 2005)

« Oui, j'ai vécu mars 65. C'est d'ailleurs le nom que portait le mouvement dont j'étais membre fondateur, créé trois années plus tard et qui m'aura valu un emprisonnement de 10 ans !
Tout a commencé par une marche de protestation d'élèves du Lycée Moulay Abdellah, mon propre lycée.
La cause : un décret du ministère interdisant aux élèves de 15 et 16 ans de redoubler. Nous devions rejoindre le lycée Mohamed V et d'autres collèges sur notre chemin pour nous rendre à la délégation du ministère. La police nous attendait, barrant la route. Débandade totale, dispersion dans les rues de Casablanca, entrée des chômeurs des quartiers populaires... et c'était le soulèvement avec barricades, jets de pierres ! L'armée est intervenue : tirs d'hélicoptères, blindés et autre engins de mort. Les émeutes ontfait trois morts d'après la radio, plusieurs centaines vraissemblablement et des milliers d'arrestations de jeunes de 14 à 16 ans. » (extrait d’un entretien avec l’auteur, Marocinfo, 7 février 2005)

 
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