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Communauté juive de Livourne (La)

par Lionel Levy

( Livre )
Harmattan (L')
Collection Histoire et perspectives méditerranéennes
1996, 217 p., 21.35 euros

ISBN : 2738438725

Parmi les États qui cherchèrent à attirer les juifs portugais persécutés (après leur conversion forcée en 1497), le Grand-Duché de Toscane, pour d'évidentes raisons commerciales.

« À Livourne, le grand-duc Ferdinand Ier de Médicis consentit des avantages inédits : liberté de culte, droits civiques, non assignation dans un ghetto, auto-gouvernement par une oligarchie longtemps héréditaire ayant seule pouvoir d'accueillir de nouveaux immigré juifs… Ainsi Livourne vécut, de 1591 jusqu'à la fin du XIXe siècle, la plus nombreuse et la plus libre des communautés juives portugaises, forte d'environ 5 000 personnes. Très tôt voué au négoce avec l'Afrique du Nord et le Levant, la nation livournaise créa autour de ses comptoirs de petites communautés sœurs, la plus importante fut celle de Tunis qui s'accrut notablement de la fin du XVIIIe siècle à la fin du XIXe siècle par l'installation à demeure de nombreuses familles dont plusieurs liées à l'oligarchie livounaise. Cette communauté disparut définitivement avec l'indépendance de la Tunisie et l'exode des pieds-noirs, alors qu'elle avait amorcé largement sa francisation. » (présentation de l'éditeur) Leurs descendants vivent, aujourd'hui, pour la plupart en France.

« Livourne occupe une place particulière, notamment pour ses relations privilégiées avec l'Afrique du Nord et la Méditerranée : très tôt, des juifs toscans s'installent à Tunis.
Le duc de Toscane, Ferdinand Ier de Médicis (suivant l'exemple de son père Côme et de son frère François) invita, en 1593, les juifs levantins et les nouveaux chrétiens à s'installer à Pise et à Livourne, garantissant la liberté de culte, le droit d'aller et venir, le libre choix de leurs vêtements, de leurs maisons, l'accès aux universités, l'exercice de toutes les activités, octroyant des facilités pour le commerce, enfin leur garantissant l'autonomie administrative et judiciaire (Livornina ou Charte des Privilèges). La "Ballotation" permettait d'accueillir de nouveaux membres dans la communauté, ce qui leur conférait la nationalité toscane. Ces avantages atteignirent leurs buts : l'arrivée de nombreux marchands (en 1601, 134 juifs; en 1622, 711 ; en 1645, 1250; en 1700, environ 2500 ; 5000 à la fin du XVIIIe siècle) permit d'assurer le développement de Pise et de Livourne : cette dernière est à la fin du XVIIIe siècle le deuxième port de la Méditerranée.
Les juifs livournais aisés prennent les habitudes européennes : ils portent chapeau et perruque, et le costume franc ce qui les distinguait des juifs orientaux habillés à la turque. Leur retour récent au judaïsme leur impose de faire appel à des rabbins étrangers ( vénitien, marocain, algérien,..) , au moins jusqu'à la fin du XVIIe siècle.

Les guerres napoléoniennes, le rattachement à la Savoie, la concurrence de Marseille et la conquête de l'Algérie affaiblissent Livourne : en 1931, la population juive, qui avait atteint 4770 personnes en 1841, n'est plus que de 2330. » (d'après l'auteur, extrait du site des Darmon)

Dans Biblioµonde

La Nation Juive Portugaise, Livourne, Amsterdam, Tunis, 1591-1951 du même auteur

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