![]() |
![]() |
|
|
Considérations sur le malheur arabepar Samir Kassir (
Livre
)
Une réflexion sans faux-semblants sur l’avenir d’une région dont le présent paraît quelque peu désespérant
« En une centaine de pages, de manière cursive et non moins éclairante, il fait un sort à toute une série de clichés contemporains qui pèsent sur les Arabes. Des clichés produits par l’extérieur, ou entretenus par eux-mêmes. Tous négatifs. Parce que Considérations sur le malheur arabe est un livre sur les représentations. L’approche de Samir Kassir est celle d’un historien des mentalités : il pose d’abord un constat, qui, pour le moins, est plutôt sombre, puis il rappelle ce qu’une chape d’oubli a aujourd’hui effacé : le grand mouvement de rationalisation du XIXe siècle, ses prolongements, notamment dans les arts, au siècle suivant. » (extrait d'un articlr de Christophe Kantcheff, Politis, 3 juin 2005) « On parle si mal du monde arabe qu’il m’a semblé nécessaire de remettre à plat certaines conceptions. Notamment celle qui voudrait que les Arabes soient condamnés à toujours vivre dans les conditions dramatiques du présent. Il y a trois ou quatre décennies, les Arabes paraissaient avoir un avenir plein de promesses. Il faut certes se demander pourquoi cela n’a pas été le cas, mais, plutôt que d’analyser cet échec, la priorité a été pour moi de rappeler que les Arabes ont connu un processus de modernisation et que les valeurs de l’universalisme prévalaient parmi eux il n’y a pas très longtemps. En ce sens, c’est un livre de mobilisation contre le discours de la victimisation. Et c’est peut-être là qu’il y a de la polémique. Mais c’est une polémique qui prend sens d’abord par rapport à ce qu’on peut entendre dans le monde arabe lui-même - où je vis. » (Samir Kassim, Propos recueillis par Christophe Kantcheff, Politis, décembre 2004) Il n'est pas facile d'être arabe de nos jours. Où que l'on se tourne, du Golfe à l'Océan, le tableau paraît sombre, et plus encore quand on le compare à d'autres régions du monde, y compris les plus démunies. Pourtant, ce « malheur » n'a pas toujours été. En plus de l'âge d'or de la civilisation arabo-musulmane, il y eut un temps guère lointain où les Arabes, redevenus acteurs de leur histoire, pouvaient se projeter avec optimisme dans l'avenir. Comment en est-on arrivé au marasme actuel ? Comment est-on parvenu à faire croire aux Arabes qu'ils n'ont d'autre avenir que celui que leur destine un millénarisme morbide ? Comment a-t-on pu déconsidérer une culture vivante pour communier dans le culte du malheur et de la mort ? À ces questions qui tourmentent beaucoup d'Arabes, l'auteur cherche à apporter des réponses à la fois nuancées et originales. Revisitant l'histoire contemporaine, il remet en perspective l'irruption de la modernité en terre arabe et la faveur qu'elle reçut. Loin de se focaliser sur les élites, il montre l'ampleur des mutations qui ont bouleversé le temps social, au moins jusqu'au début des années 1970. Sans prétendre proposer une recette miracle pour sortir du malheur, Samir Kassir en montre la possibilité en soulignant que rien, et notamment leur héritage culturel, ne devrait empêcher les Arabes d'être de nouveau les sujets de leur propre histoire. « Le livre est un antidote contre les idées simples et les raccourcis idéologiques de notre temps. C’est une lecture salutaire qui permet de reprendre de la confiance et du souffle. Le propos s’articule autour d’une idée simple : modernité et arabisme ne sont pas incompatibles. Derrière cette idée phare, et même si Kassir se défend de faire de la politique, on voit tout de même poindre une grande politique qui cherche à saisir l’homme arabe dans toutes ses dimensions. L’objectif de cette politique est de réactiver les capacités de création et de synthèse culturelle que l’histoire moderne et contemporaine ont complètement mutilées. Le grand message de Kassir est que mutilation ne veut pas dire liquidation. Son livre s’apparente alors non seulement à un diagnostic lucide du mal qui gangrène les sociétés arabes, ni même seulement à l’établissement d’un programme utopique ou narcotique, mais à l’ouverture d’un chantier. » (extrait d’un article de Michel tabet, Tribune libanaise, 12 janvier 2005) « Un premier paradoxe relevé par l'auteur réside dans le fait que le malheur arabe est davantage une affaire de perceptions que de réalité objective. Plutôt mieux lotis que nombre de pays en développement, les pays arabes sont globalement convaincus que l'avenir est obstrué et que l'apanage des avancées démocratiques, de la croissance économique et de la maîtrise technologique appartient à d'autres, qu'ils soient Asiatiques, Latino-américains ou Africains. Même lorsqu'ils sont au premier plan de l'actualité mondiale, comme avec la guerre en Irak, c'est pour constater que, si cette guerre a pû être retardée, ce ne fût par eux mais grâce à la société civile internationale, cet altermondialisme dans lequel les Arabes n'ont qu'une part infinitésimale. » (extrait d’un article de Babelmed) Dans BiblioMonde Être arabe ____________________________________________ Si vous commandez ce livre à partir de cette page, BiblioMonde touchera une commission et vous participerez ainsi au financement du site.
|
||
|
© BiblioMonde.com
|
|||