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Controverse dans le jardin aux fleurs (La)par Langdün Päljor (
Livre
)
Premier texte contemporain tibétain à avoir fait l’objet d’une publication en langue française : une variation bucolique sur la tragédie humaine et politique qui agita la Chine et, le Tibet depuis les années 1950 se lit comme un plaidoyer pour le multipartisme et le pluriethnisme au sein d'un grand pays et dénonce l'attrait pour le pouvoir dont souffre toute société.
Cette longue nouvelle sous forme d’apologue est considérée comme la première nouvelle publiée en tibétain au Tibet et parut en 1980 dans le premier journal littéraire tibétain, Art et Littérature du Tibet, qui venait de voir le jour cette année-là. Des fleurs dans un jardin rivalisent entre elles pour savoir qui est la plus belle. La rose trémière décide qu’une des fleurs – elle de préférence – doit devenir l’ornement unique de ce petit paradis cultivé avec amour. La rose, le chrysanthème, la clématite, le tournesol, la pensée et d’autres encore, se mêlent à la controverse, les unes dans le but d’apaiser l’ambition de certaines, les autres pour tenter de décrocher le titre. Pour les départager, les fleurs font appel aux abeilles qui décrètent que toutes les essences leur sont nécessaires à la fabrication du miel aux cent saveurs. La jardinière confirme le verdict : son jardin lui plaît dans sa diversité et toutes les fleurs se valent à ses yeux. La plupart des commentateurs s’accordent à lire sous cette fable horticole la description de la lutte sans merci (coups bas, trahisons, éphémères alliances d’intérêt, etc.) que se sont livrés entre eux les dirigeants chinois lors de la Révolution culturelle, et peut-être même au-delà. L’auteur, lui, est plus circonspect et parle d’une évocation plus générale de l’attrait pour le pouvoir dont souffre toute société humaine. Il n’est pas non plus interdit de penser à un plaidoyer pour le multiculturalisme et le pluri-ethnisme au sein d’un grand pays dont l’une des composantes chercherait à écraser les plus faibles. Libre au lecteur de choisir l’interprétation qui lui convient. Cette nouvelle fait appel à la composition littéraire traditionnelle alternant passages en prose et passages versifiés. L’auteur, avec virtuosité, mêle acrostiches et palindromes. Traduit du tibétain par Françoise Robin - couverture de Stoddard Heather
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