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Correspondance avec Alexandre Soljenitsyne et Nadejda Mandelstam

par Varlam Chalamov

( Livre )
Verdier
Collection Slovo
Langue d'origine : russe
Traduit par Francine Andreieff
168 p., 13.6 euros

ISBN : 2864322056

Recueil de lettres adressées à différents correspondants russes (dont Soljenitsyne). Écrites entre 1962 et 1967, elles témoignent de la liberté de l'esprit qui traverse ces années terribles.

« Rendu à la liberté en 1951 après avoir traversé l’expérience des camps les plus durs du stalinisme (notamment les terribles mines d’or de la Kolyma), Chalamov entreprend avec une ardeur farouche de renouer – à travers son œuvre mais aussi grâce à une foisonnante correspondance – les liens rompus avec la vie et la création.

L’interlocuteur privilégié est d’abord Alexandre Soljenitsyne. Chalamov confronte, avec celui qui fut le premier à défier aux yeux du monde le système communiste, sa vision de l’internement concentrationnaire. Il rend hommage à Une journée d’Ivan Denissovitch qui vient de paraître, mais il n’en dispute pas moins avec son auteur de tous les détails qui font la force, la vérité du témoignage et la nouveauté d’une écriture.

Jugeant cette terrible traversée comme un temps absolument funeste, il définit ce que signifie dès lors à ses yeux écrire sur les camps et fait ainsi apparaître, entre lui et le grand prophète slavophile, une fracture qui est encore aujourd’hui au cœur d’une vive polémique.

Par ailleurs, Chalamov exprime son enthousiasme à Nadejda Mandelstam (la compagne fidèle du grand poète du même nom) pour son livre Contre tout espoir, large fresque parcourant le monde artistique du XXe siècle russe. Ainsi naît une grande amitié dont témoignent ces échanges épistolaires. Quelques lettres à des amis du camp viennent compléter le volume. » (présentation de l’éditeur)

« Chalamov, Mandelstam, Pasternak, Soljenitsyne... Quatre grands noms de l'intelligentsia de l'époque stalinienne qu'ont pu réunir, un moment, le refus de se taire et une volonté de trouver une forme qui convienne à l'époque. Le désir aussi de comparer leurs conceptions de l'écriture. On se méfiait des curieux mal intentionnés, mais on s'écrivait énormément. C'était le temps de l'épistolaire. Depuis vingt ans, des tiroirs se sont ouverts pour nous livrer des centaines de correspondances qui tissent l'intimité d'un réseau d'amitiés, d'inimitiés, de malentendus qui permettent de mieux saisir une époque qui semble aujourd'hui si lointaine.

Parfois, c'est le Goulag qui est leur lot commun, comme en témoigne la passionnante correspondance que l'auteur des Récits de Kolyma, Varlam Chalamov, entretint avec Alexandre Soljenitsyne entre 1962 et 1966, après avoir lu Une journée d'Ivan Denissovitch (paru en novembre 1962) : "Je n'ai pas dormi pendant deux nuits : je lisais votre nouvelle, la relisais, y pensais... Une nouvelle où, comme en poésie, tout est parfait, utile. Où chaque ligne, chaque scène, chaque détail sont écrits avec une telle concision, tant d'intelligence, de finesse, de profondeur. Je pense que Novy Mir, depuis qu'il existe, n'a rien publié de si accompli, de si fort". » (extrait d'un article de Nicole Zand, Le Monde, 6 octobre 1995)


Sur la Toile

Extrait et commentaires sur le site de l'éditeur

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