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Couverture du soldat (La)

par Lídia Jorge

( Livre )
Métailié
Collection Bibliothèque portugaise
Langue d'origine : portugais
Traduit par Geneviève Leibrich
1999, 201 p., 15.24 euros

ISBN : 2864243180

« Une petite fille découvre qu'elle est la fille du jeune frère de son père, chassé par la famille et dont elle ne connaît que les dessins d’oiseaux qui jalonnent ses voyages à travers le monde. Elle va aimer passionnément ce père étranger qui lui a donné sa couverture de soldat et son revolver. Puis adolescente, elle va assister à la lente destruction de la famille de l’absent. » (présentation de l’éditeur)

« Sans moi Maria Ema serait aux côtés de Walter, les fils de Custudio Dias seraient d'une autre femme et mes frères seraient les fils de Maria Ema et de Walter Dias. Peut-être qu'ils existeraient et pas moi. J'étais la fille d'un hasard, d'une bêtise de jeunesse, de l'exubérance du corps... Alors j'étais responsable de ce que cette barque noire soit venu couler à notre porte. (...) Une faute répugnante, une faute plus grande que nous, sordide comme un lent suicide, et pourtant je continuais à exister. » (extrait)

« Lídia Jorge fait du destin de la famille de Walter la métaphore d'un Portugal délaissé par ses enfants, accroché à son passé. Mais elle est femme du présent. À travers le personnage volontaire de son héroïne, elle défend un Portugal lutteur, ouvert sur l'avenir, qui ne doit pas devenir "un musée de nous-mêmes ». (Danielle Schramm, Télérama)

« Lidia Jorge décrit sans cesse des vies isolées sous une structure qui les étouffe et les domine. Comme ses femmes, celle de La couverture du soldat par exemple, son cinquième livre traduit en français, qui raconte, dans une Algarve hantée par les secrets de famille, les rêves d’une fillette illégitime à qui son père chassé par les siens envoie des dessins d’oiseaux des quatre coins du monde. "La femme du Sud me touche, elle a un passé sans expression, veut être comprise des homme mais n’y arrive pas, désire un homme sans trouver la parole pour l’appeler." Mais leur force tient dans leur regard : "Elles ont un regard analytique sur le monde, elles regardent, c’est ce qui les sauve." » (extrait d'un article d'Isabelle Falconnier, Hebdo, 26 avril 2001)

« Quête pathétique d'un amour perdu, La Couverture du soldat est un roman hanté par de lourds secrets, une "barque noire" dérivant sur les eaux troubles d'un Portugal encore moyenâgeux tiraillé entre la dictature, l'obscurantisme et la misère. Reste la voix si douce, si mélodieuse, de Lídia Jorge. Du vent mauvais qui souffle sur la lointaine Algarve, elle a fait une musique. Pour que les ténèbres soient un peu moins épaisses. » (André Clavel, L'Express, 1999)

« Dans La Couverture du soldat, son cinquième roman traduit en français, Lídia Jorge revient arpenter, d'un pas d'exorciste, son Algarve natale. Des terres arides, brûlées par un soleil noir, où la famille Dias s'éreinte à brasser la caillasse, enchaînée à son boulet de glèbe et de servitude. Seul le plus jeune fils, Walter, renâcle à la tâche. Une mauvaise graine, ce Walter. Qui préfère dessiner des oiseaux et courir les filles. Il engrossera l'une d'elles, Maria Ema, qui donnera naissance à une enfant maudite, à tout jamais marquée du sceau du péché et de la honte. Car on ne tolère pas les bâtards dans ce Portugal cambroussard des années Salazar, un enfer dont l'auteur du Jardin sans limites rameute tous les démons, d'une plume bunuélienne. » (Ombres Blanches)

Sur la Toile

Avec ce cinquième roman traduit en français, la Portugaise Lídia Jorge poursuit son travail de réanimation des âmes. Magique, aérien, étourdissant ! (par Dominique Aussenac, Le Matricule des Anges)

À propos de ce livre


 
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