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Le croate et le serbe : illusions et falsifications

par Miro Kačić

( Livre )
Honoré Champion
Collection Bibliothèque de grammaire et de linguistique
Langue d'origine : serbo-croate (Croatie)
Traduit par Samir Bajric
2000, 176 p., 22.87 euros

ISBN : 2745302159

Un plaidoyer nationaliste croate pour une différenciation des langues parlées à Zagreb et à Belgrade

« Les questions que pose le Professeur Kacic dans ce livre élucident de nombreux problèmes, ouvrent des perspectives nouvelles pour de futures recherches, et clarifient des données que nous pourrons tous désormais exploiter. Ce texte servira dorénavant non seulement de point de départ à toute étude approfondie de l'histoire contemporaine de la langue croate, mais aussi de base à l'élaboration de normes grammaticales, devenue indispensable depuis l'indépendance de l'État croate. » (présentation de l'éditeur)

Ouvrage écrit en collaboration avec Ljiljana Saric

« En affirmant parler croate et non pas serbo-croate ou plutôt croato-serbe (comme on l'appelait à Zagreb), les Croates s'identifient comme Croates et non plus comme Yougoslaves. De même, en éliminant l'épithète croate, les Serbes affirment leur identité nouvelle. Il s'agit en effet pour chaque Etat de choisir une variante différente, la plus éloignée possible de celle des "autres". C'est à partir de 1991 que le serbo-croate commence à se débarrasser des tournures qui unifiaient cette même langue et que les traits distinctifs tant du serbe que du croate se renforcent, de façon à ce que les deux langues "deviennent" de plus en plus différentes. S'il s'y applique, un Croate peut rendre son discours difficile à comprendre pour un Serbe, qui peut en faire tout autant.

Des "dictionnaires de différences" commencent à paraître. Ainsi en 1999, de nombreuses universités européennes reçoivent le Dictionnaire différentiel des langues serbe et croate. On y trouve une série de mots prétendument utilisés en Serbie mais qu'aucun Serbe n'a jamais entendus. Ainsi "décourager" se dirait en serbe "dekurazovati" (qui dit cela en Serbie ?), en croate "obeshrabriti". Certes, les différences lexicales existent : le Croate dira "kruh" (pour "le pain"), le Serbe "hleb". Mais ne tombons pas dans une vulgarisation d'utilisation archaïque ou néologique de termes depuis longtemps oubliés ou pas encore nés. Il reste néanmoins vrai que chaque État prône de plus en plus son unicité lexicale. Les enfants croates apprennent par exemple à l'école qu'un avion ne se dit plus "avion" (trop yougoslave et international), mais "rakoplov", littéralement "chose flottant dans l'air" en croate.

C'est dans ce registre linguistique que Miro Kacic publie en 2000 Le croate et le serbe - Illusions et falsifications. Il y insiste sur les différences entre LES langues serbe et croate. Depuis les années 1980, et plus encore 1990, les livres de grammaire et dictionnaires unilingues croates affluent. » extrait d’un article de Veronika Vukadinovic, Regard sur l’Est, juillet 2002

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