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Dans le nu de la vie

par Jean Hatzfeld

( Livre )
Points
Collection Essais
2002, 233 p., 6.5 euros
Première édition : 2000
ISBN : 2020530562

Récits des marais rwandais

Récits écrits à la suite à ses reportages au Rwanda, et plus particulièrement sur les collines de Nyamata, où Jean Hatzfeld a recueilli les témoignages des rescapés du génocide de 1994.

Avant le génocide, la commune de Nyamata, s'étendant sur 14 collines, avait 120 000 habitants. Dix ans plus tard, ils ne sont plus que 50 000. Cinq Tutsis sur six ont été massacrés.

« Au printemps 1994, lorsque débutent les massacres des Tutsis par les Hutus au Rwanda, Jean Hatzfeld est à Sarajevo. Libération lui demande d'aller aux États-Unis couvrir la Coupe du monde de football. C'est dans sa chambre d'hôtel, à San Francisco qu'il découvre le génocide, à la télévision. Il est ensuite envoyé au Rwanda pour rendre compte de l'exode de centaines de milliers de Hutus vers les pays voisins. De retour à Paris, il s'interroge sur le peu de place accordée aux rescapés du génocide dans les médias. En 1997, il retourne au Rwanda, décidé à entendre les survivants. Ils seront treize à témoigner, les premiers à avoir accepté de parler. Leurs témoignages, présentés par Jean Hatzfeld, accompagnés par les portraits de Raymond Depardon composent le livre Dans le nu de la vie, récits des marais rwandais... » (Extrait de la synthèse d'un entretien avec Muriel Bernardin et Delphine Descaves, pour L'œil électrique n°19)

« Ces Tutsis racontent comment ils ont survécu en s'immergeant pendant des semaines dans les marais, en se roulant dans la boue, en se camouflant sous les grands papyrus, et ils le font avec un tel art de la litote et de la métaphore que cela en est presque beau. Ce n'est plus un recueil de témoignages, c'est un recueil de poèmes. Ils décrivent sans larmes comment ils ont vu leurs anciens voisins Hutus découper leurs parents, leurs enfants, leurs amis, mais avec une langue si légère que la douleur paraît moins douloureuse, la cruauté moins cruelle. Ils disent aussi pourquoi ils ne comprennent toujours pas ce qui s'est passé, pourquoi ils ont si peu de haine; comment ils sont revenus à la vie, eux qui ont tout perdu, famille, maison, troupeau, qui sont allés jusqu'au bout de la vie, jusque dans le "nu de la vie", pour reprendre l'expression de l'un d'eux qui est devenue le titre du livre.

Pour donner plus de corps à ses amis Tutsis, Jean Hatzfeld en a fait le portrait, un par un. D'une plume élégante et fluide il a décrit leurs villages, leurs paysages et il a demandé à son ami, le photographe Raymond Depardon, de saisir, en noir et blanc, chacun de ces témoins. Vous ferez la connaissance d'Innocent l'enseignant, de Janvier le petit berger, de Jeannette la couturière... Et vous comprendrez pourquoi Jean Hatzfeld s'est pris d'une violente affection pour eux. » (extrait d’un article d’Yves de Chazournes, Lire, décembre 2000)

« Cela donne des récits parfois répétitifs car ils renvoient toujours aux mêmes souvenirs. Mais l'absence de tout artifice (littéraire) permet de mieux comprendre l'aliénation, la déchéance psychologique qu'entraîne l'expérience de l'extrême qu'est le vécu du génocide et, par là même, permet d'apprécier à sa juste valeur l'effort extraordinaire que les Claudine, Odette, Jean-Baptiste et autres survivants doivent faire pour retrouver les gestes de la normalité. » (RFI)

Ce récit publié en 2000 a obtenu le Prix France Culture


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À propos de ce livre

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