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Delacroix, les dernières années

par Arlette Sérullaz

( Livre )
RMN
1998, 408 p., 22.11 euros

Co-auteurs : Vincent Pomarède et Joseph J. Rishel - ISBN : 2711836363

Cet ouvrage a été publié à l'occasion de l'exposition commémorative du bicentenaire de la naissance d'Eugène Delacroix

(1798-1863), qui s'est déroulée aux Galeries nationales du Grand Palais au printemps de 1998.

L'œuvre de Delacroix atteint son apogée tant technique qu'esthétique à partir de 1850. Il réexploite alors les thèmes abordés dès sa jeunesse (littérature, allégorie, Orient), tout en renouvelant sa thématique (fauves, paysages, fleurs, scènes religieuses). Ces œuvres vont influencer impressionnistes et post impressionnistes, et l'écho s'en retrouvera au XXe siècle chez Matisse et Picasso.

« Époque féconde durant laquelle Delacroix exécute d'importantes commandes de décoration (plafond central de la galerie Apollon du Louvre, salon de la Paix à l'hôtel de ville de Paris et chapelle des Saints-Anges à Saint-Sulpice), tandis qu'à son chevalet il revisite tous les thèmes qui lui tiennent à coeur depuis sa jeunesse : animaux et chasses, paysages, tableaux inspirés de son voyage au Maroc en 1832, allégories, scènes religieuses (sans doute liées à une crise spirituelle) et littéraires (Ovide, Hamlet). Ces oeuvres ultimes sont aussi celles où Delacroix perfectionne sa technique de la touche expressive, juxtaposant les couleurs sans les fondre. Une leçon que retiendront les impressionnistes et une manière nouvelle qui n'échappera pas au regard exercé de Baudelaire qui le sacra "chef de l'école moderne".

Delacroix se méfiait de l'auteur sulfureux des Fleurs du mal, tout comme les poètes romantiques de sa génération - Hugo, Vigny, Musset - n'accordaient qu'un crédit limité au peintre solitaire et extravagant qu'était à leurs yeux Delacroix. Stéphane Guégan cite ces mots définitifs de Victor Hugo à propos de l'artiste : "Il a toutes les qualités, moins une : la beauté." On est rarement reconnu par les siens. La peinture de Delacroix est pourtant pétrie de littérature. Mais c'est vers Shakespeare et Dante, Goethe et Byron que le peintre s'est tourné pour nourrir son œuvre. Et c'est en partie grâce à eux que l'auteur de La mort de Sardanapale a introduit en peinture l'onirisme et la subjectivité et a magistralement exprimé l'intrication de l'érotisme et de la violence, de la jouissance et de la cruauté. » (extrait d'un article d'Armelle Godeluck, Lire, 1998)

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