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Des gens sans importance

par Panteleïmon Romanov

( Livre )
Ginkgo
Langue d'origine : russe
Traduit par Luba Jurgenson
2005, 191 p., 15 euros
Première édition : 1993
Collection : Lettres d'ailleurs - ISBN : 2846790272

Recueil de nouvelles mettant en scène le petit peuple russe des années 1920


« À la gare c'était la cohue et l'agitation. Une queue se forma devant la caisse. Le hall résonnait de cris et de pleurs de nourrissons... "Regardez-moi cette foule. Comment peut-on acheter son billet ? Des tas de mômes, carrément. Là-bas, il y a une vieille peau, avec un bébé elle aussi. Pouah ! Il y en a un qui s'est laissé tenter, faut être dingue ! -Aujourd'hui on n'y regarde pas. -Prends un bébé, mon bonhomme, tu pourras passer devant, fit une bonne femme, propriétaire de deux nourrissons. -Ah, bordel... Je suis bien obligé. Combien que ça coûte ? -C'est partout le même prix, quatre mille..." » (extrait)

Panteleïmon Romanov est un des rares écrivains russes à avoir créé une gamme aussi étendue de perceptions et de sentiments. Il manie avec une étonnante perfection différents styles d'écriture : parfois on croit reconnaître Anton Tchekhov dans ses descriptions de la nature, des amours impossibles, parfois l'humour grinçant de Mikhaïl Zochtchenko dans les petites scènes de la vie quotidienne, à la gare, dans une file d'attente, devant une boutique vide... Les nouvelles de Panteleïmon Romanov, « chroniques de la Russie des années vingt », drôles ou tragiques, mais à l'ironie toujours mordante et à l'humour dévastateur, sont unies par le même thème : l'ambiance des années vingt en Russie. Elles reflètent l 'époque du « communisme de guerre » et celle de la NEP (Nouvelle économie politique).

« Sous prétexte d’amours impossibles, de scènes burlesques (et savoureuses comme Des gens mal organisées où une queue se constitue derrière un homme qui attend tout simplement son ami commerçant), l’ambiance de l’après-révolution défile sous nos yeux sans grande parade (problème de ravitaillement, remise en cause des valeurs morales, émergence du matérialisme) avec son cortège de fatalisme. "Le pouvoir prolétaire, indigent, dépense énormément d’énergie et d’argent pour que tout soit beau... tandis que dans notre vie personnelle, à l’intérieur de ces murs que notre pouvoir a décrassés, règnent la saleté et le désordre", grogne dépitée une jeune femme. » (extrait d'un article du Matricule des Anges, octobre/novembre 1993)

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Les gens désenchantés : autre recueil sur le même thème

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