BiblioMonde

Des putains meurtrières

par Roberto Bolaño

( Livre )
Christian Bourgois
Langue d'origine : espagnol (Chili)
Traduit par Robert Amutio
2003, 250 p., 22 euros

ISBN : 2267016702

Un recueil de treize nouvelles qui nous introduisent dans des parties de l'univers de Roberto Bolaño que ses précédentes œuvres n'avaient que peu explorées : les souvenirs d'un exilé chilien croisé par hasard (Jours de 1978), sorte d'alter ego du narrateur que la folie dévore et qui finit par se suicider; une rencontre avec un Chilien perdu de vue (L'œil Silva), qui raconte son aventure en Inde, son histoire amoureuse et terrible ; un voyage un peu erratique à la recherche des traces d'un artiste disparu (Vagabond en France et en Belgique); une dérive à partir d'un livre du poète Neruda qui a appartenu à la mère du narrateur (Carnet de bal), prétexte à un règlement de compte avec le célèbre poète chilien ; un souvenir de rêve consécutif à l'obtention du prix Romulo Gallegos (que Bolaño a réellement eu) et qui est l'occasion d'un hommage, élégiaque, à un grand poète chilien (Rencontre avec Enrique Lihn). Etc. Des putains meurtrières est un exemple de l'étendue du spectre littéraire de Bolaño : il met à mal toute vraisemblance et passe d'un genre à un autre sans prévenir. Ce recueil constitue une bonne introduction au monde de Bolaño.

« Dans Des putains meurtrières, mélange de récits plus ou moins autobiographiques où s'exprime à merveille le mélange de dégoût et de tendresse que lui inspire son continent natal, Bolaño conte une semaine de vacances, seul avec ce père, à Acapulco. Il lit une anthologie de poètes surréalistes et éprouve un malaise de plus en plus grand : le père cherche les boîtes à putes et à jeux où l'entraîner. Ils finissent par atterrir dans un bar sordide. Ils boivent, poussés par les filles. Le père joue de l'argent aux cartes avec des voyous qui s'agglomèrent. Le fils sort vomir à plusieurs reprises dans la cour arrière et, à chaque fois, une fille lui taille une pipe. Il se rend compte que les voyous vont dépouiller son père. Mais le vieux boxeur, rappelle aujourd'hui Bolaño, "avait un extraordinaire sang-froid dans les situations de violence". À table, ensuite, les deux dînent en silence. Le malentendu, l'absence de dialogue, parfument les vacances de désastre. L'écrivain l'exprime ainsi : "Pendant qu'ils mangent le père de B regarde B comme s'il cherchait une réponse. B soutient son regard. Par télépathie, il lui dit : il n'y a pas de réponse parce que la question n'est pas la bonne." Elle n'a d'ailleurs pas été posée. Cette semaine-là, quelque chose meurt en l'adolescent. Aujourd'hui, l'adulte en fait ce récit intitulé : "Derniers crépuscules sur la terre". » (extrait d’un article de Philippe Lançon, Libération, 26 juin 2003)

Dans BiblioMonde

Notre dossier sur le Chili

____________________________________________

Si vous commandez ce livre à partir de cette page, BiblioMonde touchera une commission et vous participerez ainsi au financement du site.

 
© BiblioMonde.com